LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA101-2501588

Tribunal Administratif de La Réunion — Décision N° TA101-2501588

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de La Réunion
SectionTribunal Administratif de La Réunion
N° DossierTA101-2501588
TypeDécision
RecoursAutorisation
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSELARL GERY SCHWARTZ SCHAEPMAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de La Réunion a annulé la décision de la maire de Saint-Denis d’apposer un drapeau palestinien sur le parvis de l’hôtel de ville, au motif qu’elle portait atteinte au principe de neutralité des services publics. Le juge a estimé que cette action constituait une prise de position politique sur un conflit en cours, incompatible avec l’affichage sur un édifice public, indépendamment de la reconnaissance diplomatique de l’État de Palestine par la France. Il a enjoint à la commune de retirer le drapeau sans délai, sans assortir cette injonction d’une astreinte. La décision s’appuie sur le principe général de neutralité des services publics.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 22 septembre 2025, le préfet de La Réunion, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision non formalisée de la maire de la commune de Saint-Denis de La Réunion d’apposer un drapeau palestinien sur le parvis de l’hôtel de ville ;

2°) d’enjoindre à la maire de la commune de Saint-Denis de La Réunion de procéder au retrait de ce drapeau dans un délai de 24 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.

Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d’un vice d’incompétence, en l’absence de délibération du conseil municipal en ce sens ;
- elle porte atteinte au principe de neutralité du service public ;
- cette décision est susceptible de porter atteinte à l’ordre public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2025, la commune de Saint-Denis de La Réunion, représentée par Me de Géry, conclut au rejet du déféré du préfet de La Réunion.

Elle fait valoir que :
- la décision attaquée revient à prendre la même décision que celle du président de la République qui, au nom de l’Etat français, a reconnu l’Etat de Palestine ;
- à partir du moment où l’Etat de Palestine est reconnu, ce drapeau devient l’emblème de cet Etat et se détache des notions de « symbole d’une opinion » et de « revendication politique » ;
- le préfet commet une contradiction et une méconnaissance des principes d’égalité et de non-discrimination à lui reconnaître le droit de pavoiser les bâtiments du drapeau de l’Etat ukrainien mais à lui refuser le droit de porter le drapeau de l’Etat de Palestine ;
- son action s’inscrit dans le cadre des dispositions de l’article L. 1115-1 du code général des collectivités territoriales qui permet aux collectivités de mettre en œuvre toute action internationale à caractère humanitaire ;
- le fait de hisser ce drapeau n’a créé aucun trouble et le préfet ne démontre pas l’existence de troubles passés.

Par ordonnance du 3 décembre 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 6 janvier 2026.

Un mémoire, enregistré le 22 janvier 2026, a été présenté par le préfet de La Réunion, et n’a pas été communiqué.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Marchessaux, rapporteure,
- les conclusions de M. Monlaü, rapporteur public,
- et les observations de M. A... représentant le préfet de La Réunion et de Me Landry, représentant la commune de Saint-Denis de La Réunion.


Considérant ce qui suit :

1. Par un communiqué de presse du 21 septembre 2025, la maire de la commune de Saint-Denis de La Réunion a notamment décidé qu’elle hisserait le drapeau palestinien au fronton de l’hôtel de ville à compter du lundi 22 septembre 2025 à 10 heures. Le préfet de La Réunion demande au tribunal d’annuler cette décision non formalisée de la maire de la commune de Saint-Denis de La Réunion d’apposer un drapeau palestinien sur le parvis de l’hôtel de ville.

Sur les conclusions aux fins d’annulation :

