jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300394 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SCP MATUCHANSKY POUPOT VALDELIEVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 août 2023, le 13 février 2024 et le 21 février 2024, la société des hôtels de Nouméa (SHN), représentée par la SARL Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2022-7384/GNC-Pr du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie du 28 juin 2022 fixant le montant de son indemnité de réquisition et les modalités de son versement, ainsi que l'avis des sommes à payer n° 1382 du 2 août 2022 relatif au remboursement par la SHN d'un trop perçu de 9 134 771 francs CFP ;
2°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie une somme de 450 000 francs CFP, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- ni l'arrêté du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie du 28 juin 2022, ni l'avis des sommes à payer du 2 août 2022 ne sont revêtus de la signature de leur auteur respectif ;
- l'avis des sommes à payer du 2 août 2022 n'indique pas les modalités de calcul ayant servi à déterminer le montant de la créance ;
- le montant de l'indemnisation pour réquisition qui lui était due au titre du mois de décembre 2021 a été calculé sur une base erronée, dès lors qu'en dépit de la date annoncée par le président du gouvernement par son courrier du 2 décembre 2021, ce n'est que le 29 décembre 2021 que les différents personnels sous la responsabilité du gouvernement ont définitivement quitté les lieux et qu'elle a retrouvé la pleine jouissance de son bien ;
- le montant de l'indemnisation pour réquisition calculé par l'administration étant inférieur à ce qu'il aurait dû être, aucun déficit n'aurait dû être constaté ni aucun titre de recettes émis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 octobre 2023, la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête de la société des hôtels de Nouméa.
Elle soutient que :
- la requête, tardive, est irrecevable ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code des impôts de la Nouvelle-Calédonie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 février 2024 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Matuchansky, avocat de la société des hôtels de Nouméa et de Mme A, représentant le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. La société des hôtels de Nouméa (SHN) demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° 2022-7384/GNC-Pr du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie du 28 juin 2022 fixant le montant de son indemnité de réquisition et les modalités de son versement, ainsi que l'avis des sommes à payer n° 1382 du 2 août 2022 relatif au remboursement par la SHN d'un trop perçu de 9 134 771 francs CFP.
Sur les fins de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ".
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
4. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté n° 2022-7384/GNC-Pr du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie du 28 juin 2022 a été publié le 7 juillet 2022 au Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie, avant d'être notifié par courriel à l'intéressée le 19 juillet 2022. Si la société des hôtels de Nouméa n'avait alors pas été informée des voies et délais de recours, elle a néanmoins méconnu le délai raisonnable qui lui était imparti en introduisant sa requête le 10 août 2023, soit plus d'un an après le 19 juillet 2022, date où au plus tard, elle ne pouvait plus ignorer l'existence de l'arrêté en cause. Par suite, ses conclusions tendant à l'annulation de ce dernier sont tardives.
5. Aux termes de l'article 1167 du code des impôts de la Nouvelle-Calédonie : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables du Trésor ou au receveur des services fiscaux doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / Les contestations ne peuvent porter que : / 1°. soit sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2°. soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le tribunal de première instance, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article 1112. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le tribunal de première instance, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article 1112. ". Aux termes de l'article 1169 de ce code : " La réclamation doit, sous peine de nullité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification de l'acte si le motif invoqué est un vice de forme ou, s'il s'agit de tout autre motif, dans un délai de deux mois après le premier acte qui permet d'invoquer ce motif. ".
6. Il ressort du tampon apposé sur l'avis des sommes à payer que la société requérante en a reçu notification le 10 août 2022. Cet avis mentionnait l'existence d'un recours préalable obligatoire, lequel devait ici être exercé, s'agissant d'une contestation relative à l'existence de l'obligation de payer et à l'exigibilité de la somme réclamée, l'intéressée mettant en avant sa propre créance née postérieurement au 15 décembre 2021, date de la créance de 9 134 771 francs CFP dont se prévalait la Nouvelle-Calédonie, et qui devait se compenser intégralement avec celle-ci, ainsi que les voies et délais de recours au regard de ce recours préalable. Par suite, et dès lors que ledit avis constituait le premier acte permettant de contester le bien-fondé de la créance, la société des hôtels de Nouméa disposait d'un délai de deux mois à compter du 10 août 2022 pour formuler sa réclamation. Celle-ci n'a été présentée que le 8 août 2023. Dans ces conditions, la Nouvelle-Calédonie est fondée à sa prévaloir de sa tardiveté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation présentées par la société des hôtels de Nouméa doit être rejeté pour irrecevabilité. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société des hôtels de Nouméa est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société des hôtels de Nouméa et à la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 29 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Prieto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le rapporteur,
B. BRIQUET
Le président,
D. SABROUX
Le greffier de chambre,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026