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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2400651

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2400651

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2400651
TypeDécision
Avocat requérantSCP CHONG-SIT ET DOUTRELONG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mai 2024, M. D A, représenté par la

Scp chong-sit et doutrelong , demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 11 mars 2024 du recteur de l'académie de la Guyane par laquelle il a été suspendu pour une durée de quatre mois, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- La condition d'urgence est remplie ;

- Il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- La décision est mal fondée, les accusations dont il fait l'objet sont mensongères ;

- Il est porté atteinte à la présomption d'innocence.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mai 2024, le Recteur de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition d'urgence n'est pas remplie et qu'aucun des moyens n'est fondé

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2400650 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code général de la fonction publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Nicanor, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu Me Doutrelong, pour M. A et M. B pour le recteur de l'académie de la Guyane.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience

Considérant ce qui suit :

1. M. D A est professeur titulaire certifié de classe normale, affecté au lycée polyvalent Lumina Sophie de Saint-Laurent du Maroni où il exerce les fonctions de directeur délégué à la formation professionnelle et technologique (DDFPT). Par une décision du

11 mars 2024 le recteur de l'académie de la Guyane l'a suspendu de ses fonctions pour une durée de quatre mois. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l'argumentation des parties, l'ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d'urgence.

4. Aux termes de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire, auteur d'une faute grave, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois ".

5. L'arrêté de suspension litigieux maintient, en application des dispositions citées au point précédent, son traitement, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Cet arrêté, qui a été pris à la suite d'un signalement le 5 mars 2024 du parquet des mineurs de l'ouverture d'une enquête à l'encontre de cet enseignant, n'a ni un caractère disciplinaire ni pour finalité de préjudicier à la carrière du requérant mais a comme seule portée de l'écarter temporairement du service aux fins de préserver le bon fonctionnement de l'établissement et de permettre l'établissement contradictoire des faits.

6. A l'exception de l'allégation selon laquelle l'accusation dont il fait injustement l'objet a eu pour effet de le priver de son admission au concours Perdir 2024, mais qu'il n'établit toutefois pas, M. A ne fait état d'aucun élément circonstancié et précis de nature à démontrer que l'intervention de la mesure de suspension qu'il conteste a préjudicié de manière grave et immédiate à sa situation. Aucun élément avancé par le requérant ne caractérise en soi une situation d'urgence au sens des dispositions citées au point 2. Dans ces conditions, la condition d'urgence ne peut être regardée comme satisfaite. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles présentées à fin d'injonction et au titre des frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A et au Recteur de la Guyane.

Fait à Cayenne, le 4 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

O. C

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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