lundi 21 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2300942 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BALADDA GOURANTON & PRADINES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 août 2023, l'agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques de Guadeloupe, représentée par Me Michel Pradines, demande au juge des référés, sur le fondement des articles L. 521-3 et L. 521-3-1 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à M. D B de cesser les travaux de construction de la nouvelle maison située à l'arrière de celle acquise de Mme A, de cesser personnellement toute occupation ou de tout occupant de son chef, de remettre la parcelle AE n° 50, occupée par l'assiette de la nouvelle construction, sise au lieu-dit Four à Chaux sur le territoire de la commune de Capesterre-Belle-Eau (97130), en l'état antérieur par la démolition de l'ensemble des murs et dalles présents sur le site, la remise en état naturel des terrains, le nettoyage du site, la libération de la parcelle occupée et l'évacuation des lieux dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
2°) d'autoriser, à défaut d'exécution volontaire, l'Agence à faire procéder d'office à la démolition de l'ensemble des murs et dalles, présents sur le site, la remise en état naturel des terrains, le nettoyage du site, aux frais de M. B ;
3°) d'ordonner, à défaut volontaire, la libération de la parcelle occupée et l'expulsion de M. B, ainsi que de tous occupants de son chef, et si besoin, avec l'assistance de la force publique, dans un délai de trois mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
4°) d'autoriser l'Agence à procéder à cette liquidation des astreintes ordonnées ;
5°) de condamner M. B à une amende de 12 000 euros en application de l'article L. 2132-3-2 du code général de la propriété des personnes publiques ;
6°) de mettre à la charge de M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- dans le cadre de sa mission d'observation et du suivi des occupations des terrains, qui la conduit à mettre en œuvre le processus de régularisation des occupations sans titre dans la zone urbaine des cinquante pas géométriques et dans une zone délimitée selon les modalités prévues aux articles L. 5112-1 et L. 5112-2 du code général de la propriété des personnes publiques, l'agent de la police domaniale de l'Agence, qui a dressé un procès-verbal de contravention de grande voirie, a pu constater, à l'arrière de la maison occupée par M. B, qu'une nouvelle maison était en cours de construction, en parpaing et béton, non encore couverte, d'une superficie de 100 m² ; M. B occupe avec sa famille une maison, qu'il aurait achetée à Mme C A, moyennant le paiement de la somme de 20 000 euros, pour laquelle il ne dispose d'aucun titre de propriété ; les éléments recueillis par l'agent de la police domaniale, notamment auprès de la fille de Mme A, confirment les déclarations de M. B ; cette procédure, bien qu'irrégulière, ne fait pas l'objet de la présente procédure, seule étant poursuivie la nouvelle construction en cours d'édification à l'arrière de la maison édifiée et vendue par Mme A ; cette nouvelle construction, en cours d'édification, est située sur la parcelle cadastrée AE n° 50, d'une superficie d'environ 100 m² ; elle porte le numéro de bâti 331 selon la cartographie établie par l'Agence et se situe dans la zone urbaine des cinquante pas géométriques ; interrogé par l'agent de la police domaniale, M. B a reconnu ne posséder aucune autorisation pour la construction de la nouvelle maison, confortant la pleine connaissance par M. B de l'illégalité de la construction entreprise ; un procès-verbal de constatation et de rédaction de contravention de grande voirie a été rédigé le 16 mai 2023 pour occupation illégale sans titre du domaine public maritime de l'agence des cinquante pas géométriques de Guadeloupe prévu à l'article L. 5111-2 du code général de la propriété des personnes publiques ;
- l'Agence est fondée, dans ces conditions, à mettre en œuvre les dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et celles de l'article L. 521-3-1 du même code ; nonobstant cette dérogation à la condition d'urgence, en l'espèce il y a atteinte à l'environnement naturel en raison des travaux et solliciter les mesures permettant de rétablir les lieux en leur état antérieur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 août 2023, M. D B, représenté par Me Robert Valerius, conclut à l'irrecevabilité de la requête en référé et au rejet de la requête de l'agence des cinquante pas géométriques de Guadeloupe et à ce qu'il soit mis à la charge de celle-ci la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le délai, qui lui a été donné, est de moins de huit jours dès lors qu'il n'a eu connaissance du courrier du 3 août 2023 que le 8 août 2023, par lequel il a été imparti pour produire ses observations en défense ;
- sur la procédure relative à l'action engagée par l'Agence, celle-ci fait état d'un procès-verbal de constatations et de rédaction de contravention de grande voirie ; toutefois, elle n'a pas respecté la procédure des articles L. 774-1 et suivants du code de justice administrative, notamment l'article L. 774-2 du même code au motif que l'Agence ne justifie pas qu'elle ait respecté le délai de dix jours pour notifier le procès-val de contravention ;
- il est en droit de se voir permettre de solliciter la régularisation des occupants sans titre dans la zone des cinquante pas géométriques de sa première construction et de pouvoir ainsi obtenir la possibilité de voir régulariser la construction actuelle.
