vendredi 24 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200289 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL SOPHIE BRIANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 août et 7 novembre 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) AVANT-SCENE, représentée par la SELARL Sophie Briant, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe générale sur la consommation auxquels elle a été assujettie au titre des périodes s'étendant du 1er trimestre 2019 au deuxième trimestre 2021, après application du taux de 3% sur ses prestations hors spectacles ;
2°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie la somme de 400 000 francs CFP en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 4 septembre 2018 prévoit dans le 6° de son article 4 l'application d'un taux réduit à 3% pour les droits d'entrée dans les installations sportives pour la pratique d'un sport ; ce taux devrait être appliqué à ses activités de danse dès lors qu'elle ne fait payer à ses clients que l'accès à la salle de danse et non à des cours facturés individuellement ; son activité se rapproche ainsi de celles des salles de judo, de boxe ou de fitness qui peuvent éventuellement donner lieu à des cours particuliers ;
- le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a d'ailleurs fait prévaloir cette interprétation dans un communiqué du 4 septembre 2018 qui doit être regardé comme un élément d'interprétation de l'arrêté du 4 septembre 2018 ; la quasi-totalité des sports nécessite un encadrement et son activité ne peut être assimilée exclusivement à celle d'enseignement ;
- l'interprétation de l'administration crée une rupture d'égalité avec les salles de sport comprenant la possibilité de cours individuels.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2022, la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la société requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code des impôts de la Nouvelle-Calédonie ;
- l'arrêté n° 2018-2151/GNC du 4 septembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de
Considérant ce qui suit :
1. La SARL AVANT-SCENE exerce en Nouvelle-Calédonie une activité d'enseignement de danse. A la suite d'un contrôle sur pièces, la direction des services fiscaux a adressé à la société requérante une proposition de rectification en date du 2 septembre 2021 portant sur la taxe générale sur la consommation (TGC) pour la période du 1er janvier 2019 au 30 juin 2021. A la suite des observations formulées par la SARL AVANT-SCENE, l'administration a accepté de prendre en compte les montants de TGC déductibles ainsi que l'évaluation du chiffre d'affaires pour 2021 proposés par la société requérante mais a maintenu le taux de 6% applicable en matière de prestations de service relatives à l'activité d'enseignement de la danse, en mettant à sa charge des rappels de TGC pour un total de 2 580 364 francs CFP, intérêts de retard compris. La société requérante a formé une réclamation le 30 mars 2022 qui a fait l'objet d'une décision de rejet le 30 mai 2022. La SARL AVANT-SCENE demande la décharge des rappels de TGC auxquels elle a été assujettie.
2. Il résulte de l'instruction que la SARL AVANT-SCENE a enregistré dans sa comptabilité au titre des exercices 2019 à 2021 des sommes perçues au titre de prestations de danse sur lesquelles elle n'a pas déclaré de TGC collectée ni déductible.
3. Aux termes de l'article Lp. 478 du code des impôts de Nouvelle-Calédonie : " Son assujetties à la taxe générale sur la consommation les personnes qui exercent, de manière indépendante et à titre habituel, une activité économique visée au troisième alinéa, quelles que soient leur forme juridique ou leur situation au regard des autres impôts (). Constitue une activité économique toute activité de producteur, de commerçant ou de prestataire de services () ". Aux termes de l'article Lp. 479 du même code : " Sont imposables à la taxe générale sur la consommation, les livraisons de biens et les prestations de services réalisées par un assujetti agissant en tant que tel () ". Aux termes de l'article R. 505 du même code : " 1. Pour les opérations dont le fait générateur intervient à compter du 1er octobre 2018 : - le taux réduit de la taxe générale sur la consommation est fixé à 3% ; - le taux spécifique est fixé à 6% ; - le taux normal est fixé à 11% ; - le taux supérieur est fixé à 22%. () ". Enfin aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 17 janvier 2017 relatif aux taux de la taxe générale sur la consommation : " La liste des services relevant du taux réduit prévu par le 1 de l'article R. 505 du code des impôts s'établit comme suit : () 6. Les droits d'entrée dans les installations sportives pour la pratique d'un sport () ". Et aux termes de l'article 5 du même arrêté : " Les prestations de services qui ne sont visées ni à l'article 4, ni à l'article 8 du présent arrêté, sont soumises au taux spécifique prévu par le 1 de l'article R. 505 du code des impôts, à l'exception, pour les ventes à consommer sur place, de la fourniture des boissons visées à l'annexe II () ".
