vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2400703 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 mai 2024, Mme D B et M. C A, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 avril 2024 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées (MPDH) de la Guyane a refusé de leur délivrer une carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention " stationnement " ;
2°) d'annuler la décision du 12 avril 2024 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées (MPDH) de la Guyane a refusé de leur délivrer une carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention " invalidité " ou " priorité " ;
3°) d'annuler la décision du 12 avril 2024 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de la Guyane a refusé de leur accorder une allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) ;
4°) d'annuler la décision du 12 avril 2024 par laquelle la maison départementale des personnes handicapées (MPDH) de la Guyane a refusé de leur accorder une prestation de compensation du handicap.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en sens () ".
2. Aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. ". Aux termes de l'article R. 611-8-6 du même code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai (). ".
Sur la compétence de la juridiction administrative :
3. D'une part, aux termes de l'article 32 du décret n° 2015-233 du 27 février 2015 relatif au Tribunal des conflits et aux questions préjudicielles : " Lorsqu'une juridiction de l'ordre judiciaire ou de l'ordre administratif décline la compétence de l'ordre de juridiction auquel elle appartient au motif que le litige ne ressortit pas à cet ordre, elle renvoie les parties à saisir la juridiction compétente de l'autre ordre de juridiction. Toutefois, lorsque la juridiction est saisie d'un contentieux relatif à l'admission à l'aide sociale tel que défini par le code de l'action sociale et des familles ou par le code de la sécurité sociale, elle transmet le dossier de la procédure, sans préjuger de la recevabilité de la demande, à la juridiction de l'autre ordre de juridiction qu'elle estime compétente par une ordonnance qui n'est susceptible d'aucun recours. ".
4. Aux termes de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire : " Des tribunaux judiciaires spécialement désignés connaissent : 1° Des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, à l'exception de ceux mentionnés au 7° du même article L. 142-1 () ".
5. Il résulte de ces dispositions que les litiges relatifs aux prestations familiales, relèvent du contentieux de la sécurité sociale défini à cet article L. 142-1 du code de la sécurité sociale, dont il appartient à la juridiction judiciaire, et en son sein le tribunal judiciaire, spécialement désigné en application des articles L. 211-16 et D. 211-10-3 du code de l'organisation judiciaire, en l'espèce le tribunal judiciaire de Cayenne, de connaître de telles conclusions.
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : () 9° Aux décisions du président du conseil départemental mentionnées à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles relatives aux mentions " invalidité " et " priorité " ". Selon l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " () V bis - Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge judiciaire lorsque la demande concerne la mention " invalidité " ou " priorité " de la carte / () " Aux termes de l'article L. 241-6 du même code : " I. La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : () 3° Apprécier : a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution, () pour l'adulte, () de la carte " mobilité inclusion " mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code ; () ". Enfin, en vertu de l'article L. 241-9 de ce code, les décisions prises en application, notamment, du 3° du I de l'article L. 241-6 " peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires () ".
7. Par leur requête, Mme B et M. A contestent également les décisions par lesquelles la maison départementale des personnes handicapées de la Guyane a refusé, d'une part la délivrance au bénéfice de leur fils mineur, d'une carte de mobilité inclusion portant la mention " invalidité " ou " priorité " et d'autre part, l'attribution à son profit, d'une allocation d'éducation de l'enfant handicapé (AEEH) et d'une prestation de compensation du handicap (PCH). Il résulte toutefois des dispositions citées aux points 3 et 4 que les contestations relatives à l'attribution de ces prestations et à la délivrance d'une carte de mobilité inclusion portant la mention " invalidité " ou " priorité ", relèvent de la seule compétence des juridictions de l'ordre judiciaire. La présente requête doit, dès lors, être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction manifestement incompétent pour en connaître en application des dispositions précitées du 2° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative et, par application de l'article 32 du décret du 27 février 2015 susvisé, de transmettre la requête de Mme B et de M. A au tribunal judiciaire de Cayenne.
Sur les conclusions relatives à la carte mobilité inclusion (CMI) portant la mention " stationnement " :
8. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " () Les décisions prises par le président du conseil départemental sur le fondement du présent article peuvent faire l'objet d'un recours devant le juge administratif lorsque la demande concerne la mention " stationnement " de la carte () ". Aux termes de l'article R. 241-17-1 du même code : " Le recours préalable obligatoire formé contre une décision relative à la carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est formé, par tout moyen lui conférant date certaine, devant le président du conseil départemental. () ". Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".
9. Il résulte de ces dispositions que la personne qui entend contester une décision relative à la carte mobilité inclusion portant mention " stationnement " doit obligatoirement, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant l'autorité compétente. Seule la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire est susceptible d'être déférée devant le tribunal, en ce qu'elle se substitue à la décision initiale.
10. Les conclusions de la requête de Mme B et M. A contestant la décision de la maison départementale des personnes handicapées de la Guyane refusant de leur délivrer une carte de mobilité inclusion mention stationnement, devaient obligatoirement être précédées d'un recours administratif devant le président de la Collectivité territoriale de la Guyane. En dépit de la demande de régularisation qui leur a été adressée le 26 juin 2024 au moyen de l'application " Télérecours ", Mme B et M. A n'ont pas, dans le délai de quinze jours qui leurs étaient imparti, justifié avoir exercé, avant de saisir le tribunal de leur demande contentieuse, un recours administratif conformément aux dispositions de l'article R. 241-17-1 du code de l'action sociale et des familles. Par suite, il y a lieu de rejeter ces conclusions, manifestement irrecevables, sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B et de M. A est, en tant la délivrance d'une carte de mobilité inclusion portant la mention " invalidité " ou " priorité ", l'attribution d'une allocation d'éducation de l'enfant handicapé et d'une prestation de compensation du handicap, rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La requête de Mme B et de M. A est, dans cette mesure, renvoyée au tribunal judiciaire de Cayenne.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B et M. C A.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024
La vice-présidente,
Signé
E. ROLIN
La République mande et ordonne au ministre la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. PAUILLAC