Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 11 juillet 2024 sous le n° 2400914, M. A... B... demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction à concurrence de 17.200 euros de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2023 dans les rôles de la commune de Saint Gilles Les Hauts à raison du local commercial situé au 120 chemin des roses ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1.500 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
M. B... soutient qu’en retenant 1.754 m² au titre de l’espace de stationnement d’une longueur de 31 mètres et d’une largeur de 5 mètres, l’administration a inclus à tort des aires naturelles agricoles, puis qu’il y a lieu de prendre en compte une surface pondérée de 235 m² et une valeur locative révisée brute de 40.295 euros d’où résultent, compte tenu des coefficients de neutralisation et des dispositifs de planchonnement et de lissage, des bases imposables respectives de 5.595 euros, 5.563 euros, 4.893 euros et 5.563 euros (commune. TSE, TOM et GEMAPI).
Par un mémoire en défense et une pièce, enregistrés le 20 juin 2025, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement de 11.236 euros et au surplus des conclusions de la requête, en opposant l’absence de moyen fondé.
Par un mémoire enregistré le 1er octobre 2025, M. B... conclut au non-lieu à statuer.
II. Par une requête et un mémoire complémentaires enregistrés les 14 novembre 2024 et 17 septembre 2025 sous le n° 2401497, M. A... B... demande au tribunal, dans ses dernières écritures :
1°) de prononcer la réduction à concurrence de 7.859 euros de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2022 dans les rôles de la commune de Saint Gilles Les Hauts à raison du local commercial situé au 120 chemin des roses ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1.500 euros au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative.
M. B... soutient que :
- il peut prétendre, sur le fondement du I de l’article 1389 du code général des impôts au dégrèvement du montant de 3.607 euros, correspondant à 8/12ème de la base imposable pour tenir compte de l’arrêté préfectoral du 1er février 2018 décidant la fermeture de la partie ouverte au public suite au constant de l’absence de respect des prescriptions de sécurité incendie ; en dépit de l’installation d’une alarme incendie le 27 mars suivant, l’interdiction de recevoir du public n’a été levée qu’à la suite de la délivrance de l’agrément ferme-auberge le 24 août 2022 ; il a informé la mairie le 12 octobre 2018 ; il a été informé de la visite de la commission de sécurité le 10 avril 2019 et celle-ci ne s’est jamais présentée ; le 15 mai 2000, il a sollicité l’abrogation de l’arrêté préfectoral de fermeture ; le 18 décembre suivant, il a été informé de la visite de la commission de sécurité, qui ne s’est pas présentée ; suite à la pandémie de Covid, la procédure de labellisation n’a pu être finalisée que par un agrément de la chambre d’agriculture reçu le 30 août 2022.
Par un mémoire en défense et une pièce, enregistrés le 20 juin 2025, le directeur régional des finances publiques de La Réunion conclut au non-lieu à statuer à hauteur du dégrèvement de 11.200 euros prononcé le 20 juin 2025 et au surplus des conclusions de la requête, en opposant l’absence de moyen fondé.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative ;
Par une décision du 11 août 2025, le président du tribunal a désigné Mme Lacau, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés par l’article R.222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de Mme Lacau et les conclusions de M. Ramin ont été entendus au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux requêtes enregistrées sous les n°s 2401497 et 2400914, qu’il y a lieu de joindre pour y statuer par un seul jugement, M. B... demande, dans ses dernières écritures, la réduction, à concurrence du montant de 17.200 euros, des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles il a été assujetti au titre des années 2022 et 2023 dans les rôles de la commune de Saint Gilles Les Hauts à raison du local commercial situé au 120 chemin des roses.
Sur l’étendue du litige :
2. Par deux décisions du 20 juin 2025, postérieures à l’introduction des requêtes, le directeur régional des finances publiques de La Réunion a accordé à M. B... des dégrèvements respectifs de 11.200 euros et de 11.236 euros au titre des années 2022 et 2023. Par suite, il n’y a plus lieu de statuer, dans cette mesure, sur les conclusions du requérant.