2. Le principe de neutralité des services publics s’oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques.

3. Si la commune de Saint-Denis de La Réunion soutient que le pavoisement du drapeau en litige se bornait à faire manifester un message de solidarité humanitaire, dans le cadre de la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France, il ressort des pièces du dossier que la commune a entendu exprimer par ce moyen une prise de position de nature politique au sujet d’un conflit en cours. Le principe de neutralité des services publics s’oppose, ainsi qu’il est dit au point précédent, à ce qu’une telle prise de position puisse s’exprimer par un affichage sur un bâtiment public, quand bien même la reconnaissance d’un Etat palestinien correspond aujourd’hui à la position diplomatique officielle de la France. Dès lors, en prenant la décision en litige, la maire de la commune de Saint-Denis de La Réunion a porté atteinte au principe de neutralité des services publics. Par ailleurs, la circonstance que l’apposition de ce drapeau n’aurait pas suscité de troubles à l’ordre public est sans incidence sur l’appréciation du caractère de gravité de l’atteinte à la neutralité des services publics.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens du déféré, que le préfet de La Réunion est fondé à demander l’annulation de la décision non formalisée de la maire de la commune de Saint-Denis de La Réunion d’apposer un drapeau palestinien sur le parvis de l’hôtel de ville.


Sur les conclusions aux fins d’injonction et d’astreinte :

5. L’annulation par le présent jugement de la décision non formalisée de la maire de la commune de Saint-Denis de La Réunion d’apposer un drapeau palestinien sur le parvis de l’hôtel de ville implique, sous réserve de l’absence d’un changement de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, qu’il soit enjoint à la commune de retirer, sans délai, ce drapeau, sans qu’il soit besoin d’assortir cette injonction d’une astreinte.


D E C I D E :


Article 1er : La décision non formalisée de la maire de la commune de Saint-Denis de La Réunion d’apposer un drapeau palestinien sur le parvis de l’hôtel de ville est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Saint-Denis de La Réunion, sous réserve de l’absence d’un changement de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, de retirer le drapeau palestinien installé sur le parvis de son hôtel de ville sans délai.

Article 3 : Le surplus des conclusions du déféré du préfet de la Réunion est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Réunion et à la commune de Saint-Denis de La Réunion.

Délibéré après l’audience du 29 janvier 2026, où siégeaient :

- Mme Blin, présidente,
- Mme Marchessaux, première conseillère,
- M. Fourcade, conseiller.






Rendu public par mise à disposition au greffe, le 19 février 2026.


La rapporteure,





J. MARCHESSAUXLa présidente,





A. BLIN
La greffière,





S. LE CARDIET

La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA34Plein contentieux

Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2502339

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté les requêtes de la SA Montpellier Rugby Club visant à obtenir la décharge de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les années 2022 à 2024. Le tribunal a jugé que le club disposait bien, pour les besoins de son activité professionnelle, du contrôle et de l'utilisation matérielle du stade Yves du Manoir, mis à sa disposition par la métropole via des conventions d'occupation. Cette décision s'appuie sur les dispositions des articles 1467 et 1467 A du code général des impôts définissant l'assiette de la CFE.

08/04/2026

TA34Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2506327

Le Tribunal Administratif de Montpellier a rejeté la requête d'un ressortissant marocain demandant l'annulation d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF). Le tribunal a jugé que l'absence d'information sur le recours suspensif lors de la notification était sans effet sur la légalité de l'acte, et que l'exclusion du pays de renvoi à un État de l'espace Schengen ne constituait pas une atteinte disproportionnée aux droits du requérant, qui séjournait irrégulièrement. La décision s'appuie sur les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

08/04/2026

TA14Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2301139

Le Tribunal Administratif de Caen a rejeté la requête d'un agent du département de la Manche contestant son placement en disponibilité d'office pour raisons de santé. Le tribunal a jugé que la procédure était régulière, notamment en écartant l'exception de non-lieu à statuer soulevée par l'administration malgré l'admission ultérieure de l'agent à la retraite pour invalidité. La décision s'appuie sur les dispositions du code général de la fonction publique relatives aux congés de maladie et à la disponibilité d'office (articles L. 822-1, L. 514-4 et L. 826-1).

08/04/2026

TA14Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2400190

Le Tribunal Administratif de Caen, statuant sur deux requêtes en excès de pouvoir, a rejeté la demande d'annulation de deux titres de perception émis contre une enseignante contractuelle pour recouvrer des indus de rémunération. Le tribunal a jugé que les titres étaient réguliers en la forme et que la créance n'était pas prescrite, notamment au regard des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000. Il a également estimé que le versement d'un demi-traitement pendant l'instruction d'une demande de retraite pour invalidité ne constituait pas un droit acquis.

08/04/2026

← Retour aux décisions