jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2201628 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN&ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et quatre mémoires, enregistrés le 14 et le 30 novembre 2022, le
16 janvier 2023, le 15 janvier 2024 et le 5 août 2024, la SCI Upway, d'abord représentée par
Me Fettler puis par Me Taoumi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2022 par laquelle l'Établissement Public Foncier et d'Aménagement de la Guyane a décidé d'exercer son droit de préemption sur les parcelles AK540 et AK1019 situées avenue Gaston Monnerville, route de Saint-Laurent à
Saint-Laurent du Maroni, la lettre du 19 juillet 2022 de la même autorité notifiant cette décision ainsi que la décision implicite rejetant le recours gracieux contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Établissement Public Foncier et d'Aménagement de la Guyane la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision du 18 juillet 2022 a été prise par une autorité incompétente car la délibération du conseil d'administration de l'EPFAG du 23 juin 2022 donnant délégation au directeur général de l'EPFAG pour exercer le droit de préemption d'un bien immobilier n'a été ni publiée ni transmise au contrôle de légalité ;
- cette décision n'est pas motivée ;
- elle est entachée de vice de procédure dès lors que l'avis du service des domaines a été requis avant même la réception de la DIA du 30 juin 2022 ;
- elle méconnaît les disposions de l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme car elle a été édictée plus de deux mois après la réception de la première DIA, le 10 mai 2022 et ne lui a pas été notifiée dans ce même délai ;
- elle ne mentionne pas le prix d'achat proposé par l'EPFAG et ne précise pas le projet justifiant la préemption litigieuse.
- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 213-2 et R. 213-7 du code de l'urbanisme car elle est intervenue plus de deux mois après la réception, le
10 mai 2022, de la déclaration d'intention d'aliéner.
Par trois mémoires en défense, enregistrés le 10, le 25 janvier 2023 et le
1er février 2024, l'Établissement Public Foncier et d'Aménagement de la Guyane, représenté par Me Lherminier, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce qu'il soit mis à la charge de
la société Upway la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par un courrier du 3 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions dirigées contre le courrier de notification du 19 juillet 2022 seraient irrecevables, ce courrier ne caractérisant pas une décision faisant grief susceptible de recours en excès de pouvoir.
Par des observations enregistrées le 4 septembre 2024, la société Upway, représentée par Me Taoumi, a répondu à ce moyen d'ordre public et ses observations ont été communiquées.
Une note en délibéré présentée pour la société Upway par Me Taoumi a été enregistrée le 4 octobre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n°2018-784 du 11 septembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schor,
- les conclusions de M. Gillmann, rapporteur public,
- et les observations de Me Taoumi, représentant la société Upway, et de Me Page, représentant l'Établissement Public Foncier et d'Aménagement de la Guyane.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a souhaité vendre les parcelles AK540 et AK1019 situées avenue Gaston Monnerville, route de Saint-Laurent à Saint-Laurent du Maroni. Par une première déclaration d'intention d'aliéner (DIA) reçue par la commune de Saint-Laurent du Maroni le 10 mai 2022, puis par une seconde déclaration d'intention d'aliéner reçue par la commune le 30 juin 2022, la notaire de Mme A a informé la commune de Saint-Laurent du Maroni qu'elle entendait céder ces parcelles à la SCI Upway. Par une décision du 18 juillet 2022, l'Établissement Public Foncier et d'Aménagement de la Guyane (EPFAG) a décidé d'exercer le droit de préemption sur ces parcelles. Par la présente requête, la société Upway demande au tribunal d'annuler cette décision du 18 juillet 2022, le courrier de notification du 19 juillet 2022 de cette décision ainsi que la décision implicite par laquelle l'EPFAG a rejeté son recours gracieux contre la décision du
18 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation du courrier du 19 juillet 2022 :
2. Le courrier de notification de la décision du 18 juillet 2022 est rédigé en ces termes : " Je vous prie de trouver ci-joint la copie du courrier que l'EPFA Guyane vient d'adresser à Maître Annette-Ouiquely notaire chez Maître BRAVO. ". Ce courrier est donc une simple lettre d'accompagnement et ne comporte aucune décision. Par suite, les conclusions dirigées contre ce courrier, qui ne constitue pas une décision faisant grief, sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les autres conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, en vertu des articles 1er et 2 du décret du 11 septembre 2018 portant création d'une zone d'aménagement différé sur les communes de Cayenne, Rémire-Montjoly, Matoury, Macouria, Kourou, Mana et Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane), une zone d'aménagement différé (ZAD) a été créée notamment à Saint-Laurent-du-Maroni et l'Établissement public foncier et d'aménagement de Guyane (EPFAG) y a été désigné comme titulaire du droit de préemption. Aux termes de l'article R. 321-18 du code de l'urbanisme : " I. Les délibérations du conseil d'administration et du bureau des établissements publics fonciers de l'Etat et des établissements publics d'aménagement relatives aux prévisions budgétaires, aux emprunts, aux opérations à entreprendre, aux créations de filiales, aux acquisitions de participations, aux procédures de transaction, à l'exercice du droit de préemption ou de priorité ainsi que les décisions du directeur général prises pour l'exercice de ce droit sont transmises au préfet compétent et sont soumises à son approbation. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 18 juillet 2022 portant préemption des biens litigieux a été signée par le directeur général de l'EPFAG. Alors que les certificats de publication et d'affichage font foi jusqu'à preuve du contraire, la délibération du
