mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| Section | Tribunal Administratif de la Guadeloupe |
| N° Dossier | TA105-2401372 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 octobre 2024, M. B A, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français sans délai prise le 10 octobre 2024 par le préfet de la Guadeloupe, et des décisions afférentes ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de réexaminer sa situation ;
3°) en cas d'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, d'enjoindre au préfet de la Guadeloupe de mettre en œuvre son retour en Guadeloupe ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'urgence est présumée dès lors que la mesure d'éloignement litigieuse peut être exécutée d'office à tout moment ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à mener une vie privée et familiale, protégé par les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990, et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il vit en Guadeloupe depuis 2019, est père d'un enfant de 13 ans vivant dans un foyer pour lequel il dispose d'un droit de visite par mois, qu'il vit en couple avec une personne avec laquelle il a eu un enfant âgé de 3 ans ; qu'il est artiste photographe et vit de son art.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1.Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. M. B A, ressortissante américain né 30 octobre 1972 à Connecticut, demande de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français sans délai prise le 10 octobre 2024 par le préfet de la Guadeloupe.
3. En se bornant à soutenir qu'il vit en Guadeloupe depuis 2019, est père d'un enfant de 13 ans vivant dans un foyer pour lequel il dispose d'un droit de visite par mois, qu'il vit en couple avec une personne avec laquelle il a eu un enfant âgé de 3 ans, sans au demeurant établir qu'il participe à l'entretien et l'éducation de cet enfant, ni même qu'il dispose de revenus suffisants pour vivre en France, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées méconnaîtraient les dispositions des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Aucun des moyens invoqués par M. A, tels qu'énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît, en l'état de l'instruction, de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées. Il y a lieu en conséquence, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, de rejeter la requête de M. A en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie au préfet de la Guadeloupe.
Fait à Basse-Terre le 15 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
J-L. SANTONI
La République mande et ordonne au préfet de la Guadeloupe en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
L'adjointe de la greffière en chef
Signé
A. Cétol