mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200120 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCATS OLIVIER PH. |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 18, 23 mars et 16 août 2022, Mme C E, représentée par la SELARL d'avocats Olivier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2021 portant inscription sur la liste d'aptitude pour l'avancement au corps d'attaché d'administration de l'Etat, au titre des personnels exerçant leurs fonctions en collectivité d'outre-mer, en grands établissements ou en position de détachement, au titre de l'année 2021 en tant qu'elle ne figure pas sur cet arrêté ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de l'inscrire sur la liste d'aptitude pour l'avancement dans le corps des attachés d'administration de l'Etat pour l'année 2021 ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme d'un million de francs CFP en réparation du préjudice matériel subi et d'une somme de 500 000 francs CFP en réparation du préjudice moral subi du fait de cette absence de promotion ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 200 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le principe de l'égalité de traitement entre les fonctionnaires a été méconnu dès lors qu'une fonctionnaire ayant moins de temps de service qu'elle et présentant moins d'expérience professionnelle a été retenue alors de surcroît qu'elle donne satisfaction ; son dossier n'a pas été étudié de manière suffisamment approfondie et la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- cette décision est entachée de partialité et a été prise en dépit d'un conflit d'intérêt dès lors qu'une des personnes retenues par l'arrêté contesté occupait les fonctions d'adjoint au chef de service en charge de transmettre les candidatures à cette promotion et occupe désormais une fonction lui permettant de recevoir les réclamations relatives à cette promotion ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire en observations, enregistré le 28 avril 2022, Mme D conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que sa promotion est parfaitement justifiée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi 99-210 du 19 mars 1999 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2011-1317 du 17 octobre 2011 ;
- la circulaire n° MENH2028692S du 22 octobre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Olivier, avocat de la requérante, de M. A, représentant le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie et de Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Mme Micheneau, secrétaire administrative de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur (SAENES) exerçant les fonctions d'adjointe gestionnaire au collège de Magenta, a présenté sa candidature pour une inscription, au titre de l'année 2021, sur la liste d'aptitude d'accès au corps des attachés d'administration de l'Etat. Par un arrêté du 5 juillet 2021, le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports a arrêté la liste d'aptitude pour les fonctions d'attachés d'administration de l'Etat, sur laquelle Mme E ne figurait pas. Mme E demande au tribunal d'annuler cet arrêté en tant qu'il ne retient pas sa candidature, d'enjoindre au ministre de l'éducation nationale de l'inscrire sur cette liste d'aptitude avec effet rétroactif au mois de juin 2021 et de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 500 000 francs CFP en réparation des préjudices matériels de moraux subis.
2. Aux termes de l'article 26 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " En vue de favoriser la promotion interne, les statuts particuliers fixent une proportion de postes susceptibles d'être proposés au personnel appartenant déjà à l'administration ou à une organisation internationale intergouvernementale, non seulement par voie de concours selon les modalités définies au troisième alinéa (2°) de l'article 19 ci-dessus, mais aussi par la nomination de fonctionnaires ou de fonctionnaires internationaux suivant l'une des modalités ci-après :1° Examen professionnel ;2° Liste d'aptitude établie après avis de la commission administrative paritaire du corps d'accueil, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. () ". Aux termes de l'article 12 du décret n° 2011-1317 du 17 octobre 2011 portant statut particulier du corps interministériel des attachés d'administration de l'Etat : " I. - Les nominations au choix sont prononcées par le ministre ou par l'autorité de rattachement au sens de l'article 5, après inscription sur une liste d'aptitude. Peuvent être inscrits sur cette liste d'aptitude les fonctionnaires de l'Etat appartenant à un corps classé dans la catégorie B ou de même niveau, sous réserve qu'ils appartiennent à