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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2400685

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2400685

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2400685
TypeDécision
Avocat requérantBALIMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 mai 2024, M. B A, représenté par Me Balima, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet de la Guyane sur sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler, dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Guyane à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jours de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant cet examen et jusqu'à la prise d'une nouvelle décision ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser au titre des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- il y a un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait également les stipulations des articles 3-1, 9-1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ainsi que celles de l'article 24 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juin 2024, le préfet de la Guyane conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête et, en tout état de cause au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Par une décision du 12 mars 2024, M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond n° 2400684.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Prosper, greffière d'audience le rapport de M. Guiserix, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été fixée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 12 mars 2024. Ainsi, ses conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur la recevabilité de la requête :

2. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. En outre, le refus d'enregistrer une demande tendant à l'octroi d'un titre de séjour, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir, sauf à ce que le requérant justifie du caractère complet du dossier déposé auprès des services préfectoraux.

3. Il résulte de l'instruction et notamment du mémoire en défense, que la demande de renouvellement du titre de séjour de M. A déposée le 31 octobre 2021, a été classée sans suite le 12 décembre 2022 au motif que son dossier de demande n'était pas complet.

4. En effet, M. A a déposé une demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il s'est vu remettre lors de son rendez-vous en préfecture une notice l'informant des pièces à fournir et qu'il devait ainsi produire un certificat médical à faire remplir par un médecin traitant. Le requérant qui ne justifie pas avoir sollicité le séjour sur un autre fondement, n'établit ni même n'allègue avoir transmis le certificat médical nécessaire à l'instruction de son dossier. Dans ces conditions, en l'absence de transmission à la préfecture d'un certificat médical rempli par son médecin traitant ou un médecin praticien hospitalier inscrit au tableau de l'ordre à l'appui de sa demande de titre de séjour étranger malade, la demande de renouvellement présentée par M. A ne pouvait faire l'objet d'une instruction. Par suite, la requête tendant à la suspension de l'exécution de ce que M. A présente comme un refus de renouvellement de titre de séjour est manifestement irrecevable.

5. Il résulte de tout ce qui précède que, les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 18 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

O. GUISERIX

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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