4. Il résulte de l'instruction que les rappels litigieux sont intervenus au motif que les prestations délivrées par la SARL AVANT-SCENE porteraient à titre principal sur des activités d'enseignement, soumises à la TGC au taux de 6 %, et qu'elles ne peuvent être regardées comme des activités sportives, soumises à la TGC au taux réduit de 3%. La société requérante soutient, en premier lieu, que ses prestations ne peuvent être assimilées à une activité d'enseignement sportif dès lors qu'elles comprennent l'accès à la salle de danse au sein de laquelle un encadrement reste possible mais qu'elles ne constituent aucunement des cours facturés individuellement. Elle soutient également que l'interprétation restrictive faite des textes par l'administration aurait pour effet de créer une rupture d'égalité devant l'impôt avec les salles de fitness, imposées au taux de 3 %.
5. Toutefois, il résulte de l'instruction que les prestations proposées par la SARL AVANT-SCENE, tel que cela ressort notamment de la présentation faite sur son site internet, donnent lieu à des cotisations correspondant à des cours de danse selon le niveau, l'âge des élèves et le type d'enseignement choisi et non à un forfait permettant un accès à la salle de danse au sein de laquelle des cours pourraient accessoirement et éventuellement être délivrés. Par ailleurs, dans sa réclamation contentieuse du 30 mars 2022, la société requérante se présente elle-même comme exerçant une activité d'enseignement de la danse, ou d'école de danse comme cela ressort aussi de la mention figurant au répertoire Ridet. Son activité ne pouvait dès lors être classée parmi celles visées par le 6 de l'article 4 de l'arrêté du 17 janvier 2017. Par ailleurs, dès lors que les prestations offertes par la société requérante portent principalement sur une activité d'enseignement de la danse, et accessoirement de spectacles pour laquelle l'administration a retenu un taux de 3 % de TGC, elle ne peut utilement soutenir qu'elle se trouverait dans une situation identique à celle de salles de sport, telles que celles de fitness, proposant un forfait d'entrée et accessoirement des cours individuels. Le moyen tiré d'une rupture d'égalité devant l'impôt doit dès lors être écarté.
6. Aux termes de l'article Lp. 983 du code des impôts de la Nouvelle-Calédonie : " Lorsque le redevable démontre qu'il a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions, circulaires ou réponses publiées au Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie à une date antérieure à celle du fait générateur à laquelle se rapportent les impositions litigieuses et qu'elle n'avait pas modifiée au moment des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement d'impositions déjà établies, en soutenant une interprétation différente () ".
7. Si la société requérante se fonde sur un communiqué du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie du 4 septembre 2018 en soutenant que l'ensemble des pratiques sportives bénéficiaient d'un taux de TGC de 3 %, ce communiqué ne peut être regardé comme une interprétation des dispositions fiscales relatives à la TGC, au sens de l'article Lp. 983 du code des impôts de la Nouvelle-Calédonie dès lors que ce document n'a pas fait l'objet d'une publication au journal officiel de la Nouvelle-Calédonie.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL AVANT-SCENE n'est pas fondée à demander la décharge des rappels des rappels de TGC auxquels elle a été assujettie.
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise, à ce titre, à la charge de la Nouvelle-Calédonie, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL AVANT-SCENE est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL AVANT-SCENE et à la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 février 2023.
Le rapporteur,
J-E. PILVENLe président,
D. SABROUXLe greffier,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne, ou à tous les huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
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01/06/2026
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01/06/2026