jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200227 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 13 juin 2022 et le 11 mars 2023, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a refusé de faire supprimer une information inexacte sur l'état de ses services, notamment auprès de la caisse locale de retraite ;
2°) de condamner la Nouvelle-Calédonie à l'indemniser du préjudice subi pour sanction disciplinaire déguisée tenant à son absence de réintégration pendant six mois en lui versant une indemnité égale à six mois de rémunération ainsi qu'une indemnité correspondant à douze mois de rémunération, au titre du préjudice moral subi.
Il soutient que :
- les simulations effectuées par la caisse locale de retraite (CLR) mentionnent une absence de service pour sanction disciplinaire entre le 15 mai 2013 et le 11 novembre 2013 et révèlent qu'il a fait l'objet d'une sanction disciplinaire déguisée ; pourtant n'ayant pas fait l'objet de sanctions disciplinaires durant cette période, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie aurait dû procéder à une rectification auprès de la CLR pour modifier l'état de ses services ;
- il a subi un préjudice en raison de cette sanction disciplinaire déguisée et doit bénéficier d'une indemnité égale aux rémunérations dont il a été privé durant cette période, ainsi que d'une indemnité au titre du préjudice moral subi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2023, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête et demande que le requérant soit condamné, pour requête abusive à la somme de 20 000 francs CFP.
Il fait valoir que la requête est irrecevable en l'absence de naissance d'une décision implicite de rejet et qu'aucun des moyens n'est fondé dès lors que la période mentionnée correspond à une absence de service fait, ce qui a fait l'objet d'un courrier de rectification à la CLR, et que le requérant n'a pas été victime de détournement de pouvoir de nature à le faire bénéficier d'indemnisations.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions de M. B tendant à ce que le tribunal annule la décision implicite par laquelle le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a refusé de faire supprimer une information inexacte sur l'état de ses services a perdu son objet, à la suite de la correction de cette information et qu'il n'y a plus lieu de statuer sur cette demande.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, tendant à ce que M. B soit condamné à payer une amende pour recours abusif, sont irrecevables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, attaché de conservation du cadre territorial du patrimoine et des bibliothèques de Nouvelle-Calédonie, demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande du 30 mars 2022 par laquelle le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a refusé de faire supprimer une information inexacte portée sur l'état de ses services, et notamment transmise à la caisse locale de retraite et de condamner la Nouvelle-Calédonie à l'indemniser du préjudice subi pour sanction disciplinaire déguisée tenant à son absence de réintégration pendant six mois en lui versant une indemnité égale à six mois de rémunération ainsi qu'une indemnité correspondant à douze mois de rémunération, au titre du préjudice moral subi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. M. B demande l'annulation de la décision implicite par laquelle le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie aurait refusé de rectifier une mention portée sur un état relatif à une simulation faite par la CLR, au motif que cette information erronée avait été transmise par les services du gouvernement. A supposer que ce refus implicite du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie puisse être regardé comme une décision, il apparait toutefois que si les documents produits par la CLR mentionnaient à tort une situation de " sanction disciplinaire " pour la période du 15 mai 2013 au 11 novembre 2013, les services du gouvernement ont demandé à la CLR, par mail du 31 janvier 2023, la modification de cette information erronée par la mention " absence de service fait ", M. B étant pendant cette période en disponibilité pour convenances personnelles. Il ressort des pièces du dossier que cette nouvelle mention a été prise en compte par la CLR dans la simulation effectuée le 14 février 2023. La demande de M. B ayant perdu son objet, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
3. Par un arrêt du 30 mars 2017, devenu définitif, la Cour administrative d'appel de Paris a rejeté la demande de M. B tendant au paiement des traitements dont il aurait été privé pour la période du 15 mai au 11 novembre 2013 ainsi qu'au versement d'une indemnité en réparation des troubles dans ses conditions d'existence et de son préjudice moral. La Cour a retenu que, M. B se trouvant en position de disponibilité pour convenances personnelles, le délai de six mois pour le réintégrer au sein des effectifs de la Nouvelle-Calédonie dans un emploi correspondant à son grade n'était pas déraisonnable et par suite non fautif. Elle a ainsi rejeté la demande indemnitaire de paiement des traitements et de réparation du préjudice moral de l'intéressé. M. B demande, dans la présente instance, la condamnation de la Nouvelle-Calédonie à l'indemniser pour l'absence de rémunération pendant la période du 15 mai au 11 novembre 2013 et la réparation de son préjudice moral. Ainsi, la nouvelle demande présentée par M. B, qui invoque une faute de l'administration à ne l'avoir réintégré qu'au terme d'un délai de six mois, pour détournement de pouvoir, a le même objet que la demande rejetée par la Cour d'appel de Paris, concerne les mêmes parties et repose sur la même cause juridique. Par suite, la Nouvelle-Calédonie est fondée à opposer l'autorité de la chose jugée de l'arrêt de la Cour administrative d'appel de Paris du 30 mars 2017 aux nouvelles conclusions indemnitaires présentées par M. B. Au surplus, en se fondant sur une mention erronée transmise par la Nouvelle-Calédonie à la caisse locale de retraite, M. B n'établit aucunement que le délai de six mois pour le réintégrer en 2013 aurait pour origine un détournement de pouvoir ou serait constitutif d'une sanction disciplinaire déguisée.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
5. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ". La faculté prévue par ces dispositions constituant un pouvoir propre du juge, les conclusions de la Nouvelle-Calédonie tendant à ce que M. B soit condamné à une telle amende ne sont pas recevables. Toutefois, en l'espèce, la requête de M. B présente bien un caractère abusif. Il y a lieu, par conséquent de lui infliger une amende d'un montant de 30 000 francs CFP.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la Nouvelle-Calédonie tendant à l'application de l'article R. 741-12 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : M. B est condamné à une amende de 30 000 francs CFP au titre de l'article R. 741-12 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Copie en sera adressée à la direction des finances publiques de la Nouvelle-Calédonie pour recouvrement de l'amende.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
Le rapporteur,
J-E. PILVENLe président,
D. SABROUX
Le greffier de chambre,
J. LAGOURDE
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026