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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2400874

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2400874

lundi 1 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2400874
TypeOrdonnance
Avocat requérantMORAGA ROJEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 juin 2024, M. C, représenté par Me Moraga Rojel, demande au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L.521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 27 juin 2024 et des décisions afférentes ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour ;

4°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient, d'une part, que l'urgence est caractérisée par son placement en rétention et l'imminence de l'exécution de la mesure d'éloignement, d'autre part, que le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à la vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors notamment qu'il est entré sur le territoire en 2016, qu'il vit en concubinage avec une personne de nationalité française avec laquelle il a l'intention de se marier, et qu'il travaille dans le bâtiment et a été embauché ; en cas de renvoi préalable à l'audience, il serait porté atteinte à son droit à un recours effectif.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2024, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Pauillac, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu les observations de Me Moraga Rojel pour M. B, le préfet de la Guyane n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu de l'article L.521-2 du code de justice administrative, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle, notamment, une personne morale de droit public aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Sur le fondement de ces dispositions, M. B, ressortissant brésilien, demande au juge des référés d'enjoindre au préfet de la Guyane de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 27 juin 2024 et des décisions afférentes.

2. Il y a lieu, en l'espèce, d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

3. Né le 29 mai 1997, M. B allègue qu'il est entré sur le territoire en 2016, qu'il vit en concubinage avec une personne de nationalité française avec laquelle il a l'intention de se marier, et qu'il a été embauché dans le secteur du bâtiment.

4. Toutefois, l'intéressé ne démontre pas la continuité de son séjour et alors qu'il a fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement en 2017 et 2018, l'intéressé s'est maintenu irrégulièrement sur le sol français. Dans les circonstances de l'affaire, compte tenu tant du caractère récent de la vie maritale de M. B que des attaches qu'il a conservées au Brésil où vit l'essentiel de sa famille, et alors qu'il ne démontre pas une intégration aboutie par une simple promesse d'embauche de 2022, l'atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ne peut être regardée comme " grave et manifestement illégale " au sens des dispositions précitées de l'article L.521-2 du code de justice administrative. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'urgence, que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'allocation de frais de procès.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C et à l'association " La Cimade ".

Une copie en sera adressée au préfet de la Guyane, au directeur de la police aux frontières de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2024.

Le juge des référés,

Signé

O. A

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane, en ce qui le concerne ou à commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

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