Vu :
- les autres pièces du dossier,
- le code général de la propriété des personnes publiques,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de la Guadeloupe, de Saint-Barthélemy et Saint-Martin a désigné, en application des dispositions de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, M. Sabatier-Raffin, premier conseiller, pour statuer en qualité de juge des référés.
Au cours de l'audience publique du 17 août 2023 à 14 heures, dont les parties ont été régulièrement avisées, et tenue en présence de Mme Cétol, greffière d'audience, a été présenté le rapport de l'affaire par M. Sabatier-Raffin, qui s'est assuré du respect du caractère contradictoire de la phase écrite de la procédure, ont été entendues les observations de Me Pradines, représentant l'agence des cinquante pas géométriques de Guadeloupe et celles de Me Valérius, représentant M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée le jour de l'audience à 14 h 37.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par M. B :
1. Aux termes de l'article L. 5 du code de justice administrative : "L'instruction des affaires est contradictoire. Les exigences de la contradiction sont adaptées à celles de l'urgence, ().". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : "Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / ().". Et aux termes de l'article R. 522-4 dudit code : "Notification de la requête est faite aux défendeurs. / Les délais les plus brefs sont donnés aux parties pour fournir leurs observations. Ils doivent être rigoureusement observés, faute de quoi il est passé outre sans mise en demeure.". Ces dispositions font obligation au juge des référés, sauf dans le cas où il est fait application des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, de communiquer aux parties avant la clôture de l'instruction, par tous moyens, notamment en les mettant à même d'en prendre connaissance à l'audience publique, les pièces et mémoires soumis au débat contradictoire qui servent de fondement à sa décision et qui comportent des éléments de fait ou de droit dont il n'a pas été antérieurement fait état au cours de la procédure.
2. M. B fait valoir que le délai de huit jours, qui lui a été imparti pour produire ses observations en défense, et fixé par courrier recommandé avec avis de réception, est daté du jeudi 3 août 2023, alors qu'il n'a eu connaissance dudit courrier que le mardi 8 août 2023, sans toutefois justifier de cette notification. L'audience de référé ayant été fixée initialement au mercredi 16 août 2023, puis, par un avis de renvoi en date du 14 août 2023, reportée au jeudi 17 août 2023 à 14 heures, M. B a disposé ainsi de huit jours pour présenter ses observations. Ainsi qu'il a été dit, il résulte de l'instruction que la requête a été communiquée au défendeur le 3 août 2023, les exigences de la contradiction ont pu être entièrement satisfaites à l'occasion de l'audience publique fixée le jeudi 17 août 2023. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que M. B a pu produire ses conclusions, réceptionnées et enregistrées au greffe du Tribunal le 11 août 2023, par l'application "Télérecours", par lesquelles il a demandé "de constater que l'agence des cinquante pas géométriques de la Guadeloupe n'a pas respecté la procédure de l'article L. 774-1 du code de justice administrative ; de déclarer la requête en référé irrecevable en l'état ; de débouter purement et simplement l'agence des cinquante pas géométriques de la Guadeloupe de toutes ses demandes ; de condamner cette dernière à lui verser la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.". Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée en défense, et tirée de la méconnaissance d'un délai suffisant pour la présentation d'observations en défense, doit être écartée.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : "En cas d'urgence et sur simple requête, qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision.". Aux termes de l'article L. 521-3-1 du même code : "La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-3 n'est pas requise en cas de requête relative à une occupation non autorisée de la zone des cinquante pas géométriques. / ().". Et aux termes de l'article L. 511-1 dudit code : "Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais.". Il résulte de ces dispositions que les mesures que le juge des référés peut ordonner, sur le fondement, notamment, de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ont nécessairement un caractère provisoire ou conservatoire.
4. Si le juge des référés tient de ces dispositions le pouvoir d'ordonner l'expulsion des occupants sans titre du domaine public, il lui appartient néanmoins de rechercher, préalablement, si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et ne se heurte à aucune contestation sérieuse, sauf lorsque la demande tend l'expulsion d'occupants sans titre d'une parcelle du domaine public provenant pour partie seulement de la zone des cinquante pas géométriques. En revanche, dans le cadre de l'application de l'article L. 521-3-1 du code de justice administrative, la condition d'utilité de la mesure demeure requise par l'article L. 521-3 du même code.
5. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 2132-3 du code général de la propriété des personnes publiques : "Nul ne peut bâtir sur le domaine public maritime ou y réaliser quelque aménagement ou quelque ouvrage que ce soit sous peine de leur démolition, de confiscation des matériaux et d'amende. / Nul ne peut en outre, sur ce domaine, procéder à des dépôts ou à des extractions, ni se livrer à des dégradations."./ Aux termes de l'article L. 2132-3-1 du même code : "Les installations ou les constructions non autorisées en cours de réalisation sur la zone des cinquante pas géométriques peuvent, sur autorisation administrative et après établissement d'un procès-verbal constatant l'état des lieux, faire l'objet d'une saisie des matériaux de construction en vue de leur destruction.". Et aux termes de l'article L. 2132-3-2 dudit code : "Toute atteinte à l'intégrité et à la conservation du domaine public ou de nature à compromettre son usage dans les espaces urbains et dans les secteurs occupés par une urbanisation diffuse de la zone dite des cinquante pas géométriques, est passible d'une amende de 150 € à 12 000 €. / Les contrevenants sont tenus de réparer toute atteinte et notamment de supporter les frais des mesures provisoires et urgentes que les personnes publiques compétentes ont dû prendre pour faire cesser le trouble apporté au domaine public par les infractions constatées. / L'atteinte peut être constatée par les agents des agences pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques commissionnés par leur directeur et assermentés devant le tribunal judiciaire, par les agents de l'État assermentés à cet effet devant le tribunal judiciaire ainsi que par les agents et officiers de police judiciaire. / Les directeurs des agences ont compétence pour saisir le tribunal administratif dans les conditions et suivant les procédures prévues par le code de justice administrative.". Enfin, les articles L. 5112-1 et L. 5112-2 du code général de la propriété des personnes publiques précisent, notamment, les modalités permettant la mise en œuvre du processus de régularisation des occupations sans titre dans la zone des cinquante pas géométriques ainsi que dans des zones définies et délimitées par lesdits articles.
6. Il résulte de l'instruction que M. B a reconnu être à l'origine de la nouvelle construction à proximité de la maison existante, dans la zone des cinquante pas géométriques. Il est constant que M. B n'a obtenu aucune autorisation pour effectuer ces travaux.
7. En premier lieu, la nouvelle construction, d'une surface approximative de 100 m², est en complète irrégularité avec le code général de la propriété des personnes publiques, dès lors qu'elle se situe sur le domaine public maritime qui constitue un milieu protégé. En conséquence, la condition d'utilité de la mesure d'expulsion sollicitée par l'Agence des cinquante pas géométriques, consistant à rétablir le lieu en son état antérieur et à libérer l'emplacement en cause, est fondée pour des raisons, notamment, de protection environnementale.
8. En second lieu, aux termes de l'article L. 774-2 du code de justice administrative : "Dans les dix jours qui suivent la rédaction d'un procès-verbal de contravention, le préfet fait faire au contrevenant notification de la copie du procès-verbal. / ().".
9. M. B fait valoir que le délai de dix jours pour lui notifier la copie du procès-verbal n'est pas établi par l'Agence en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 774-2 du code de justice administrative. Toutefois, en l'espèce, dans le cadre d'un référé-mesure utile, le moyen est inopérant. En tout état de cause, le délai de dix jours pour la notification des procès-verbaux de contravention n'est pas prescrit à peine de nullité. Ainsi, il résulte de l'instruction qu'un procès-verbal de contravention de grande voirie a été dressé le 16 mai 2023 à l'encontre de M. B pour la construction illégale d'une nouvelle bâtisse. Si la notification du procès-verbal n'est pas établie conformément aux termes de l'article
L. 774-2 précité, l'Agence a saisi le 2 août 2023 le Tribunal de conclusions, notamment, aux fins de condamnation de l'intéressé au paiement d'une amende et des frais de réparation du domaine public détérioré, mais également et principalement, ainsi qu'elle le rappelle au cours de l'audience, de conclusions aux fins de cessation des travaux de construction et de remise en état naturel du terrain. Ces conclusions ont été notifiées au contrevenant, qui a, par ailleurs, reçu un avis d'audience. Ainsi, à supposer que la notification du procès-verbal ne puisse être regardée comme ayant été effectuée, la procédure a été régularisée. Par suite, le moyen doit être écarté.
