lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400712 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Président , Hubert Delesalle, juge des référés |
| Avocat requérant | PIEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 novembre 2024, la société EL2T, représentée par la SELARL Loïc Pieux, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 551-24 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision du 13 novembre 2024 par laquelle la commune de Pouembout a rejeté l'offre qu'elle a déposée pour l'attribution des lots n° 1 et n° 2 du marché de travaux visant à assurer l'aménagement des parkings, voiries et espaces verts de la salle omnisports ;
2°) d'annuler la procédure d'appel d'offres engagée par la commune de Pouembout en vue de l'attribution de ces lots ;
3°) d'enjoindre à la commune de Pouembout, si elle entend de nouveau attribuer le marché, de reprendre la consultation au stade de l'analyse des offres en lui permettant de compléter son pli ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Pouembout la somme de 300 000 francs CFP au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable en l'absence d'information quant à la signature éventuelle du contrat ;
- le fait de faire apparaitre le montant global des deux lots au sein de l'acte d'engagement ne suffit pas à caractériser l'irrégularité de son offre au regard de l'article 27-1 de la délibération n° 424 du 20 mars 2019 portant réglementation des marchés publics dès lors que sa proposition était bien décomposée en deux lots, et que la nécessité de faire apparaitre la décomposition dans l'offre de base était dépourvue d'utilité pour l'examen des offres et ne constitue qu'une erreur matérielle que la commune aurait dû l'inviter à régulariser ;
- le délai pour la remise des offres à la suite de la modification, le 14 octobre 2024, du devis quantitatif estimatif, du bordereau des prix unitaires et du cahier des clauses techniques particulières était insuffisant au regard de l'article 25 de la délibération n° 424 du 20 mars 2019, et ne lui a pas permis de relire son offre et d'empêcher l'erreur matérielle qui s'est glissée dans sa proposition, ce qui l'a lésé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- la délibération n° 424 du 20 mars 2019 portant réglementation des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 551-24 du code de justice administrative : " En Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna, le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il délègue, peut être saisi en cas de manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence auxquelles est soumise la passation des marchés et contrats publics en vertu de dispositions applicables localement. / Les personnes habilitées à agir sont celles qui ont un intérêt à conclure le contrat et qui sont susceptibles d'être lésées par ce manquement, ainsi que le haut-commissaire de la République dans le cas où le contrat est conclu ou doit être conclu par une collectivité territoriale ou un établissement public local. / Le président du tribunal administratif peut être saisi avant la conclusion du contrat. Il peut ordonner à l'auteur du manquement de se conformer à ses obligations et suspendre la passation du contrat ou l'exécution de toute décision qui s'y rapporte. Il peut également annuler ces décisions et supprimer les clauses ou prescriptions destinées à figurer dans le contrat et qui méconnaissent lesdites obligations. Dès qu'il est saisi, il peut enjoindre de différer la signature du contrat jusqu'au terme de la procédure et pour une durée maximum de vingt jours. / Le président du tribunal administratif ou son délégué statue en premier et dernier ressort en la forme des référés ".
2. La société EL2T demande au juge du référé précontractuel d'annuler la décision du 13 novembre 2024 par laquelle la commune de Pouembout a rejeté l'offre qu'elle avait déposée pour l'attribution des lots n° 1 et n° 2 du marché de travaux visant à assurer l'aménagement des parkings, voiries et espaces verts de la salle omnisports et d'annuler la procédure d'appel d'offres engagée par la commune de Pouembout en vue de l'attribution de ces lots. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application des dispositions citées au point 1, d'enjoindre à la commune de Pouembout de différer la signature du contrat d'attribution des lots n° 1 et n° 2 du marché de travaux visant à assurer l'aménagement des parkings, voiries et espaces verts de la salle omnisports jusqu'au terme de la présente procédure et, au plus tard, jusqu'au 10 décembre 2024.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la commune de Pouembout de différer la signature du contrat d'attribution des lots n° 1 et n° 2 du marché visant à assurer l'aménagement des parkings, voiries et espaces verts de la salle omnisports jusqu'au terme de la présente procédure et, au plus tard, jusqu'au 10 décembre 2024.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société EL2T et à la commune de Pouembout.
Fait à Nouméa, le 22 novembre 2024.
Le président, juge des référés,
H. Delesalle
nd
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