23 juin 2022 du conseil d'administration de l'EPFAG donnant délégation à ce directeur général pour exercer le droit de préemption d'un bien immobilier sur le territoire concerné de la ZAD a quant à elle, selon certificats du directeur général du 30 novembre 2022, été publiée au recueil de l'EPFAG le 24 juin 2022 et sur son site internet, affichée du 24 juin 2022 au 24 août 2022 et elle a été par ailleurs expressément approuvée par le préfet de la région Guyane. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de son auteur manque en fait et doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau et à permettre l'adaptation des territoires au recul du trait de côte, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. () ". La décision du 18 juillet 2022 vise les textes applicables et se fonde sur les circonstances que les parcelles se trouvent dans le périmètre d'une Opération d'Intérêt National et de la ZAD, qu'il convient d'y préserver la possibilité d'un aménagement cohérent, en particulier avec le projet de lotissement du secteur Montoute sur la parcelle AK1464, que l'EPFAG est déjà propriétaire de 49 055 m2 et qu'il entend constituer une réserve foncière pour réaliser l'opération Malgaches-Paradis. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation manque en fait et doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 213-21 du code de l'urbanisme : " Le titulaire du droit de préemption doit recueillir l'avis du service des domaines sur le prix de l'immeuble dont il envisage de faire l'acquisition dès lors que le prix ou l'estimation figurant dans la déclaration d'intention d'aliéner ou que le prix que le titulaire envisage de proposer excède le montant fixé par l'arrêté du ministre chargé du domaine prévu à l'article R. 1211-2 du code général de la propriété des personnes publiques. / Dans les zones d'aménagement différé les périmètres provisoires de zone d'aménagement différé et dans les secteurs ayant fait l'objet de la délibération prévue par le dernier alinéa de l'article L. 211-4, le directeur départemental ou, le cas échéant, régional des finances publiques doit être consulté, quel que soit le prix figurant dans la déclaration d'intention d'aliéner. / L'avis du directeur départemental ou, le cas échéant, régional des finances publiques doit être formulé dans le délai d'un mois à compter de la date de réception de la demande d'avis. Passé ce délai, il peut être procédé librement à l'acquisition. ".
7. La consultation du service des domaines préalablement à l'exercice du droit de préemption par le titulaire de ce droit constitue une garantie tant pour ce dernier que pour l'auteur de la déclaration d'intention d'aliéner. Il ressort des pièces du dossier que l'avis émis le
23 juin 2022 par le service des domaines a été rendu seulement quelques jours avant le
30 juin 2022, date de réception de la seconde DIA portant sur les mêmes parcelles dans les mêmes conditions que la première DIA adressée par la notaire de Mme A, reçue par la commune de Saint-Laurent-du-Maroni le 10 mai 2022. Dans les circonstances de l'espèce, les conditions de la consultation préalable du service des domaines avant réception de la seconde DIA n'ont pas été de nature à priver le titulaire du droit de préemption, l'auteure de la déclaration d'intention d'aliéner ni même l'acquéreur évincé de la garantie liée à une estimation indépendante, précise et actuelle de la valeur du bien, et n'ont pas eu d'influence sur le sens de la décision prise. Par suite, le moyen tiré du vice de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 213-21 du code de l'urbanisme doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme : " () Le titulaire du droit de préemption peut, dans le délai de deux mois prévu au troisième alinéa du présent article, adresser au propriétaire une demande unique de communication des documents permettant d'apprécier la consistance et l'état de l'immeuble, ainsi que, le cas échéant, la situation sociale, financière et patrimoniale de la société civile immobilière. (). Le silence du titulaire du droit de préemption pendant deux mois à compter de la réception de la déclaration mentionnée au premier alinéa vaut renonciation à l'exercice du droit de préemption. () ". Aux termes de l'article R. 213-7 du code de l'urbanisme : " I. Le silence gardé par le titulaire du droit de préemption dans le délai de deux mois qui lui est imparti par l'article L. 213-2 vaut renonciation à l'exercice de ce droit. / Ce délai court à compter de la date de l'avis de réception postal du premier des accusés de réception ou d'enregistrement délivré en application des articles L. 112-11 et L. 112-12 du code des relations entre le public et l'administration, ou de la décharge de la déclaration faite en application de l'article R. 213-5. ". Par ailleurs, la réception d'une déclaration d'intention d'aliéner ouvre à l'autorité titulaire du droit de préemption mentionné à l'article L. 213-1 du code de l'urbanisme la possibilité d'exercer légalement ce droit, alors même, sauf lorsque le code de l'urbanisme en dispose autrement, qu'elle aurait renoncé à en faire usage à la réception d'une précédente déclaration d'intention d'aliéner du même propriétaire portant sur la vente du même immeuble aux mêmes conditions.
