jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300012 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | MILLION Nicolas |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11 janvier, 12 janvier, 20 février, 21 février, 22 février, 13 mars, 14 mars, 23 mars et 6 avril 2023, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'abroger l'arrêté n° 348 du 19 décembre 2022 par lequel la directrice de la caisse locale de retraites lui a alloué une pension de retraite pour inaptitude définitive, sous le n° 22013022, à compter du 1er juin 2022 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de prendre un nouvel arrêté portant concession de pension de retraite pour un montant au moins égal à 367 956 francs CFP ;
3°) de condamner la caisse locale de retraites ainsi que la Nouvelle-Calédonie à lui verser ses pensions de retraite dues depuis le 1er juin 2022 ;
4°) de condamner la caisse locale de retraites et la Nouvelle-Calédonie à lui verser une somme de 2 milliards de francs CFP en réparation des troubles dans ses conditions d'existence ou à titre subsidiaire la somme d'un milliard de francs CFP ;
5°) de traduire en justice les membres du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 19 décembre 2022 méconnaît la déclaration universelle des droits de l'homme et notamment son article 1er qui prône un esprit de fraternité ou l'article 25 qui prévoit que toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son bien-être.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 5 février et 10 mars 2023, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête et demande la suppression des propos injurieux et diffamatoires contenus dans la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable en l'absence de faits et de moyens et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2023, la caisse locale de retraites, représentée par la Sarl Million, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 120 000 francs soit mise à la charge de Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la requête est irrecevable en l'absence de moyens ou de faits de nature à justifier sa demande de révision de pension de retraite et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- la déclaration universelle des droits de l'homme ;
- le code des pensions de retraites des fonctionnaires de Nouvelle-Calédonie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, institutrice du cadre de l'enseignement du premier degré de la Nouvelle-Calédonie depuis 2012 a été placée en congés de maladie à plusieurs reprises depuis mars 2017. A la suite de l'avis rendu par la commission d'aptitude médicale, réunie les 5 avril et 3 mai 2022, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a admis Mme A à faire valoir ses droits à la retraite pour inaptitude définitive au service à compter du 1er juin 2022. Par un arrêté du 19 décembre 2022, la directrice de la caisse locale des retraites a alloué à Mme A une pension de retraite à compter du 1er juin 2022. Mme A demande au tribunal d'abroger l'arrêté du 19 décembre 2022 par lequel la directrice de la caisse locale de retraites lui a alloué une pension de retraite à compter du 1er juin 2022 pour inaptitude définitive d'un montant mensuel de 95 696 francs CFP, d'enjoindre à l'administration de prendre un nouvel arrêté portant concession de pension de retraite prévoyant un montant minimum de pension de 367 956 francs CFP par mois, de condamner la Nouvelle-Calédonie ou la caisse locale de retraites à lui verser les pensions de retraites dues depuis juin 2022 ainsi que la somme de deux milliards de francs CFP ou d'un milliard de francs CFP en réparation des préjudices subis pour absence de versement de la totalité des sommes dues et de traduire en justice les membres du gouvernement.
2. Mme A soutient que l'arrêté du 19 décembre 2022 par lequel la directrice de la caisse locale de retraites lui a alloué une pension de retraite d'un montant mensuel de 95 696 francs CFP méconnaît la déclaration universelle des droits de l'homme, notamment l'article 1er portant sur l'esprit de fraternité ou l'article 25 prévoyant que toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être ou ceux de sa famille. Toutefois, la déclaration universelle des droits de l'homme ne peut être utilement invoquée dès lors qu'elle ne constitue ni un accord ni un traité international. Par ailleurs, si Mme A conteste le montant de sa pension, malgré ses nombreuses écritures elle n'apporte aucun élément de nature à l'établir en se bornant à soutenir que cette pension devrait s'élever au minimum au montant de son dernier traitement. Par suite, les conclusions à fin d'abrogation présentées par Mme A ne peuvent qu'être rejetées ainsi que ses conclusions à fin d'injonction tendant à ce qu'un nouvel arrêté portant concession de pension soit pris par l'administration.
3. Par ailleurs, sa demande tendant à l'indemnisation des préjudices subis pour avoir limité le montant de sa pension à la somme mensuelle de 95 696 francs CFP, n'ayant au demeurant pas fait l'objet d'une réclamation préalable, ne peut qu'être rejetée en l'absence de toute faute de l'administration.
4. En outre, sa demande fantaisiste tendant à ce que les membres du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ou les employés de la caisse locale de retraite fassent l'objet de poursuites pénales sont irrecevables dès lors qu'il n'appartient pas au tribunal administratif de se prononcer en matière pénale.
5. En vertu des dispositions de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 reproduites à l'article L. 741-2 du code de justice administrative, les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.
6. Les passages des mémoires de Mme A déclarant qu'elle fait l'objet d'attaques meurtrière des criminels et de leurs complices qu'elle désigne comme étant les membres du gouvernement ou du Congrès de la Nouvelle-Calédonie ou encore les employés de la caisse locale de retraite présentent un caractère injurieux et diffamatoire. Par suite, il y a lieu de prononcer la suppression des passages du mémoire du 11 janvier 2023 commençant par " suite à l'attaque meurtrière " et se terminant par " en raison de la prestigiosité des victimes de cette affaire sententieuse " et du passage commençant par " compte tenu de l'oisiveté des membres du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie " et se terminant par " de la caisse locale des retraites de la Nouvelle-Calédonie ". Il y a lieu de prononcer la suppression des passages des mémoires du 20 février 2023 commençant par " suite à l'attaque meurtrière " et se terminant par " les complices du criminel Monsieur Wamytan Roch, président du congrès de la Nouvelle-Calédonie " ainsi que des passages des mêmes mémoires commençant par " compte tenu du manquement aux obligations professionnelles des membres du gouvernement " et se terminant par " Monsieur Wamytan Roch ". Il y a lieu de prononcer la suppression des passages des mémoires du 13 mars 2023 commençant par " suite à une attaque terroriste " et se terminant par " depuis l'acte de terrorisme, j'ai été placé suite à cela en retraite anticipée " et du passage commençant par " afin de traduire en justice les terroristes " et se terminant par " de cette affaire sentencieuse de terrorisme ". Il y a lieu de prononcer la suppression des passages des mémoires du 14 mars 2023 commençant par " suite à l'attaque terroriste " et se terminant par " depuis l'acte de terrorisme, j'ai été placée à la retraite anticipée ". Il y a lieu enfin de prononcer la suppression des passages des mémoires du 6 avril 2023 commençant par " il n'y a aucunes allégations non fondées " et se terminant par " tout membre du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en Mélanésie ".
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de Mme A à verser à la caisse locale de retraites en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les passages des mémoires de Mme A déclarant qu'elle fait l'objet d'attaques meurtrière des criminels et de leurs complices qu'elle désigne comme étant les membres du gouvernement ou du Congrès de la Nouvelle-Calédonie ou encore les employés de la caisse locale de retraite sont supprimés dans les conditions mentionnées au paragraphe 6 du présent jugement.
Article 3 : Les conclusions de la caisse locale de retraite tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4: Le présent jugement sera notifié à Mme B A, au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et à la caisse locale de retraites.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
Le rapporteur,
J-E. PILVENLe président,
D. SABROUXLe greffier de chambre,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026