LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2500590

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2500590

lundi 6 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2500590
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCAPGRAS ANNE-LAURE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par l’ASSAUPAMAR d’une demande de suspension de l’exécution d’un permis de construire délivré à la Sarl Eden Paradise Spa Ecolodge pour un projet de maison d’habitation avec chambres d’hôtes. L’association invoquait une fraude, l’urgence environnementale et plusieurs illégalités, notamment l’instruction sur un PLU abrogé et l’absence de droit sur une parcelle. Le juge des référés a rejeté la requête, estimant que la condition d’urgence n’était pas établie et qu’aucun doute sérieux sur la légalité de l’arrêté n’était soulevé. Cette décision s’appuie sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 septembre 2025, et un mémoire complémentaire enregistré le 1er octobre 2025, l’association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais (ASSAUPAMAR) demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, de suspendre l’exécution de l’arrêté de permis de construire n° PC 972227 24 BR007 délivré le 4 avril 2024 par le maire de la commune de Sainte-Luce à la Sarl Eden Paradise Spa Ecolodge pour la construction d’une maison d’habitation avec chambres d’hôtes, situé Quartier Montravail, l’arrêté modificatif du même jour et la décision du
18 juillet 2025 rejetant son recours gracieux ;

2°) à titre subsidiaire, d’enjoindre à la commune et à la pétitionnaire de produire une demande d’extrait cadastral modèle 1 couvrant l’assiette exacte du projet à la date du dépôt de la demande de permis de construire, un état hypothécaire et les titres publiés établissant la chaîne de droits sur la parcelle cadastrée D115, la décision de la collectivité territoriale de Martinique sur la cession du délaissé routier et la demande d’autorisation de construire, d’aménager ou de modifier (DACAM) un établissement recevant du public ;

3°) de mettre à la charge de la Sarl Eden Paradise Spa Ecolodge la somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la pétitionnaire a obtenu son permis de construire par fraude dès lors que le projet indique qu’il s’agit d’une maison individuelle avec ses annexes alors qu’il s’agit d’un établissement recevant le public ;
- la condition d’urgence est remplie dès lors que les travaux de terrassement ont été engagés, ce qui implique une atteinte grave à l’environnement du fait de la disparition d’espaces boisés utiles à la lutte contre le dérèglement climatique et un risque pour la sécurité des personnes faute d’avoir été soumis à la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de cette autorisation dès lors que, premièrement, l’instruction de la demande de permis de construire a été conduite au regard d’un plan local d’urbanisme abrogé ; deuxièmement, l’une des parcelles concernée par cette autorisation, cadastrée section D 2200, n’a pas d’existence légale, notamment en l’absence de publication foncière et de défaut d’extrait cadastral « modèle 1 » ; troisièmement, le pétitionnaire ne dispose d’aucun droit pour déposer un permis sur une partie de l’assise foncière concernée par le projet, à savoir un délaissé routier appartenant à la collectivité territoriale de Martinique ; enfin, le dossier de demande de permis de construire ne comporte aucune pièces relatives à un établissement recevant du public, la commission consultative départementale de sécurité et d’accessibilité n’a pas été consultée et l’instruction de la demande par l’autorité administrative n’a pas vérifié la conformité des travaux aux règles d’accessibilité et de sécurité incendie prévues par les dispositions du code de la construction et de l’habitation.


Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2025, la société Eden Paradise Spa Ecolodge, représentée par Me Capgras, conclut au rejet de la requête et demande, en outre, que l’ASSAUPAMAR lui verse une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative

Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le délai du recours gracieux contre le permis de construire était expiré le 22 avril 2025, date de réception du courrier du 15 avril 2025, en raison d’un affichage régulier du permis depuis le mois de janvier 2025 ; le délai de recours contentieux était également expiré au moment de l’enregistrement de la requête ; en outre, le recours contentieux contre la décision de rejet du recours gracieux est tardif ;
- la requête est irrecevable dès lors que la requérante ne justifie d’aucune notification de la requête à la commune de Sainte-Luce et au pétitionnaire dans les quinze jours qui ont suivi le dépôt du recours en application de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme ;
- la condition d’urgence n’est pas remplie dès lors que, d’une part, elle a été contrainte d’arrêter les travaux, engagés en janvier 2025, en raison des manifestations organisées par l’association ; d’autre part, la requérante ne démontre pas une atteinte grave à un intérêt public, à sa propre situation ou aux intérêts environnementaux qu’elle entend défendre ;
- il n’est fait état d’aucun moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de des décisions dès lors que, premièrement, le moyen tiré du fait que l’instruction de la demande de permis de construire aurait été conduite au regard d’un plan local d’urbanisme abrogé manque en fait au regard des dispositions de l’arrêté rectificatif ; deuxièmement, le moyen tiré de ce que la parcelle cadastrée section D 2200 n’aurait pas d’existence légale est infondé dès lors qu’elle justifie que la division parcellaire est intervenue antérieurement à la demande de permis et que l’existence de ladite parcelle au jour de l’instruction de la demande n’est pas sérieusement contestable ; troisièmement, il n’est prévu aucune construction sur le délaissé routier ; de plus, le président de la collectivité territoriale de Martinique a donné son accord de principe pour la cession de cette emprise par courrier du 20 novembre 2023 ; enfin, le projet ne concerne pas un établissement recevant du public.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2025, la commune de Sainte-Luce, représentée par Me Dumont, conclut au rejet de la requête et demande, en outre, que l’ASSAUPAMAR lui verse une somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative

Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le recours au fond est tardif, le recours gracieux étant tardif ; à la supposer établie, la fraude ne peut être excipée directement devant le juge administratif puisqu’il appartient au tiers de solliciter le retrait de la décision pour ce motif ; le recours gracieux ne sollicite à aucun moment le retrait du permis pour fraude ; en tout état de cause, la fraude n’est pas démontrée ;
- il n’est fait état d’aucun moyen de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions dès lors que le moyen tiré de l’absence d’existence de la parcelle cadastrée section
D 2200 manque en fait ; le moyen tiré de la prétendue appartenance de l’une des parcelles à la collectivité territoriale de Martinique manque tant en droit qu’en fait ; enfin, le moyen tiré d’une méconnaissance des règles en matière d’établissements recevant du public est inopérant dès lors que le projet concerne bien une maison individuelle avec chambres d’hôtes dont la capacité est inférieure au seuil ERP.


Vu :
- la requête enregistrée le 31 août 2025 sous le n°2500564 par laquelle l’ASSAUPAMAR demande l’annulation des arrêtés et de la décision attaqués ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’urbanisme ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Au cours de l’audience publique tenue le 2 octobre 2025 à 14 heures en présence de Mme Ménigoz, greffière d’audience, ont été entendus :
- le rapport de M. Laso, juge des référés ; ;
- les observations de M. A..., représentant la requérante ;
- les observations de Me Tiburce, substituant Me Dumont, représentant la commune de Sainte-Luce ;
- et les observations de Me Capgras, représentant la société Eden Paradise Spa Ecolodge.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.

Considérant ce qui suit :


La société Eden Paradise Spa Ecolodge a déposé en mairie, le 9 février 2024 une demande de permis de construire en vue de la construction d’une maison d’habitation avec chambres d’hôtes sur un terrain cadastré section D 2200, D 2182 et D 2184 situé Quartier Montravail à Sainte-Luce. Suite à cette demande, le maire de la commune a délivré, le
4 avril 2024, un arrêté de permis de construire n° PC 972227 24 BR007 et un arrêté rectificatif. L’association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais (ASSAUPAMAR) a formé un recours gracieux par courrier du 15 avril 2025 qui a été rejeté par une décision du maire de
Sainte-Luce du 18 juillet 2025. Dans le cadre de la présente instance, l’ASSAUPAMAR demande au juge des référés d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de l’arrêté de permis de construire du 4 avril 2024, de l’arrêté rectificatif du même jour et de la décision du maire de Sainte-Luce du 18 juillet 2025 rejetant son recours gracieux du 15 avril 2025.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».

En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par l’association requérante, tels que visés et repris ci-dessus, n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées. Par suite, et sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense ni sur la condition tenant à l’urgence, les conclusions de la requérante aux fins de suspension des arrêtés et de la décision contestés doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions de l’association requérante tendant à ce qu’une injonction de produire les pièces susvisées doivent, en tout état de cause, être rejetées.

Sur les frais d’instance :

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’il soit fait droit aux conclusions présentées par l’ASSAUPAMAR, partie perdante dans la présente instance, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens, au demeurant non justifiés.

Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société Eden Paradise Spa Ecolodge et la commune de Sainte-Luce, tendant à l’application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.




O R D O N N E :



Article 1er :
La requête de l’association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais (ASSAUPAMAR) est rejetée.


Article 2 :
Les conclusions présentées par la société Eden Paradise Spa Ecolodge et par la commune de Sainte-Luce sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 :
La présente ordonnance sera notifiée l’association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais (ASSAUPAMAR), à la commune de Sainte-Luce et à la société Eden Paradise Spa Ecolodge.


Fait à Schoelcher, le 6 octobre 2025.


Le président du tribunal
Juge des référés,


J-M. Laso




La greffière,

V. Ménigoz



La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.




Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions