mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2400815 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | BALIMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juin 2024, M. A, représenté par Me Balima, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 25 septembre 2023, par lequel le préfet de la Guyane lui a refusé le séjour et l'a obligé à quitter le territoire français avec délai de départ et a fixé le pays de destination ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " autorisant son titulaire à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de travail durant le réexamen de sa demande de titre de séjour ;
5°) de mettre à la charge de l'Eta la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que la mesure d'éloignement peut être mise en œuvre à tout moment ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ;
- le signataire de l'arrêté litigieux ne justifie pas de sa compétence ;
- les décisions portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi sont insuffisamment motivées ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prononcée avant l'expiration du délai d'un mois qu'il disposait pour exercer son recours devant la Cour nationale du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation personnelle ;
- l'arrêté litigieux méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juillet 2024, le préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer sur la demande de suspension et d'injonction et au rejet du surplus.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond, enregistrée sous le numéro 2400814.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Pauillac, greffière :
- le rapport de M. B,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision du 25 septembre 2023 portant refus de séjour, obligation de quitter le territoire français avec délai et fixant le pays de destination.
2. Le préfet de la Guyane fait valoir que postérieurement à l'introduction de la requête, il a décidé le 1er juillet 2024 de retirer l'arrêté litigieux.
3. Par suite, les conclusions de M. A tendant, sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, à la suspension de l'exécution de cette décision sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
4. La présente ordonnance, qui se borne à constater un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension, n'implique aucune mesure d'exécution au sens de l'article L. 911-2 du code de justice administrative.
5. M. A ayant été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 février 2024, il y a lieu de condamner l'Etat à payer à son conseil, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L 761-1 du code de justice administrative, la somme de 800 euros, dont le recouvrement vaut renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A à fin de suspension et d'injonction de l'exécution de l'arrêté pris à son encontre le 25 septembre 2023 par le préfet de la Guyane.
Article 2 : L'Etat versera à Me Balima la somme de 800 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L.761-1 du code de justice administrative, le recouvrement de ce montant valant renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 3 juillet 2024.
Le juge des référés
Signé
O. B
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. PAUILLAC