jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2400561 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | PIALOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 avril 2024, M. B A, représenté par Me PIALOU Aurélie, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension des effets de l'arrêté préfectoral du 26 avril 2024 notifié le même jour portant interdiction d'embarquer à bord d'un aéronef au départ de l'aéroport de Félix Eboué (commune de Matoury) à l'encontre de Monsieur A B, afin de lui permettre d'embarquer sur son vol retour ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2.000 euros à verser à la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- La condition d'urgence est remplie dès lors qu'il est toujours sous le coup de l'interdiction d'embarquer qu'il a reçue le 26 avril 2024 ;
- Il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à l'exercice de sa liberté d'aller et venir ;
- Le préfet ne produit ne produit aucun élément relatif aux contrôles proprement dits engagés le 26 avril 2024, au choix des personnes contrôlées, au mode opératoire utilisé, à la procédure suivie en ce qui le concerne, au procès-verbal éventuellement établi le concernant. De plus, l'arrêté litigieux ne précise aucunement la méthode appliquée par les services de police pour déterminer le risque que tel passager transporte des produits stupéfiants ;
- Il conteste fermement les allégations du préfet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 avril 2024, le préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer.
Le préfet fait valoir avoir pris le 30 avril 2024 un arrêté portant abrogation de la décision litigieuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Mayen, greffière d'audience, M. Guiserix a lu son rapport et entendu :
- le rapport de M. Guiserix, juge des référés,
- les observations de Me Pialou pour M. A,
- les observations de M. C pour le préfet de la Guyane.
La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. B A demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension en toutes ses dispositions de l'arrêté du 26 avril 2024 du préfet de la Guyane portant interdiction d'embarquer à bord d'un aéronef au départ de l'aéroport Félix Eboué.
2. Par un arrêté du 30 avril 2024, le préfet de la Guyane a abrogé la mesure portant interdiction d'embarquer précitée. Dans ces conditions, les conclusions de M. A tendant à la suspension de l'exécution de cette décision sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à verser à M. A.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 avril 2024 portant interdiction d'embarquer à bord d'un aéronef au départ de l'aéroport Félix Eboué.
Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 900 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 2 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé
O. Guiserix
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
L. MAYEN