vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200211 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SARL DESWARTE CALMET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 mai et 30 novembre 2022, M. B A, représenté par la SARL Deswarte-Calmet, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie à lui verser une somme de 527 770 546 francs CFP, majorée des intérêts au taux légal à compter du jugement, en réparation des préjudices causés par les fautes commises les 29 et 30 juin 2018 ;
2°) de mettre les dépens à la charge du centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie les dépens, ainsi que les frais d'expertise judiciaire taxés et liquidés à un montant de 85 000 francs CFP par le président du tribunal de première instance de Nouméa dans son ordonnance du 2 septembre 2020 ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie une somme totale de 500 000 francs CFP sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les services du centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie ont commis des fautes en ne prenant pas sa température lors de son premier séjour aux urgences les 29 et 30 juin 2018 alors qu'il se sentait fiévreux, et en prescrivant un gel anti-inflammatoire le 30 juin 2018 ;
- ces fautes conduiront à l'attribution d'une somme de 4 647 847 francs CFP au titre de la perte de gains professionnels actuels, de 143 157 145 francs CFP au titre des frais d'assistance tierce personne, de 10 000 000 francs CFP au titre de l'incidence professionnelle, de 262 080 000 francs CFP au titre de la perte de gains professionnels futurs, de 1 510 964 francs CFP au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 5 966 500 francs CFP au titre des souffrances endurées, de 5 000 000 francs CFP au titre du préjudice esthétique temporaire, de 67 231 480 francs CFP au titre du déficit fonctionnel permanent, de 4 176 610 francs CFP au titre du préjudice esthétique définitif, de 6 000 000 francs CFP au titre du préjudice d'agrément, de 6 000 000 francs CFP au titre du préjudice sexuel, et de 12 000 000 francs CFP au titre du préjudice d'établissement ;
- elles conduiront également au remboursement des frais d'expertise exposés dans le cadre de la procédure judiciaire qui est parallèlement en cours.
Par un mémoire, enregistré le 12 janvier 2023, la caisse de compensation des prestations familiales, des accidents du travail et de prévoyance des travailleurs de Nouvelle-Calédonie (CAFAT) demande au tribunal de condamner le centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie à lui verser au titre de ses débours une somme de 68 435 302 francs CFP, majorée des intérêts au taux légal à compter du 24 août 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2022, le centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie, représenté par Me Loste, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 350 000 francs CFP soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucune réparation n'est due, en l'absence de toute faute commise.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de la santé publique ;
- la délibération n° 145 du 29 janvier 1969, et notamment son article 44 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 mars 2023 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de MeLoste, avocat du centre hospitalier territorial Gaston Bourret.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui ressentait des douleurs aux cervicales depuis une semaine, a consulté son médecin traitant le 26 juin 2018, ainsi qu'un autre médecin le lendemain, avant de se rendre aux urgences du centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie dans la nuit du 29 au 30 juin 2018, où a été constatée une contracture bilatérale des trapèzes, donnant lieu à la prescription d'un relaxant musculaire et d'un gel anti-inflammatoire. Sorti dès le 30 juin 2018, il est retourné aux urgences le 2 juillet 2018 du fait d'une forte aggravation des douleurs, accompagnée de fourmillements et d'une tétraparésie. A alors été diagnostiquée, après réalisation d'une imagerie par résonance magnétique, une spondylodiscite nécessitant une laminectomie accomplie le jour même. Cette opération chirurgicale au niveau de la colonne vertébrale et la prise en charge hospitalière postérieure qui s'est poursuivie jusqu'au 14 février 2020 n'ont néanmoins pas pu empêcher la spondylodiscite d'engendrer une tétraplégie à l'origine d'un déficit fonctionnel permanent de 90 %. Estimant que des fautes ont été commises lors du premier séjour aux urgences les 29 et 30 juin 2018, M. A demande au tribunal de condamner le centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie à lui verser une somme totale de 527 770 546 francs CFP, en réparation des préjudices subis.
2. M. A fait valoir en premier lieu que les services du centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie ont commis une faute en ne prenant pas sa température lors de son premier séjour aux urgences alors qu'il se sentait fiévreux, ce qui a empêché de diagnostiquer plus tôt la spondylodiscite. Toutefois, cette absence de prise de température, à la supposer fautive, le dossier clinique de l'intéressé montrant que celui-ci avait consulté pour des " douleurs dorsales post-traumatiques ", qu'il attribuait alors à " un effort physique violent en salle " et qui paraissaient ainsi sans rapport avec une quelconque maladie, ne saurait ici être regardée comme présentant un lien de causalité suffisamment direct et certain avec la tétraplégie affectant l'intéressé, dès lors d'une part que l'expert se borne à indiquer, dans des termes hypothétiques, qu'une " mesure de la température [le 30 juin 2018] aurait peut-être débouché, en cas de fièvre avérée, sur un bilan biologique qui aurait probablement montré des signes d'infection profonde ", et d'autre part qu'il n'est à aucun moment laissé supposer dans le rapport d'expertise qu'un diagnostic réalisé deux jours plus tôt aurait permis d'empêcher la maladie de produire tous ses effets.
3. Le requérant soutient en deuxième lieu qu'en prescrivant un gel anti-inflammatoire le 30 juin 2018, le médecin du centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie a commis une faute, les traitements anti-inflammatoires ayant pour effet de favoriser la vitesse d'évolution de la spondylodiscite. Cependant, cette prescription ne saurait ici être regardée comme fautive, dès lors qu'à la date où elle a été opérée, cette maladie n'avait pas encore été diagnostiquée et qu'ainsi le médecin n'était pas en mesure d'anticiper une telle contre-indication.
4. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la condamnation du centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie, y compris en ce qu'elle a trait au remboursement des frais correspondant à l'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal de première instance de Nouméa le 30 avril 2019. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les conclusions à fin de remboursement présentées par la CAFAT. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions du centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au centre hospitalier territorial Gaston Bourret de Nouvelle-Calédonie, et à la caisse de compensation des prestations familiales, des accidents du travail et de prévoyance des travailleurs de Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Pilven, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.
Le rapporteur,
B. BRIQUET
Le président,
D. SABROUX
Le greffier de chambre,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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