3. Si celui-ci demande au tribunal de prononcer un non-lieu à statuer sur l’ensemble de ses conclusions au titre de l’année 2023, cette renonciation équivaut à un désistement. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.
Sur le surplus des conclusions :
4. Aux termes du I de l’article 1389 du code général des impôts : « Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas (...) d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début (...) de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel (…) l'inexploitation a pris fin. Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que (…) l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée ».
5. Ces dispositions subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties qu’elles prévoient à la condition, notamment, que l’inexploitation de l’immeuble à usage industriel utilisé par le contribuable lui-même soit indépendante de sa volonté. Le caractère involontaire de l’inexploitation s’apprécie eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin. A cet égard, des circonstances inhérentes à l’immeuble lui-même, tenant en particulier à des défauts dont il se trouverait affecté et, par conséquent, à des décisions administratives faisant obstacle à son exploitation prises en raison de ces défauts ne sauraient suffire à caractériser le caractère contraint de l’inexploitation.
6. Le requérant sollicite, au titre de l’année 2022, le dégrèvement du montant de 3.607 euros compte tenu de la fermeture de son établissement exploité sous l’enseigne « le domaine des boucaniers » suite, notamment, au constant de la méconnaissance des prescriptions de sécurité incendie par un arrêté préfectoral du 1er février 2018. Si l’administration fiscale fait valoir que cette décision du préfet est imputable au contribuable, qui n’a pas respecté les obligations légales relatives aux établissements recevant du public, M. B... justifie de la mise en service d’une alarme incendie le 27 mars suivant. L’administration fiscale fait ensuite valoir que M. B... ne justifie pas des démarches effectuées pour faire lever l’interdiction. Il résulte, toutefois, de l’instruction que par un courrier du 23 mars 2018, l’intéressé a informé le maire de Saint-Paul et le préfet de la Réunion de la mise aux normes de son établissement. Par un courrier du 19 mars 2019, le président de la commission de sécurité de l’arrondissement de Saint-Paul a informé M. B... de la visite de la commission le 10 avril suivant et le requérant fait valoir sans être contredit sur ce point que celle-ci ne s’est pas présentée. Suite à son courrier du 15 mai 2000 sollicitant l’abrogation de l’arrêté du 1er février 2018, M. B... a été informé de la visite, prévue le 23 février 2021, de la commission de sécurité, qui, selon ses dires non contestés, ne s’est pas présentée. Ce n’est que le 9 juin 2022 que la commission d’agrément de la chambre d’agriculture a émis un avis favorable à l’agrément de sa ferme-auberge, ce dont M. B... a été informé par un courrier du 24 août suivant. Dans les circonstances particulières de l’affaire, eu égard aux démarches accomplies depuis l’année 2018, l’inexploitation de l’établissement peut être regardée comme indépendante de la volonté de M. B.... Il en résulte que celui-ci est fondé à demander la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l’année 2022 à raison du local commercial situé au 120 chemin des roses à Saint Gilles Les Hauts pour la période du 1er janvier au 25 août 2022.
Sur les conclusions présentées au titre de l’article L.761-1 du code de justice administrative :
7. Les conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions par M. B..., qui n’a pas eu recours au ministère d’avocat et ne justifie pas avoir exposé des frais spécifiques à l’occasion des instances, ne peuvent être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête n° 2400914 de M. B... à concurrence du montant de 5.964 euros.
Article 2 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B... tendant à la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2022 et 2023 à hauteur des dégrèvements respectifs de 11.200 euros et de 11.236 euros prononcés en cours d’instance au titre des années 2022 et 2023.
Article 3 : M. B... est déchargé de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l’année 2022 à raison du local commercial situé au 120 chemin des roses à Saint Gilles Les Hauts pour la période du 1er janvier au 25 août 2022.
Article 4 : Le surplus des conclusions de M. B... est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au directeur régional des finances publiques de La Réunion.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 octobre 2025.
Le magistrat désigné,
M.T. LACAU
La greffière,
C. JUSSY
La République mande et ordonne au ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.