une administration relevant du ministre ou de l'autorité mentionnés au premier alinéa, ainsi que les fonctionnaires détachés dans l'un de ces corps. () ". Enfin, la circulaire n° MENH2028692S du 22 octobre 2020 fixant les lignes directrices de gestion ministérielles relatives aux promotions et à la valorisation des parcours professionnels du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports prévoit pour les agents de la filière ATSS (administratifs, techniques, sociaux et de santé) que le dossier de proposition de l'agent promouvable comprend trois documents. Tout d'abord, " une fiche individuelle de proposition de l'agent établie selon un modèle type complété d'un état des services publics visé par l'établissement d'affectation de l'agent ". Puis, " un rapport d'aptitude professionnelle, élément déterminant du dossier de proposition, qui doit être établi avec le plus grand soin par l'autorité hiérarchique de l'agent et se décliner en fonction des 4 items suivants : appréciation sur le parcours professionnel de l'agent ; appréciation sur les activités actuelles de l'agent et l'étendue de ses missions et de ses responsabilités ; appréciation de la contribution de l'agent à l'activité du service, laboratoire ou autre structure ; appréciation sur l'aptitude de l'agent à s'adapter à son environnement, à l'écoute et au dialogue. L'autorité hiérarchique rédige le rapport d'aptitude professionnelle. Ce rapport doit être en cohérence avec l'évaluation professionnelle de l'agent. Ce rapport est signé par l'agent. " Et enfin, " un rapport d'activité, rédigé par l'agent, qui détaille son parcours professionnel et les compétences acquises qui le qualifient pour accéder à un corps supérieur. "
3. Mme E soutient en premier lieu que la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'une des deux personnes, affectée en Nouvelle-Calédonie et retenue dans l'arrêté contesté, avait moins d'ancienneté dans ses fonctions et dans le corps des SAENES qu'elle, ainsi qu'une expérience moindre que la sienne, alors au surplus qu'aucun reproche ne pouvait être retenu à son encontre. Toutefois, il ressort du rapport d'aptitude professionnelle d'une des deux personnes retenues, affectée à Wallis-et-Futuna, que cette dernière a connu des expériences professionnelles variées, a assumé l'exercice de fonctions à responsabilité dans le service chargé du contrôle de la légalité des actes des établissements scolaires et fait preuve de sa capacité d'adaptation à des univers professionnels nécessitant l'acquisition de nouvelles compétences. De même, pour l'autre personne retenue, affectée en Nouvelle-Calédonie et dont la requérante conteste plus particulièrement le choix par le ministre, il ressort du rapport d'aptitude professionnelle la concernant, le constat d'une grande valeur professionnelle, d'un parcours professionnel diversifié, autant dans les structures où elle a exercé ses fonctions (établissement scolaire, service placé sous l'autorité d'un inspecteur de l'éducation nationale et service placé sous l'autorité du vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie) que dans le type de fonctions exercées (secrétaire, gestionnaire, chef de bureau, adjointe à un chef de division des ressources humaines) ainsi que l'exercice de fonctions à responsabilités, notamment pour le recrutement d'agents publics. Si la valeur professionnelle de Mme E n'est pas remise en cause, il apparait que son expérience professionnelle est moins diversifiée, dès lors qu'elle n'a exercé ses fonctions qu'en établissement scolaire depuis son entrée en service en 2004 et qu'elle n'a assumé de responsabilité de gestion administrative, matérielle et financière d'un collège, en qualité d'adjoint gestionnaire, que depuis 2019. Ainsi, la circonstance que Mme E totalise 13 ans et 10 mois de service, soit plus qu'une des personnes retenues qui n'a uniquement que 7 ans et 11 mois de service, et que Mme E fasse l'objet de bonnes appréciations n'est pas de nature à établir, compte tenu des compétences, aptitudes et mérites des deux autres candidats retenus, au regard de la diversité de leurs expériences professionnelles, de leur aptitude à exercer des postes à responsabilité et à diriger des équipes, que le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne retenant pas Mme E sur la liste de deux personnes inscrites sur la liste d'aptitude aux fonctions d'attaché d'administration de l'Etat sur un total de 37 agents remplissant les conditions statutaires en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna. Par ailleurs, et pour les mêmes motifs, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité de traitement entre fonctionnaires appartenant à un même corps doit être écarté.
