Le Tribunal Administratif de La Réunion, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme A... visant à annuler les résultats du premier tour des élections municipales de Saint-Denis du 15 mars 2026. La juridiction estime la protestation manifestement irrecevable car elle a été adressée par courriel après l'expiration du délai légal de recours. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article R. 119 du code électoral, qui fixe le délai, et sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative permettant le rejet des requêtes irrecevables.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une protestation, enregistrée le 20 mars 2026, Mme B... A... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler les résultats du premier tour des élections municipales de la commune de Saint-Denis (La Réunion), qui se sont déroulées le 15 mars 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Khater, vice-présidente, en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux et des cours (…) désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».
2. Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête (…) ». Aux termes de l’article R. 414-2 du même code : « (…) Les personnes physiques et morales de droit privé non représentées par un avocat, autres que celles chargées de la gestion permanente d'un service public, peuvent adresser leur requête à la juridiction par voie électronique au moyen d'un téléservice accessible par le réseau internet. / Ces personnes ne peuvent régulièrement saisir la juridiction par voie électronique que par l'usage de ce téléservice. (…). ». Il ressort de ces dispositions qu’une requête ne peut pas être introduite par courriel ou par télécopie.
3. Aux termes de l’article R. 119 du code électoral : « Les réclamations contre les opérations électorales doivent être consignées au procès-verbal, sinon être déposées, à peine d'irrecevabilité, au plus tard à dix-huit heures le cinquième jour qui suit l'élection, à la sous-préfecture ou à la préfecture. Elles sont immédiatement adressées au préfet qui les fait enregistrer au greffe du tribunal administratif. / Les protestations peuvent également être déposées directement au greffe du tribunal administratif dans le même délai. ».
4. Le premier tour des élections municipales de la commune de Saint-Denis a eu lieu le 15 mars 2026 et a fait l’objet d’une proclamation des résultats le même jour. Le délai de recours pour en contester la légalité expirait le 20 mars 2026 à 18 heures, en application des dispositions de l’article R. 119 du code électoral. La protestation de Mme A... a été adressée au greffe du tribunal par courriel le 20 mars 2026 à 19 heures et 59 minutes, soit après expiration du délai de recours. Son envoi n’ayant pas été effectué en temps utile, cette protestation est tardive et doit, dès lors, être rejetée comme manifestement irrecevable en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et à la commune de Saint-Denis. Copie en sera adressée au préfet de La Réunion.
Fait à Saint-Denis, le 24 mars 2026.
La présidente de la 1ère chambre,
A. KHATER
La République mande et ordonne au préfet de La Réunion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.