9. Il ressort des pièces du dossier que la notaire de Mme A a adressé à la commune de Saint-Laurent du Maroni une première DIA portant que les biens litigieux, Mme A ayant l'intention de les céder à la SCI Upway pour un prix de 1 430 000 euros. La commune a réceptionné cette première DIA le 10 mai 2022. Puis, le 28 juin 2022, la notaire de Mme A a adressé à la commune une seconde DIA portant sur la même cession des mêmes parcelles au même prix, mais corrigeant une erreur commise dans la première DIA, dans laquelle était cochée à tort dans la colonne de droite de la première rubrique en-tête que le bien faisait simplement l'objet d'un droit de préemption urbain alors qu'il était également compris dans une ZAD et ne faisait pas seulement l'objet d'un simple droit de préemption urbain. Cette seconde DIA a été reçue le 30 juin 2022. La SCI Upway soutient mais n'établit par aucun élément que cette seconde DIA n'a été adressée par la notaire de Mme A que pour répondre à une demande de l'EPFAG. Ainsi, la SCI requérante ne produit ni demande écrite en ce sens de l'EPFAG ni autre élément permettant d'établir une demande verbale le cas échéant. Dans ces conditions, la notaire de Mme A ne peut qu'être regardée comme ayant adressé spontanément cette seconde DIA. En outre, si la réception de la décision par le propriétaire intéressé et le représentant de l'Etat dans le délai de deux mois, à la suite respectivement de sa notification et de sa transmission, constitue une condition de la légalité de la décision de préemption, il n'en va pas de même des conditions de sa notification à l'acquéreur évincé, qui sont pour leur part sans incidence sur la légalité de cette décision. Par suite, et alors que la réception d'une déclaration d'intention d'aliéner ouvre à l'autorité titulaire du droit de préemption la possibilité d'exercer légalement ce droit durant deux mois, la réception de la seconde DIA le 30 juin 2022 a ouvert à l'autorité titulaire du droit de préemption un nouveau délai de deux mois à compter de cette date, soit jusqu'au 30 août 2022 pour décider de préempter les parcelles litigieuses. Dès lors, la décision du 18 juillet 2022, comprise dans ce nouveau délai, ne méconnaît pas les dispositions précitées de l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme et le moyen doit être écarté.
10. En cinquième lieu, contrairement à ce que soutient la société Upway, la décision du
18 juillet 2022 mentionne le prix d'acquisition proposé par l'EPFAG, 800 000 euros. Dès lors, le moyen manque en fait et le moyen doit être écarté.
11. En dernier lieu, aux termes des premier et troisième alinéas de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau et à permettre l'adaptation des territoires au recul du trait de côte, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. / () / Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé. Toutefois, lorsque le droit de préemption est exercé à des fins de réserves foncières dans le cadre d'une zone d'aménagement différé, la décision peut se référer aux motivations générales mentionnées dans l'acte créant la zone. ". Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'une collectivité exerce dans une zone d'aménagement différé le droit de préemption dont elle est titulaire à des fins de constitution de réserves foncières en se référant aux motivations générales de l'acte qui crée cette zone, elle n'a pas à justifier de la réalité d'un projet d'action ou d'opération d'aménagement à la date de sa décision.
12. La décision du 18 juillet 2022, qui se fonde sur les circonstances que le bien est dans le périmètre de la ZAD, qu'il convient d'y préserver la possibilité d'un aménagement cohérent conformément aux objectifs de la ZAD et d'articuler l'aménagement de ce secteur avec les projets portés par l'Opération d'Intérêt National dans le périmètre Malgaches-Paradis en vue d'un aménagement global durable du secteur dénommé Tarcy, et plus particulièrement avec le projet de lotissement du secteur Montoute sur la parcelle AK1464, et que l'EPFAG entend constituer une réserve foncière pour réaliser l'opération Malgaches-Paradis, indique de façon suffisante l'objet pour lequel le droit de préemption litigieux est exercé et le moyen doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de la société Upway doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête de
la société Upway, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'EPFAG, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la société Upway au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société Upway une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par l'EPFAG et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Upway est rejetée.
Article 2 : La société Upway versera à l'Établissement Public Foncier et d'Aménagement de la Guyane une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Upway et à l'Établissement Public Foncier et d'Aménagement de la Guyane.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rolin, présidente,
Mme Lacau, première conseillère,
Mme Schor, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 24 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
E. SCHOR
La présidente,
Signé
E. ROLIN
La greffière,
Signé
R. DELMESTRE-GALPE
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR