jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2300597 |
| Type | Décision |
| Formation | Juge Unique |
| Avocat requérant | SAINT CYR AVOCATS SELARLU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés le 2 octobre 2023, le 21 janvier 2024 et le 22 février 2024, M. C B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la jonction de la présente affaire avec les dossiers nos 2100532, 2100575, 2100503, 2300315, 2300265, 2100102, 2100565 et 2100566 ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la maire de Ducos a rejeté ses demandes tendant, d'une part à la communication de l'acte de vente, de l'acte de propriété et/ou de l'accord conclu entre la commune et la famille A, relatifs à la parcelle cadastrée section P n° 789 située au lieu-dit Fond Savane et, d'autre part, à la communication d'une attestation sur l'honneur ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 18 millions d'euros en réparation de son préjudice ;
4°) de mettre la somme de 3 500 euros à la charge de l'Etat au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il est fondé à demander la communication des documents en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 février 2024, la commune de Ducos, représentée par Me Saint-Cyr, conclut au non-lieu à statuer s'agissant de la demande de communication des documents relatifs à la parcelle P 789, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle fait valoir que :
- elle a transmis tous les documents qu'elle détenait sur la parcelle P 789 ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office, tirés de :
- l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce que le tribunal procède à une jonction de requêtes, dans la mesure où la jonction relève d'un pouvoir propre du juge ;
- l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires dirigées contre l'Etat, qui n'ont pas été présentées par un avocat, en méconnaissance des articles R. 431-1 et suivants du code de justice administrative.
M. B a présenté des observations sur ce moyen, enregistrées le 17 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Monnier-Besombes, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Monnier-Besombes,
- et les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier daté du 30 décembre 2022, M. B a sollicité, auprès de la maire de Ducos, la communication, d'une part, d'informations relatives à la parcelle cadastrée section N n° 789 située au lieu-dit Fond Savane, sur le territoire de la commune de Ducos, en particulier l'acte de vente, l'acte de propriété et/ou l'accord conclu entre la commune de Ducos et la famille A, et, d'autre part, d'une " attestation sur l'honneur, être ni parent ni allié, au quatrième degré inclusivement, ni avec les médecins, rédacteur du second certificat, ni avec le directeur de l'établissement accueillant le malade M. B, ni avec l'auteur de la demande d'admission, ni avec la personne à admettre en soins concernant M. B ". Cette demande ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet le 2 février 2023, l'intéressé a alors saisi, le 10 avril 2023, la Commission d'accès aux documents administratifs, qui a rendu, le 1er juin 2023, un avis favorable à la communication, sous réserve qu'ils existent, des documents relatifs à la parcelle P 789. Le silence ensuite conservé par la commune de Ducos a fait naître, le 10 juin 2023, en application des articles R. 343-4 et R. 343-5 du code des relations entre le public et l'administration, une décision implicite de refus qui s'est substituée à celle du 2 février 2023. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de procéder à la jonction de requêtes, d'annuler la décision implicite du 10 juin 2023 par laquelle la maire de Ducos a confirmé, suite à cet avis, son refus de communication des documents administratifs, et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 18 millions d'euros en réparation de ses préjudices.
Sur la demande de jonction :
2. Dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, le juge administratif dispose, sans jamais y être tenu, de la faculté de joindre deux ou plusieurs affaires. Dans les circonstances de l'espèce, les requêtes de M. B enregistrées sous les numéros 2100532, 2100575, 2100503, 2300315, 2300265, 2100102, 2100565 et 2100566 ont déjà été jugées par le tribunal, de sorte que la demande de jonction présentée par le requérant ne peut, en tout état de cause, qu'être rejetée.
Sur l'exception de non-lieu :
3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, le 1er février 2024, la commune de Ducos a transmis par courriel à M. B l'acte de vente relatif à la parcelle P 789 ainsi que l'actualisation de la matrice cadastrale et le plan cadastral. Ce faisant, la commune de Ducos a partiellement fait droit à la demande de communication de l'intéressé et doit être regardée comme ayant implicitement mais nécessairement retiré la décision de refus implicite de lui communiquer ces documents. Dans ces conditions, les conclusions de M. B tendant à l'annulation du refus implicite de la maire de Ducos de lui communiquer l'acte de vente relatif à la parcelle P 789 sont devenues sans objet. L'exception de non-lieu opposée par la commune de Ducos doit, par suite, être accueillie dans cette seule mesure.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 300-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le droit de toute personne à l'information est précisé et garanti par les dispositions des titres Ier, III et IV du présent livre en ce qui concerne la liberté d'accès aux documents administratifs ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 300-2 du même code : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions () ". Enfin, l'article L. 311-1 de ce code dispose que : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ".
5. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 300-1 et L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration que les documents doivent être existants pour pouvoir être communiqués. Par conséquent, l'administration n'est tenue de communiquer que les documents qu'elle détient. Il appartient, à ce titre, au juge administratif de tenir compte des allégations des parties pour apprécier si le document dont la communication est demandée existe bien et s'il est toujours aux mains de l'administration. Enfin, il revient à l'administration de démontrer qu'elle est dans l'impossibilité matérielle de produire les documents en cause.
6. D'une part, la commune de Ducos fait valoir en défense qu'elle a transmis à M. B les seuls documents qu'elle détenait sur la parcelle P 789, ce qui n'est pas véritablement contesté par le requérant. Dans la mesure où il ne ressort d'aucune pièce du dossier que la commune de Ducos conserverait d'autres documents relatifs à la parcelle P 789, M. B, qui n'identifie d'ailleurs pas précisément les documents qu'il réclame et n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause la sincérité de la réponse donnée par la commune de Ducos, celle-ci doit être regardée comme étant, dès lors, dans l'impossibilité matérielle de communiquer les documents demandés par M. B, à supposer même qu'ils existent. Le requérant n'est dès lors pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de la décision implicite du 10 juin 2023 par laquelle la maire de Ducos a rejeté sa demande de communication de l'acte de propriété et/ou de l'accord conclu entre la commune et la famille A, relatifs à la parcelle cadastrée section P n° 789.
7. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, sous couvert d'une demande de communication de documents administratifs, le requérant demande en réalité que la maire de Ducos rédige une " attestation sur l'honneur, être ni parent ni allié, au quatrième degré inclusivement, ni avec les médecins, rédacteur du second certificat, ni avec le directeur de l'établissement accueillant le malade M. B, ni avec l'auteur de la demande d'admission, ni avec la personne à admettre en soins concernant M. B ". Dès lors qu'il est constant qu'un tel document est matériellement inexistant, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité du refus qui lui a été opposé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision implicite du 10 juin 2023 par laquelle la maire de Ducos a refusé de lui communiquer l'acte de propriété et/ou de l'accord conclu entre la commune et la famille A, relatifs à la parcelle cadastrée section P n° 789 située au lieu-dit Fond Savane, ainsi qu'une attestation sur l'honneur, doivent être rejetées, ainsi que, en tout état de cause, ses conclusions indemnitaires, qui sont au demeurant dirigées contre l'Etat qui n'est pas partie à l'instance, ainsi que ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B en tant qu'elles portent sur le refus de la commune de Ducos de communiquer l'acte de vente de la parcelle P 789.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la commune de Ducos.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2024.
La magistrate désignée,
A. Monnier-Besombes Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2500482
Le Tribunal Administratif de la Martinique a jugé une poursuite pour contravention de grande voirie concernant une occupation illégale du domaine public maritime. Le tribunal a condamné M. C... à une amende de 5 000 euros et l'a enjoint de remettre les lieux en l'état, rejetant ses moyens de défense. La décision s'appuie sur les articles L. 2132-3-2 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques, considérant que les travaux réalisés constituent une atteinte à l'intégrité du domaine public.
02/04/2026
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2500519
Le Tribunal Administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. B... visant à annuler un titre de recettes émis pour le recouvrement d'un indu de revenu de solidarité active (RSA). Le tribunal a jugé que le requérant ne remplissait plus la condition de résidence stable et effective en France, requise par les articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles, suite à son déménagement en Belgique. L'indu réclamé pour la période du 1er juin 2022 au 31 août 2023 est donc justifié.
02/04/2026
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2400807
**Sujet principal** : Le litige concerne une poursuite pour contravention de grande voirie liée à la construction d'un mur de soutènement sur le domaine public maritime à la Martinique. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de la Martinique, statuant en formation de juge unique. **Solution retenue** : Le tribunal rejette les moyens soulevés par la défense concernant l'irrégularité des poursuites. Il constate que l'agent verbalisateur était régulièrement commissionné et assermenté, et que le préfet était compétent pour saisir la juridiction. La régularité de l'action publique est donc établie. **Textes appliqués** : Les articles L. 2132-2 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques, notamment l'article L. 2132-3-2, ainsi que le code de justice administrative.
02/04/2026
Tribunal Administratif de la Martinique — N° TA102-2500535
Sujet principal : Recours contre une amende forfaitaire majorée et un retrait de points suite à une infraction au code de la route. Juridiction : Tribunal Administratif de la Martinique (formation de juge unique). Solution retenue : Le tribunal déclare incompétent pour statuer sur la demande de décharge de la majoration de l'amende, cette contestation relevant de la juridiction judiciaire (articles 529-2, 529-9 et 530-2 du code de procédure pénale). Concernant le retrait de points, l'analyse juridique n'est pas entièrement reproduite, mais le tribunal examine la légalité de la décision ministérielle au regard des dispositions du code de la route, notamment l'article L. 223-3 relatif à l'information du contrevenant.
02/04/2026