10. En dernier lieu, M. B fait valoir que la maison qu'il occupe avec sa famille est construite depuis fort longtemps et qu'il est droit d'obtenir la régularisation de sa construction actuelle. S'agissant de la construction existante, l'Agence fait valoir qu'elle ne fait pas l'objet de la procédure initiée et seule est poursuivie la nouvelle construction en cours d'édification à l'arrière de la maison bâtie et vendue à M. B par Mme C A. Si M. B fait valoir que la nouvelle construction fait l'objet d'un embranchement avec la bâtisse initiale, c'est-à-dire d'un agrandissement, il résulte de l'instruction, notamment des photographies du procès-verbal du 16 mai 2023, que la nouvelle édification, située sur le domaine public maritime, est totalement indépendante de la maison existante et n'est pas accolée à cette dernière. Dès lors que M. B occupe sans droit ni titre un emplacement dans la zone des cinquante pas géométriques, situé sur la parcelle AE n° 50, sise au lieu-dit Four à Chaux, sur la commune de Capesterre-Belle-Eau, la nouvelle construction ne peut être régularisée, ainsi que le précise l'Agence, et seule la maison existante, sous réserve qu'elle soit construite avant le 1er janvier 2010, peut faire l'objet d'une procédure de régularisation. En conséquence, la demande de cessation des travaux de construction de la nouvelle maison de M. B, fondée sur la situation d'occupant sans droit ni titre de cet emplacement, ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
11. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à M. B de cesser les travaux de construction de la nouvelle maison sans droit ni titre, située à l'arrière de celle existante, qu'il a acquise, d'en cesser toute occupation personnelle ou de tout occupant de son chef, de remettre la partie occupée par l'assiette de la nouvelle construction sur la parcelle AE n° 50 bâti n° 331, sise à Four à Chaux, sur la commune de Capesterre-Belle-Eau, en l'état antérieur et par sa remise en état naturel ainsi que le nettoyage du site occupé par cette partie de la parcelle concernée par la nouvelle construction, dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous peine d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai, sans qu'il soit besoin d'autoriser l'Agence à procéder d'office à la liquidation de cette astreinte. Ainsi qu'il a été dit au point 3, et malgré la demande de l'Agence, le juge des référés ne peut ordonner la démolition ou la destruction d'un ouvrage immobilier, en revanche, il est ordonné à M. B de démonter les éléments susceptibles de l'être dans la nouvelle construction. A défaut, l'Agence des cinquante pas géométriques pourra, à l'échéance du délai précité, procéder à la remise en état naturel de la partie de la parcelle concernée par la nouvelle construction ainsi qu'au nettoyage du site aux frais de M. B, avec, au besoin, le concours de la force publique. Il n'y a en revanche pas lieu de prononcer la condamnation de M. B à une amende de 12 000 euros en application de l'article L. 2132-3-2 du code général de la propriété des personnes publiques.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Il résulte des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, ou pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation.
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'agence des cinquante pas géométriques, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par l'agence des cinquante pas géométriques de Guadeloupe et non compris dans les dépens.
O R D O N N E
Article 1er : Il est enjoint à M. B de cesser les travaux construction de la nouvelle maison sans droit, ni titre située sur la parcelle AE n° 50 bâti n° 331, sise à Four à Chaux, sur la commune de Capesterre-Belle-Eau, de remettre la partie occupée par l'assiette de cette construction en l'état naturel antérieur par son nettoyage, de procéder au démontage des éléments pouvant en faire l'objet ou concourant à la nouvelle construction, dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sous peine d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai, et sans qu'il soit besoin d'autoriser l'Agence à procéder d'office à la liquidation de cette astreinte.
Article 2 : A défaut pour M. B de déférer à cette injonction à l'échéance du délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance, l'agence des cinquante pas géométriques de Guadeloupe pourra faire procéder à la remise en état naturel de la partie de la parcelle concernée par la nouvelle construction ainsi qu'à son nettoyage, aux frais de l'intéressé, avec, au besoin, le concours de la force publique.
Article 3 : Il est mis à la charge de M. B une somme de 1 000 euros à verser à l'agence des cinquante pas géométriques de Guadeloupe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de l'agence des cinquante pas géométriques de Guadeloupe est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B et à l'agence pour la mise en valeur des espaces urbains de la zone dite des cinquante pas géométriques de Guadeloupe.
Copie, pour information, en sera adressée, à la commune de Capesterre-Belle-Eau et au préfet de la Guadeloupe.
Fait à Basse-Terre, le 21 août 2023.
Le juge des référés,
signé
P. Sabatier-RaffinLe greffier,
signé
A. Cétol
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
L'adjointe à la greffière en chef
Signé
A. Cétol