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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2400753

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2400753

mardi 18 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2400753
TypeOrdonnance

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 juin 2024, M. B A demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 3 avril 2024 par laquelle le préfet de la Guyane a cessé de lui verser un demi-traitement à compter à compter du 20 février 2024 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jours de retard, de lui verser un demi-traitement à compter du 20 février 2024 jusqu'à la décision prise par son administration à la suite de l'avis du conseil médical départemental ou, au plus tard, jusqu'à ce qu'il ait été statué sur sa requête en annulation ;

3) d'enjoindre au préfet de la Guyane, de le placer dans une situation administrative régulière à compter du 20 février 2024.

M. A soutient que :

Sur l'urgence :

- il se trouve dans une situation précaire dès lors qu'il ne perçoit plus aucun traitement ni allocation alors qu'il doit supporter d'importantes charges financières ;

Sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision :

- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'à l'expiration de sa dernière période de disponibilité, le conseil médical n'a pas été consulté et que cette décision l'a privé d'une garantie ;

- ses droits au bénéfice d'une disponibilité d'office pour raison de santé pour une quatrième et dernière année ne sont pas épuisés ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'administration a méconnu son obligation de placer un fonctionnaire dans une situation statutaire régulière.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond n° 2400752 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, gardien de la paix affecté au service territorial de la police aux frontières de Saint-Laurent du Maroni, a été placé par arrêté du 5 mars 2018 en disponibilité d'office pour raison de santé, ce placement ayant été prolongé par arrêtés du 24 mars 2023. Par la présente requête, M. A demande notamment au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 3 avril 2024 par laquelle le préfet de la Guyane a cessé de lui verser un demi-traitement à compter à compter du 20 février 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision [] ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Au soutien de sa demande de suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de la Guyane a cessé de lui verser un demi-traitement à compter à compter du 20 février 2024, M. A fait valoir que la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'à l'expiration de sa dernière période de disponibilité, le conseil médical n'a pas été consulté et que cette décision l'a privé d'une garantie, que ses droits au bénéfice d'une disponibilité d'office pour raison de santé pour une quatrième et dernière année ne sont pas épuisés et qu'enfin, la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que l'administration a méconnu son obligation de placer un fonctionnaire dans une situation statutaire régulière.

4. Toutefois, il résulte de l'instruction que, d'une part, le 23 juin 2022, le conseil médical départemental a constaté l'inaptitude totale et définitive aux fonctions de policier actif ou à toutes fonctions dans la police nationale et émis un avis favorable à son reclassement professionnel sur un poste administratif ou technique en excluant toute fonction dans la police nationale. D'autre part, il est constant que l'intéressé n'a pas signé la convention pour la mise en œuvre de la période préparatoire au reclassement le concernant et qu'il n'a pas, à ce jour, donné suite aux deux offres de reclassement qui lui ont été proposées le 31 janvier 2024

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A apparaît manifestement mal fondée. Il y a lieu, par conséquent, de la rejeter en faisant application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie pour information sera adressée au préfet de la Guyane et au secrétariat général pour l'administration de la police nationale de Guyane.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.

Le président,

Signé

O. GUISERIX

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

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