mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2400726 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 mai 2024 et 13 juin 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 3 avril 2024 par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté sa demande de réintégration dans ses fonctions à compter du 20 février 2024 sans consultation préalable du conseil médical départemental de Guyane ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, de prononcer sa réintégration, à titre provisoire, dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, de rétablir, à titre provisoire, le versement d'un plein traitement dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, de le convoquer chez un médecin agréé et de consulter le conseil médical de Guyane pour émettre un avis sur son aptitude physique à occuper ses précédentes fonctions à compter du 20 février 2024, dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir ;
5°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Guyane, de réexaminer sa situation et de le placer, le cas échéant et à titre conservatoire, dans une position statutaire régulière, dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir ;
6°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Guyane, de rétablir un traitement en adéquation avec sa situation administrative, à titre provisoire et sous réserve de régularisation, dans l'attente de la décision statuant au fond sur la légalité de la décision en litige, dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir.
M. A soutient que :
Sur l'urgence :
- il se trouve dans une situation précaire dès lors qu'il ne perçoit plus aucun traitement ni allocation alors qu'il doit supporter d'importantes charges financières ;
Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'à l'expiration de sa dernière période de disponibilité, le conseil médical n'a pas été consulté et que cette décision l'a privé d'une garantie méconnaissant ainsi les dispositions des articles 7, et 48 du décret du 14 mars 1986 ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'administration a méconnu son obligation de placer un fonctionnaire dans une situation statutaire régulière ;
- son refus de ne pas opter pour un placement en période de préparation au reclassement ne saurait constituer un obstacle à la mise en œuvre de la procédure de reclassement ;
- l'administration a manqué à son obligation de reclassement dès lors qu'aucune proposition de poste ne lui a été adressée à ce jour ;
- l'administration n'a pas respecté le délai raisonnable pour mettre en œuvre une procédure de reclassement ;
- ses droits au bénéfice d'une disponibilité d'office pour raison de santé pour une quatrième et dernière année ne sont pas épuisés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond n° 2400424 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, gardien de la paix affecté au service territorial de la police aux frontières de Saint-Laurent du Maroni, a été placé par arrêté du 5 mars 2018 en disponibilité d'office pour raison de santé, ce placement ayant été prolongé par arrêtés du 24 mars 2023. Par la présente requête, M. A demande notamment au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 avril 2024 par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté sa demande de réintégration dans ses fonctions à compter du 20 février 2024 sans consultation préalable du conseil médical départemental de Guyane.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision [] ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Au soutien de sa demande de suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de la Guyane a rejeté sa demande de réintégration dans ses fonctions à compter du 20 février 2024 sans consultation préalable du conseil médical départemental de Guyane, M. A fait valoir que la décision est entachée d'un défaut de motivation, que la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'à l'expiration de sa dernière période de disponibilité, le conseil médical n'a pas été consulté et que cette décision l'a privé d'une garantie, méconnaissant ainsi les dispositions des articles 7, et 48 du décret du 14 mars 1986. Il soutient également que la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'administration a méconnu son obligation de placer un fonctionnaire dans une situation statutaire régulière et que son refus de ne pas opter pour un placement en période de préparation au reclassement ne saurait constituer un obstacle à la mise en œuvre de la procédure de reclassement. M. A fait également valoir que l'administration a manqué à son obligation de reclassement dès lors qu'aucune proposition de poste ne lui a été adressée à ce jour et qu'elle n'a pas respecté le délai raisonnable pour mettre en œuvre une procédure de reclassement. Enfin, il soutient que ses droits au bénéfice d'une disponibilité d'office pour raison de santé pour une quatrième et dernière année ne sont pas épuisés.
4. Toutefois, il résulte de l'instruction que, d'une part, le 23 juin 2022, le conseil médical départemental a constaté l'inaptitude totale et définitive aux fonctions de policier actif ou à toutes fonctions dans la police nationale et émis un avis favorable à son reclassement professionnel sur un poste administratif ou technique en excluant toute fonction dans la police nationale. D'autre part, il est constant que l'intéressé n'a pas signé la convention pour la mise en œuvre de la période préparatoire au reclassement le concernant et qu'il n'a pas, à ce jour, donné suite aux deux offres de reclassement qui lui ont été proposées le 31 janvier 2024
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A apparaît manifestement mal fondée. Il y a lieu, par conséquent, de la rejeter en faisant application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie pour information sera adressée au préfet de la Guyane et au secrétariat général pour l'administration de la police nationale de Guyane.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. PAUILLAC