jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200031 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 janvier 2022, Mme C A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 novembre 2021 de la présidente de l'assemblée de la province Sud en tant qu'il opère, en raison de sa participation à un mouvement de grève, des retenues sur son traitement pour absence de service fait au titre des journées du samedi 20 novembre 2021 et du dimanche 21 novembre 2021.
Elle soutient que :
- dès lors que son retour au travail a été constaté le lundi 22 novembre 2021, l'administration ne pouvait, sans erreur de droit ni méconnaître les dispositions de l'article 1er de l'arrêté n° 83-521/CG du 25 octobre 1983, opérer une retenue sur son traitement au titre du samedi 20 et du dimanche 21 novembre 2021, qui ne sont pas des jours ouvrés dans les établissements scolaires ;
- la grève s'est achevée le 19 novembre 2021 à 16 heures, ainsi que cela ressort du message électronique envoyé par la FCE-FO à tous les employeurs des personnels grévistes ;
- l'arrêté attaqué méconnaît le principe d'égalité en ce que les agents de la province Sud ont été traités différemment des agents grévistes relevant du vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie qui n'ont fait l'objet d'aucune retenue sur leur traitement au titre du samedi et du dimanche.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2022, la province Sud conclut au rejet de la requête de Mme A.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 ;
- la délibération n° 81 du 24 juillet 1990 ;
- l'arrêté n° 83-521/CG du 25 octobre 1983 relatif aux retenues pour absence de service fait par les fonctionnaires des cadres territoriaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Mme D représentante de la province Sud.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 26 novembre 2021 de la présidente de l'assemblée de la province Sud, Mme A, agent de la province Sud, a fait l'objet de retenues sur son traitement pour absence de service fait en raison de sa participation au mouvement de grève des 17, 18 et 19 novembre 2021. Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler cet arrêté en tant qu'il opère, dans le cadre du mouvement de grève auquel elle a pris part, des retenues sur son traitement pour absence de service fait au titre des journées du samedi 20 novembre 2021 et du dimanche 21 novembre 2021.
2. Aux termes de l'article 15 de la délibération n° 81 du 24 juillet 1990 portant droits et obligations des fonctionnaires de Nouvelle-Calédonie : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération fixée par les textes statutaires les régissant ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté n° 83-521/CG du 25 octobre 1983 relatif aux retenues pour absence de service fait par les fonctionnaires des cadres territoriaux : " L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à 1/30ème du traitement mensuel. / Les dispositions du présent article sont applicables à tous les bénéficiaires d'un traitement qui se liquide par mois ". Aux termes de l'article 2 du même arrêté : " Par dérogation aux dispositions de l'article 1er, l'absence de service fait résultant d'une cessation concertée du travail donne lieu, pour chaque journée : - lorsqu'elle n'excède pas une heure, à une retenue égale à un cent soixantième du traitement mensuel ; - lorsqu'elle dépasse une heure, sans excéder une demi-journée, à une retenue égale à un cinquantième du traitement mensuel ; - lorsqu'elle dépasse une demi-journée, sans excéder une journée, à retenue égale à un trentième du traitement mensuel ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'absence de service fait, dans le cadre d'une cessation concertée du travail, pendant une fraction excédant la demi-journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal au trentième de la rémunération mensuelle. En outre, eu égard au caractère mensuel et forfaitaire du traitement, en l'absence de service fait pendant plusieurs jours consécutifs, le décompte des retenues à opérer sur le traitement mensuel d'un agent public s'élève en principe à autant de trentièmes qu'il y a de journées comprises du premier jour inclus au dernier jour inclus où cette absence de service fait a été constatée, même si durant certaines de ces journées cet agent n'avait aucun service à accomplir.
4. Il est constant qu'après avoir participé au mouvement de grève des 17, 18 et 19 novembre 2021, Mme A a repris effectivement son service dès le lundi 22 novembre 2021 au matin. Le dernier jour inclus où l'absence de service fait de Mme A a été constatée était ainsi le vendredi 19 novembre 2021. Par suite, et alors même qu'aucune annonce de fin de la grève, annoncée comme illimitée, n'aurait été communiquée à l'administration, la présidente de l'assemblée de la province Sud ne pouvait légalement opérer des retenues sur le traitement de Mme A pour absence de service fait les 20 et 21 novembre 2021, dès lors qu'il s'agissait respectivement d'un samedi et d'un dimanche au cours desquels l'intéressée n'avait aucun service à accomplir. Il suit de là que Mme A est fondée à soutenir que son absence durant ces deux journées ne pouvait donner lieu à retenue sur son traitement.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 26 novembre 2021 de la présidente de l'assemblée de la province Sud en tant qu'il procède à des retenues sur son traitement pour les journées des 20 et 21 novembre 2021.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 novembre 2021 de la présidente de l'assemblée de la province Sud est annulé en tant qu'il opère des retenues sur le traitement de Mme A pour les journées des 20 et 21 novembre 2021.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la province Sud.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Ciréfice, président,
M. Pilven, premier conseiller.
M. Briquet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
Le président-rapporteur,
C. BL'assesseur le plus ancien,
J-E. Pilven Le greffier de chambre,
J. Lagourde
cb
Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — N° TA104-2300422
Le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a été saisi par M. A... d'une demande d'indemnisation pour préjudice moral subi en raison de ses conditions de détention jugées indignes au centre pénitentiaire de Nouméa entre mars 2022 et août 2023. Le requérant invoquait notamment la violation des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ainsi que des dispositions du code de procédure pénale, en raison de la surpopulation carcérale, du manque d'espace et de divers manquements aux règles sanitaires. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que les éléments produits ne démontraient pas que les conditions de détention subies par M. A... caractérisaient un traitement inhumain ou dégradant, notamment après le 1er janvier 2023, et que le préjudice moral allégué n'était pas établi.
29/12/2025
Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — N° TA104-2300456
Le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a été saisi par M. B... d’une demande d’indemnisation pour le préjudice moral subi en raison de ses conditions de détention au centre pénitentiaire de Nouméa du 24 mai 2022 au 18 septembre 2023. Le requérant invoquait une méconnaissance des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, ainsi que des dispositions du code de procédure pénale et de la loi pénitentiaire. Le tribunal a rejeté la requête, jugeant que les conclusions indemnitaires étaient irrecevables faute de réclamation préalable adressée à l’administration, conformément aux principes généraux de la responsabilité de l’État. Aucune indemnisation n’a donc été accordée.
29/12/2025
Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — N° TA104-2300458
Le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a été saisi par M. A..., détenu au centre pénitentiaire de Nouméa, d’une demande d’indemnisation pour préjudice moral résultant de ses conditions de détention (surpopulation, espace insuffisant, atteintes à la dignité) entre mars 2022 et septembre 2023. Le requérant invoquait une faute de l’État au regard des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et du code de procédure pénale. Le tribunal a rejeté la requête comme irrecevable, faute pour le requérant de justifier d’une réclamation préalable auprès de l’administration, condition nécessaire pour engager un recours de plein contentieux contre l’État. Aucune indemnisation n’a donc été accordée.
29/12/2025