jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2400903 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | JOUNEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 3 et 10 juillet 2024, M. A D, représenté par Me Jouneaux, demande au tribunal :
1°) l'assistance de l'avocat de permanence ;
2°) d'annuler la décision du 1er juillet 2024 par laquelle le préfet de la Guyane l'a maintenu en rétention administrative ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour au titre de l'asile conformément à l'article L.541-1 du CESEDA ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement combiné des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le signataire de l'arrêté n'était pas compétent ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que la directive européenne de 2008 dite " retour " ne peut s'appliquer à sa situation et que les dispositions relatives à la procédure de demande d'asile ont été méconnues ;
- par ailleurs, il y a une erreur de droit tirée de la notification anticipée de l'arrêté portant maintien en rétention administrative ;
- l'arrêté litigieux est fondé sur une erreur manifeste d'appréciation du caractère dilatoire de sa demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2024, le Préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction et au rejet des conclusions relatives aux frais de procès.
Il fait valoir que l'arrêté portant OQTF a été abrogé par un arrêté du 10 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés
fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Delmestre-Galpe, greffière d'audience, M. B a lu son rapport et entendu Me Jouneaux, pour le requérant, qui maintient ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de la Guyane de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour au titre de l'asile ; le préfet de la Guyane n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant péruvien, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 26 juin 2024 par le préfet de la Guyane. Par la présente requête, il sollicite l'annulation de la décision du 1er juillet 2024 par laquelle le préfet de la Guyane l'a maintenu en rétention administrative le temps que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides examine sa demande d'asile.
2. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
3. Aux termes de l'article L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander au président du tribunal administratif l'annulation de la décision de maintien en rétention prévue à l'article L. 754-3 dans les quarante-huit heures suivant sa notification afin de contester les motifs retenus par l'autorité administrative pour estimer que sa demande d'asile a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la décision d'éloignement. / () En cas d'annulation de la décision de maintien en rétention, il est immédiatement mis fin à la rétention et l'autorité administrative compétente délivre à l'intéressé l'attestation mentionnée à l'article L. 521-7. Dans ce cas l'étranger peut être assigné à résidence en application de l'article L. 731-3 ".
4. Par un arrêté du 10 juillet 2024, postérieur à l'introduction de la requête, le préfet de la Guyane a abrogé l'arrêté du 26 juin 2024 portant OQTF sans délai. Dans ces conditions, les conclusions de M. C tendant à l'annulation de son maintien en rétention sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
5. La présente décision, qui se borne à constater un non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution au sens des articles L.911-1 et L.911-2 du code de justice administrative.
6. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de faire droit à ses conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : M. C est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la décision du 1er juillet 2024 par laquelle le préfet de la Guyane l'a maintenu en rétention administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C, à la CIMADE, au Préfet de la Guyane et au Service territorial de police aux frontières.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024
Le Président,
Signé
O. B
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
R.DELMESTRE-GALPE