LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2400652

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2400652

mardi 4 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2400652
TypeDécision
Avocat requérantCHARLOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 et le 28 mai 2024, M. D A, représenté par Mme la bâtonnière Charlot, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 4 avril 2024 par lequel le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer une carte de résident, a refusé de renouveler sa carte de séjour pluriannuelle, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation dans un délai de

15 jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation administrative dans un délai de 15 jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'urgence est présumée ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée, en raison de :

- l'incompétence du signataire de l'acte ;

- l'insuffisance de sa motivation ;

- un défaut d'examen approfondi de sa situation ;

-la méconnaissance des dispositions des articles L.314-10 10° et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour de étrangers et du droit d'asile ;

-la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale, l'intéressé résidant notamment en France depuis plus de 24 ans et ses deux enfants de nationalité française étant scolarisés à Kourou et a un projet professionnel dans lequel il est impliqué ;

- enfin, la décision portant OQTF et fixant le pays de renvoi méconnaissent l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mai 2024, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le numéro 2400583 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Nicanor, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu : les observations de Me Jouneaux, pour

M. A, et de M. C pour le préfet de la Guyane.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte du premier alinéa de l'article L.521-1 du code de justice administrative que lorsque, comme en l'espèce, une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Sur le fondement de ces dispositions, M. A, ressortissant haïtien, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de la Guyane du 4 avril 2024 rejetant sa demande de titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français

2. Alors que l'urgence doit, en principe, être constatée en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour, le préfet de la Guyane ne fait état d'aucune circonstance particulière de nature à faire échec à cette présomption.

3. Né le 9 janvier 1988 à Sipaliwini (Surinam), M. A, de nationalité surinamaise) est entré en France en juillet 1999, à l'âge de 11 ans. L'intéressé est père de deux enfants de nationalité française. Bénéficiaire d'un titre de séjour, il a sollicité en novembre 2023 le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Le préfet de la Guyane relève que M. A est connu de la justice et qu'il a fait l'objet de multiples arrestations en 2022 pour des faits de menace de morts réitérés et vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas 8 jours et que cette situation constitue une menace pour l'ordre public.

5. Toutefois, d'une part, le préfet de la Guyane ne s'appuie sur aucune condamnation à l'exception d'une condamnation prononcée en 2015, antérieure à la délivrance du titre pour lequel il demande le renouvellement, les éléments produits tirés d'une simple inscription au TAJ, ne suffisent pas à faire regarder la présence de M. A sur le territoire français comme constituant actuellement une menace pour l'ordre public. D'autre part, compte tenu notamment du jeune âge, à savoir 11 ans, auquel M. A est entré en France, de la circonstance qu'il réside sur le territoire depuis plus de 24 ans, qu'il exerce une activité agricole reconnue et de ses attaches en Guyane où résident ses deux enfants pour lesquels il est attesté par la mère qu'il assure l'entretien et l'éducation, le moyens tiré de l'atteinte excessive à son droit à la vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision.

6. Les deux conditions prévues par l'article L.521-1 du code de justice administrative étant réunies, M. A est fondé à demander la suspension de l'exécution de la décision attaquée, jusqu'à ce qu'il ait été statué au principal.

7. L'exécution de la présente ordonnance implique nécessairement la délivrance à

M. A d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler valable jusqu'à ce qu'il ait été statué au fond. Il y a lieu, en l'espèce, d'enjoindre au préfet de la Guyane de délivrer ce récépissé dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

8. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à payer à M. A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du préfet de la Guyane du 4 avril 2024 rejetant la demande de titre de séjour de M. A et lui faisant obligation de quitter le territoire français, est suspendue jusqu'à ce qu'il ait été statué au principal.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de délivrer à M. A, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente décision, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, valable jusqu'à ce qu'il ait été statué au fond.

Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 900 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 4 juin 2024.

Le juge des référés

Signé

O. B

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

← Retour aux décisions