lundi 21 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300933 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | CHICOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er août 2023, l'agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques de Guadeloupe, représentée par Me Michel Pradines, demande au juge des référés, sur le fondement des articles L. 521-3 et L. 521-3-1 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à M. B, Julien A de cesser personnellement toute occupation ou de tout occupant de son chef, de remettre la parcelle, occupée par le chemin et le parking en tuf, sise au lieu-dit de Sainte-Marie sur la commune de Capesterre-Belle-Eau (97130), en l'état antérieur par la démolition de l'ensemble des clôtures, remblais présents sur le site, la remise en état naturel des terrains, le nettoyage du site, la libération de la parcelle occupée et l'évacuation des lieux dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
2°) d'autoriser, à défaut d'exécution volontaire, l'Agence à faire procéder d'office à la démolition de l'ensemble des clôtures, remblais présents sur le site, la remise en état naturel des terrains, le nettoyage du site, le nettoyage du site, aux frais de M. A ;
3°) d'ordonner, à défaut volontaire, la libération de la parcelle occupée et l'expulsion de M. A, ainsi que de tous occupants de son chef, et si besoin, avec l'assistance de la force publique dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
4°) d'autoriser l'Agence à procéder à cette liquidation des astreintes ordonnées ;
5°) de condamner M. A à une amende de 12 000 euros en application de l'article L. 2132-3-2 du code général de la propriété des personnes publiques ;
6°) de mettre à la charge de M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- dans le cadre de sa mission d'observation et du suivi des occupations des terrains, qui la conduit à mettre en œuvre le processus de régularisation des occupations sans titre dans la zone urbaine des cinquante pas géométriques et dans une zone délimitée selon les modalités prévues aux articles L. 5112-1 et L. 5112-2 du code général de la propriété des personnes publiques, l'agent de la police domaniale de l'Agence, qui a dressé un procès-verbal de contravention de grande voirie, a pu constater qu'un parking en tuf a été créé non loin du restaurant à l'enseigne "Beach Paradise" sur la section Sainte-Marie de la commune de Capesterre-Belle-Eau ; ce parking, qui mesure 45 mètres de long sur 27 mètres, soit une surface de 1 215 m² environ, se situe dans la zone des cinquante pas géométriques, plus précisément sur la parcelle référencée n° AE 427 ;
- M. A, exploitant à titre individuel un fonds de commerce de restaurant à l'enseigne "Beach Paradise", occupe sans droit ni titre une partie de la zone urbaine des cinquante pas et a réalisé des travaux d'aménagement d'un chemin et d'un parking en tuf de manière illégale ; un procès-verbal de constatation et de rédaction de contravention de grande voirie a été rédigé le 16 mai 2023 pour occupation illégale et sans titre du domaine public maritime de l'agence des cinquante géométriques de la Guadeloupe prévu à l'article L. 5111-2 du code général de la propriété des personnes publiques :
- l'Agence est fondée à mettre en œuvre les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et celles de l'article L. 521-3-1 du même code ; nonobstant cette dérogation à la condition d'urgence, il est indiscutable qu'en l'espèce il y a atteinte à l'environnement naturel en raison des travaux de remblai dans une zone assurant l'évacuation des eaux pluviales avec un risque accru d'inondation pour les habitants du secteur au regard de la période cyclonique actuelle ; l'Agence est fondée à solliciter les mesures permettant de rétablir les lieux en leur état antérieur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 août 2023, M. A, représenté par Me Pierre-Yves Chicot, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- cette affaire a déjà fait l'objet de la décision n° 2201392 du 16 février 2023 ;
- il s'est conformé au jugement du 16 février 2023 du tribunal administratif de la Guadeloupe, dès lors qu'il s'est acquitté du montant de l'amende de 1 500 euros et qu'il a remis en état les lieux concernés ;
- l'urgence n'est pas caractérisée puisqu'il a déjà remis en état le site à la suite de la contravention de grande voirie dont il a été destinataire et qu'il a payée ;
- sur l'appréciation de l'article L. 2132-3-2 du code général de la propriété des personnes publiques, la demande de condamnation, dont il a payé le montant le plus élevé mentionné dans l'article précité, est totalement injustifiée ;
- sur la régularisation juridique, il est éligible à celle-ci compte tenu de sa situation.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- le code général de la propriété des personnes publiques,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de la Guadeloupe, de Saint-Barthélemy et Saint-Martin a désigné, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, M. Sabatier-Raffin, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge des référés.
Au cours de l'audience publique du 17 août 2023 à 14 heures, dont les parties ont été régulièrement avisées, et tenue en présence de Mme Cétol, greffière d'audience, a été présenté le rapport de l'affaire par M. Sabatier-Raffin, qui s'est assuré du respect du caractère contradictoire de la phase écrite de la procédure, ont été entendues les observations de Me Pradines, représentant l'agence des cinquante pas géométriques.
M. A n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à 14 h 45.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un procès-verbal dressé le 16 mai 2023 par l'agent de la police domaniale de l'agence des cinquante pas géométriques à l'encontre de M. A, qui a construit un parking en tuf non loin du restaurant à l'enseigne "Beach Paradise", dont il est gérant, ladite agence demande au Tribunal, notamment, sur le fondement des articles L. 521-3 et L. 521-3-1 du code de justice administrative, d'enjoindre à M. A de cesser personnellement toute occupation ou de tout occupant de son chef, de remettre la parcelle, occupée par le chemin et le parking en tuf, sise au lieu-dit de Sainte-Marie sur la commune de Capesterre-Belle-Eau (97130), en l'état antérieur par la démolition de l'ensemble des clôtures, remblais présents sur le site, la remise en état naturel des terrains, le nettoyage du site, la libération de la parcelle occupée et l'évacuation des lieux dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 300 euros par jour de retard.
2. Au cours de l'audience, l'agence des cinquante pas géométriques déclare se désister purement et simplement de sa requête au motif que le litige a déjà fait l'objet de la décision n° 2201392 du 16 février 2023, en précisant toutefois que, malgré les allégations présentées dans son mémoire en défense, M. A ne justifie pas du paiement de l'amende de 1 500 euros, ni de la remise en l'état naturel du terrain concerné, notamment à la date du 16 mai 2023, qui a fait l'objet du procès-verbal de l'agence des cinquante pas géométriques.
3. Le désistement de l'agence des cinquante pas géométriques est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
O R D O N N E
Article 1er : Il est donné acte du désistement de la requête de l'agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques de Guadeloupe.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B, Julien A et à l'agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques de Guadeloupe.
Copie, pour information, en sera adressée, à la commune de Capesterre-Belle-Eau et au préfet de la Guadeloupe.
Fait à Basse-Terre, le 21 août 2023.
Le juge des référés,
signé
P. Sabatier-RaffinLe greffier,
signé
A. Cétol
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. Cétol