4. Mme E soutient, en second lieu, que l'arrêté contesté aurait été pris en méconnaissance du principe d'impartialité et serait révélateur d'un conflit d'intérêt au motif qu'une des personnes inscrites sur la liste d'aptitude était adjointe au chef de la division du personnel au vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie, en charge du traitement des dossiers de candidatures pour la liste d'aptitude en cause et se trouve actuellement affectée au bureau du personnel en charge de suivre la situation de la requérante. Toutefois, les rapports d'aptitude professionnelle des agents retenus sur la liste d'aptitude ont été établis par leurs supérieurs hiérarchiques et non par le " bureau personnel " du vice-rectorat. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que le classement proposé au ministère par le vice-rectorat de Nouvelle-Calédonie, signé par l'adjointe au secrétaire général du vice-rectorat, aurait permis de favoriser l'adjointe de la chef du bureau personnel au détriment de la requérante dès lors que ce choix est justifié par les éléments objectifs ressortants des rapports d'aptitude professionnelle, mentionnés au point 3. Enfin, la requérante n'apporte aucun élément permettant d'établir que les services du vice-rectorat n'auraient pas transmis l'ensemble des éléments de son dossier au ministère, avec pour effet de défavoriser sa candidature.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée par l'administration, que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il ne la retient pas pour l'inscription sur la liste d'aptitude pour l'accès au corps des attachés d'administration de l'Etat. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
6. L'illégalité d'une décision prise par l'administration constitue une faute de nature à engager sa responsabilité, pour autant qu'elle entraîne un préjudice direct et certain. Toutefois en l'absence de toute illégalité de nature à engager la responsabilité de l'Etat, les conclusions à fin d'indemnisation présentées par Mme E doivent être rejetées.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Les conclusions de Mme E tendant à l'application de ces dispositions doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C E, au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie et à Mme D.
Copie sera adressée au ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, au vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie et à M. B.
Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
Le rapporteur,
J-E. PILVENLe président,
D. SABROUX Le greffier,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
pc
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2520806
Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B... A... comme manifestement irrecevable. La requérante contestait le refus de la commission d’accès aux documents administratifs de lui communiquer le dossier personnel de son arrière-grand-père. Saisi en plein contentieux, le tribunal a constaté que la requête n'était pas accompagnée de la décision attaquée et que Mme B... A..., résidant en Algérie, n'avait pas élu domicile sur le territoire national comme l'exige l'article R. 431-8 du code de justice administrative. Malgré une demande de régularisation restée sans effet, ces vices n'ont pas été corrigés, justifiant le rejet sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2609206
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A... qui demandait d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui délivrer un certificat d’immatriculation pour son véhicule. Le juge a estimé que la mesure sollicitée était manifestement irrecevable car elle aurait pour effet de faire obstacle à l’exécution de la décision administrative de refus d’immatriculation déjà prise. En conséquence, la requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2601156
Le Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand a été saisi par M. A... d’une requête en plein contentieux visant à contester le rejet implicite de sa demande de communication des listes électorales des communes du Puy-de-Dôme et à obtenir une injonction de transmission. Le requérant s’est désisté de son instance par un mémoire du 25 avril 2026, désistement pur et simple. Par ordonnance du 1er juin 2026, la présidente du tribunal a donné acte de ce désistement en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Aucune décision au fond n’a donc été rendue sur la légalité du refus préfectoral.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Clermont-Ferrand — N° TA63-2601189
Le Tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté l'opposition formée par Mme A... contre une contrainte émise par France Travail pour le recouvrement d'un indu d'allocation solidarité spécifique de 3 463,33 euros. La requérante invoquait sa bonne foi et sa situation de précarité financière, mais ces moyens ont été jugés inopérants dans le cadre d'une opposition à contrainte. En application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée sans débat contradictoire.
01/06/2026