jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200186 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | DEVAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 20 janvier 2020, enregistrée le 12 mai 2022 au greffe du tribunal, le président du tribunal administratif de Mayotte a, par application de l'article R. 761-5 du code de justice administrative, transmis au tribunal la requête présentée par M. A.
Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Mayotte le 26 novembre 2019, M. B A, représenté par Me Devaux, demande au tribunal administratif de réformer l'ordonnance n° 1801026 du 28 octobre 2019 taxant et liquidant les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. A en ce que les frais d'expertise sont insuffisants eu égard au temps consacré aux opérations d'expertise et à la rédaction du rapport d'expertise et de fixer cette rémunération à la somme de 23 434,49 euros.
M. A soutient que :
- eu égard à l'éloignement géographique entre Mayotte et le lieu d'exercice de sa profession à Limoges, il n'a pu gérer d'autres affaires en cours et que le temps de déplacement doit prendre en compte aussi l'organisation du voyage, et la fatigue générée par ce déplacement ;
- la circonstance que les études techniques n'aient porté que sur une seule dalle de béton sur un seul bâtiment ne peut justifier la nécessité de rédiger la note n° 1 et le rapport d'expertise ni l'obligation de prendre connaissance des 970 pages de dires.
La requête a été adressée au ministre de la justice qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative dans sa version applicable en Nouvelle-Calédonie.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, rapporteur ;
- et les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société SMAC Mayotte a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Mayotte, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise en vue d'apprécier, d'une part, la conformité au projet du vice-rectorat des notes de calcul qu'elle a réalisées pour la construction du bâtiment A2 dans le cadre du marché public de construction du collège de Boueni, et d'autre part, les conséquences des modifications apportées aux travaux du bâtiment A2. Par une ordonnance du 3 octobre 2018, le président du tribunal administratif de Mayotte a désigné M. B A, comme expert, avec comme mission notamment de décrire les missions respectives du vice-rectorat de Mayotte et de la société SMAC Mayotte, de préciser les conditions d'exécution du marché, d'identifier les points de divergence entre le maître de l'ouvrage et la société SMAC Mayotte s'agissant des modalités pratiques d'exécution des études et des travaux du bâtiment A2 ou de décrire l'état d'avancement des travaux. Par une ordonnance du 9 novembre 2018, le président du tribunal administratif de Mayotte a accordé à M. A une allocation provisionnelle de 11 049,11 euros à valoir sur le montant des honoraires, frais et débours de l'expertise. L'expert a rendu son rapport le 24 mai 2019 et, par une ordonnance du 28 octobre 2019, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Mayotte a taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 11 318,57 euros en les mettant à la charge de la SMAC Mayotte. Estimant l'évaluation de ces frais comme insuffisante eu égard au temps consacré aux opérations d'expertise, M. A demande de réformer cette ordonnance de taxation et d'augmenter le montant qui lui a été accordé.
2. En vertu des dispositions R. 532-1 du code de justice administrative, le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction et peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ou malfaçons ainsi qu'aux causes et à l'étendue de ces dommages ou malfaçons. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. Chacun d'eux joint au rapport un état de ses vacations, frais et débours. () Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement, () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur et des diligences mises en œuvre pour respecter le délai mentionné à l'article R. 621-2. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert. () " . Aux termes de l'article R. 621-13 du même code : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires () " et aux termes de l'article R. 761-5 du même code : " Les parties () peuvent contester l'ordonnance mentionnée à l'article R. 761-4 devant la juridiction à laquelle appartient l'auteur de l'ordonnance.() ". L'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquide et taxe les frais et honoraires d'expertise revêt un caractère administratif et non juridictionnel. Le recours dont elle peut faire l'objet en application des dispositions de l'article R. 761-5 du code de justice administrative est un recours de plein contentieux par lequel le juge détermine les droits à rémunération de l'expert ainsi que les parties devant supporter la charge de cette rémunération. Il appartient à la juridiction saisie de réduire le montant des honoraires, frais et débours qui lui paraissent excessifs. La taxation des honoraires prend en compte les difficultés des opérations, l'importance, l'utilité et la nature du travail fourni par l'expert.
3. M. A soutient que les honoraires retenus par l'ordonnance contestée n'ont pas pris en compte le temps de déplacement qu'il évalue dans l'état des frais et honoraires à 81 heures. Il précise qu'installé à Limoges, il a dû effectuer un déplacement à Mayotte qui a perturbé son activité professionnelle et qu'il n'a pu pendant plusieurs jours se consacrer à l'étude d'autres affaires. Toutefois, il ne conteste pas, comme l'a retenu à juste titre le magistrat désigné, dans son ordonnance du 28 octobre 2019, qu'il n'a mentionné au titre de son allocation prévisionnelle que 29 heures. Par ailleurs, il ressort de l'état de frais que M. A n'a passé que deux nuits sur place les 4 et 5 décembre 2018 et que les moyens actuels de communication, même s'ils ne se substituent pas complètement à la présence physique, permettent de traiter certaines affaires à distance et que les nécessités d'organiser les conditions matérielles de son déplacement ou la fatigue du voyage ne peuvent utilement justifier un nombre d'heures double de celui retenu par l'ordonnance du magistrat désigné du tribunal administratif de Mayotte. Dès lors, en se fondant sur 40 heures de déplacement, le magistrat désigné n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
4. M. A soutient par ailleurs que son temps de travail s'est élevé à 73 heures au titre de la rédaction du rapport d'expertise et qui comprend le temps nécessaire pour prendre connaissance des pièces transmises par les parties, soit 60 pièces et 970 pages de dires, et vérifier les calculs en litige. Toutefois, M. A, qui précise lui-même qu'il a dû consacrer une semaine de travail à ce dossier, ne fait état d'aucune difficulté particulière ni complexité technique relative au remplacement d'une dalle de béton d'un local technique en toiture par un ouvrage métallique, sur une question qui entrait dans ses compétences. Dès lors, en se fondant sur 10 et 18 heures de travail pour la rédaction du rapport et de la note n° 1, le magistrat désigné n'a pas commis d'erreur d'appréciation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de réformation et d'augmentation des sommes arrêtées au titre des frais et honoraires de l'expertise menée par M. A par l'ordonnance du 28 octobre 2019, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée au président du tribunal administratif de Mayotte et à la société SMAC Mayotte.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le rapporteur,
J-E PILVENLe président,
D. SABROUX Le greffier,
J. LAGOURDEpc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026