jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300488 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL RAPHAËLE CHARLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 octobre 2023 et le 17 mars 2024, l'association " Ensemble pour la planète ", représentée par Me Charlier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet, née du silence gardé par le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie sur sa demande du 18 juin 2023 tendant à ce que soit modifié le cahier des charges, qui a été adopté en vertu de l'article 23 de la délibération n° 10 du 8 septembre 2004, afin de préciser les modalités de l'évaluation annuelle de la campagne de dépistage du cancer du sein ;
2°) d'enjoindre au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie d'adopter un cahier des charges conforme aux dispositions de l'article 23 de la délibération n° 10 du 8 septembre 2004 et ayant ainsi vocation à permettre d'évaluer les campagnes de dépistage tant au niveau des données collectées que des critères visant à en assurer une réelle évaluation, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement et sous une astreinte de 30 000 francs CFP par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie une somme de 300 000 francs CFP, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision de refus qui lui a été opposée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et méconnait le principe de précaution et de préservation de la santé humaine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2023, la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête de l'association " Ensemble pour la planète ".
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, le refus opposé à l'association " Ensemble pour la planète ", qui a trait à un document de portée générale dépourvu de tout effet notable sur les droits ou la situation d'autres personnes que les agents chargés de les mettre en œuvre, ne constituant pas une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête, l'association " Ensemble pour la planète " ne justifiant d'aucun intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre de la décision de refus qui lui a été opposée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- la délibération n° 10 du 8 septembre 2004 ;
- la délibération n° 425 du 26 novembre 2008 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 mars 2024 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Charlier, avocat de l'association.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 13 octobre 2022, l'association " Ensemble pour la planète " a demandé à la Nouvelle-Calédonie de lui communiquer le cahier des charges prévu par l'article 23 de la délibération n° 10 du 8 septembre 2004, telle que modifiée par la délibération n° 425 du 26 novembre 2008, et dont l'objet est de préciser les modalités de l'évaluation annuelle de la campagne de dépistage du cancer du sein. La Nouvelle-Calédonie a alors transmis le 4 avril 2023 un document de 61 pages, intitulé " Procédure [de] dépistage organisé du cancer du sein ", qui constitue selon elle ce cahier des charges. Estimant qu'un tel document ne correspondait en rien au cahier des charges susmentionné, l'association " Ensemble pour la planète " en a sollicité la modification le 18 juin 2023, afin que soit véritablement adopté le cahier des charges exigé par l'article 23 de la délibération n° 10 du 8 septembre 2004. N'ayant pas reçu de réponse, elle demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet, née du silence gardé par le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie sur sa demande du 18 juin 2023 tendant à ce que soit modifié ledit cahier des charges.
2. Aux termes de l'article 1er de la délibération n° 10 du 8 septembre 2004 portant création d'un fonds autonome de compensation en santé publique : " Il est créé un fonds autonome de compensation en santé publique. () ". Aux termes de son article 2 : " Ce fonds est destiné à assurer la prise en charge : / () / e) des consultations et examens complémentaires prescrits en cas d'indication clinique et nécessaires au dépistage d'un cancer du sein chez les femmes entre 50 et 74 ans selon les modalités prévues au titre VI ; / () ". Aux termes de son article 19 : " Sont pris en charge par le fonds de compensation en santé publique dans les limites et conditions fixées par le présent titre les actes suivants : / - mammographie (deux incidences par sein et un examen clinique des seins) ; / - examens complémentaires prescrits en cas d'indication clinique (échographie, cytoponction ou biopsie, anatomopathologie). ". Aux termes de son article 23 : " Avant le 31 mars de chaque année, l'agence sanitaire et sociale établit une évaluation de la campagne de dépistage selon un cahier des charges élaboré par le service compétent de la Nouvelle-Calédonie. ".
3. Il appartient aux seules autorités compétentes de déterminer, parmi les mesures juridiques, financières, techniques ou d'organisation qui sont susceptibles d'être prises, celles qui sont les mieux à même d'assurer le respect des obligations qui leur incombent. Le refus de prendre une mesure déterminée ne saurait être regardé comme entaché d'illégalité au seul motif que la mise en œuvre de cette mesure serait susceptible de concourir au respect de ces obligations. Il ne saurait en aller autrement que dans l'hypothèse où l'édiction de la mesure sollicitée se révélerait nécessaire au respect de l'obligation en cause et où l'abstention de l'autorité compétente exclurait, dès lors, qu'elle puisse être respectée.
4. En toute hypothèse, la personne qui entend demander à l'administration de respecter une obligation qui lui incombe peut se borner à lui demander de prendre toute mesure de nature à permettre le respect de cette obligation. Le refus de prendre de telles mesures constitue une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
5. Il résulte des dispositions précitées de l'article 23 de la délibération n° 10 du 8 septembre 2004 que la Nouvelle-Calédonie avait l'obligation d'édicter un cahier des charges afin de préciser les modalités de l'évaluation annuelle de la campagne de dépistage du cancer du sein. Par suite, et contrairement à ce qu'allègue la Nouvelle-Calédonie, le refus opposé à l'association " Ensemble pour la planète " constitue une décision susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
6. Toutefois, l'association " Ensemble pour la planète " a, aux termes de l'article 2 de ses statuts, " pour objet de protéger, de conserver et de restaurer les espaces, ressources, milieux et habitats naturels, biologiques et non biologiques, le patrimoine historique et culturel, les espèces vivantes, la diversité et les équilibres fondamentaux écologiques, l'eau, l'air, les sols et sous-sols, terrestres et marins, les sites, les paysages et le cadre de vie, de lutter contre les pollutions et nuisances, de promouvoir la découverte, le respect et l'accès à la nature et, d'une manière générale, d'agir pour la sauvegarde de ses intérêts dans le domaine de l'environnement, de la santé publique, de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme ; de promouvoir la durabilité forte du développement, ainsi que la solidarité, notamment intergénérationnelle, et l'égalité des genres ; de lutter contre le spécisme ; de soutenir et défendre en justice chacun de ses membres ".
7. Un tel objet social, relatif à la protection de l'environnement, ne présente pas un lien suffisamment direct avec la mesure dont l'adoption était demandée, et qui avait trait à la santé publique, sans aucune considération environnementale. Par suite, l'association " Ensemble pour la planète " ne saurait être regardée comme justifiant d'un intérêt lui donnant qualité pour agir à l'encontre de la décision de refus qui lui a été opposée. Il en résulte que sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association " Ensemble pour la planète " est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association " Ensemble pour la planète " et à la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Prieto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le rapporteur,
B. BRIQUET
Le président,
D. SABROUX
Le greffier de chambre,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026