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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2400839

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2400839

lundi 24 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2400839
TypeOrdonnance
Avocat requérantSEUBE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 juin 2024, M. B , représenté par Me Seube, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter sans délai le territoire français dont il fait l'objet et les décisions afférentes ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation de demande d'asile, ainsi qu'un dossier de demande d'asile ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Le requérant soutient que :

- l'urgence est caractérisée par son placement en rétention administrative et l'imminence de l'exécution de la mesure d'éloignement ;

- le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit constitutionnel d'asile, notamment le " droit de solliciter l'asile ", à son droit de ne pas être soumis à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants droit garanti par l'article 3 de la CEDH et à son droit à un recours effectif en cas de renvoi préalable à l'audience.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2024, le Préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et au rejet des frais de procès.

Il fait valoir que l'arrêté a été abrogé et que la demande est devenue sans objet.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus lors de l'audience publique, tenue le 24 juin 2024 à 8h30, en présence de Mme Metellus, greffière d'audience :

- le rapport de M. Guiserix, juge des référés ;

- les observations de Me, avocate de M. B, et les observations de M. A, représentant le préfet de la Guyane.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu de l'article L.521-2 du code de justice administrative, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale.

2. Ressortissant cubain, M. B, demande au juge des référés, sur le fondement de ces dispositions, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 20 juin 2024 par lequel le préfet de la Guyane lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français.

3. Par un arrêté du 21 juin 2024, le préfet de la Guyane a abrogé la mesure d'éloignement prononcée à l'encontre de M. B. Dans ces conditions, les conclusions de M. B tendant à la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.

4. Il y a lieu, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prononcée le 20 juin 2024.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 24 juin 2024.

Le juge des référés,

Signé

O. Guiserix

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

M-Y. METELLUS

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