vendredi 12 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2400925 |
| Type | Décision |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 juillet 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 18 janvier 2024 émise à 20h56 et de l'ensemble de décisions par lesquelles la directrice interrégionale, cheffe de la mission des services pénitentiaires d'outre-mer, l'a placée en demi-traitement, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité des décisions attaquées ;
2°) d'enjoindre à l'administration pénitentiaire de procéder au rétablissement de son plein traitement, dans un délai d'urgence, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Mme A soutient que :
- l'urgence est caractérisée dès lors qu'elle est en situation de surendettement résultant du non versement de l'intégralité de son traitement ;
- plusieurs moyens sont susceptibles de faire naitre un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées, à savoir la méconnaissance des articles 25 et 47-6 du décret du 14 mars 1986 résultant de l'absence de convocation régulière de Mme A à l'expertise du médecin agréé.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2400432 par laquelle Mme A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, première surveillante depuis le 15 juillet 2017 affectée au centre pénitentiaire de Guyane, a bénéficié de deux arrêts de travail du 4 janvier au 7 février 2021, puis du 4 février au 7 mai 2021. Par un arrêté du 14 janvier 2021, la directrice des ressources humaines du centre pénitentiaire de Guyane a placé Mme A en congé maladie ordinaire du 5 janvier au 7 février 2021. Mme A a sollicité la requalification du congé de maladie ordinaire en congé de maladie imputable au service par un courrier du 1er mars 2021. Par un courrier du 5 mars 2021, la directrice interrégionale, cheffe de la mission des services pénitentiaires d'outre-mer l'a informée de l'absence de transmission par ses soins des documents nécessaires à l'enregistrement de sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa maladie professionnelle. Par un jugement du 27 avril 2023, le tribunal administratif de la Guyane a fait droit à la demande Mme A tendant à l'annulation du l'arrêté du 14 janvier 2021 de la directrice des ressources humaines du centre pénitentiaire de Remire-Montjoly et a enjoint à la directrice interrégionale, cheffe de la mission des services pénitentiaires d'outre-mer de réexaminer la situation administrative de Mme A pour la période courant du 5 janvier au 7 février 2021. Par un jugement du 15 février 2024, le tribunal administratif de la Guyane a annulé par voie de conséquence, les arrêtés du 6 mai 2021 et 19 mai 2021 faisant suite à l'arrêté du 14 janvier 2021, annulé par le jugement du 27 avril 2023 précité. Par un courrier en date du 16 août 2023, notifié le 22 août 2023, Mme A a été convoquée à une expertise médicale. Par un courrier du 17 novembre 2023, notifié le 4 décembre 2023, Mme A a de nouveau été convoquée à une expertise médicale, prévue le 30 novembre 2023. Mme A ne s'est pas présentée à cette expertise. Le 12 décembre 2023, le conseil médical a émis un avis relatif à la situation de Mme A. Par arrêtés en date du 18 janvier 2024, la directrice interrégionale cheffe de la mission des services pénitentiaires de l'outre-mer a placé Mme A en congé maladie ordinaire du 5 janvier 2021 au 6 septembre 2023. Par la présente requête, Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ces arrêtés.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / ().".
3. En l'espèce, pour établir l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, Mme A soutient que les arrêtés du 18 janvier 2024 méconnaissent les articles 25 et 47-6 du décret du 14 mars 1986 eu égard à l'absence de convocation régulière de Mme A à l'expertise du médecin agréé. Ainsi, si Mme A argue de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées, elle n'apporte, pas plus qu'au soutien de sa précédente requête en référé présentée quelques jours plus tôt et rejetée par ordonnance n° 2400817 du 4 juillet 2024, de précisions. Dans ces conditions et comme il a déjà été énoncé dans l'ordonnance mentionnée du 4 juillet 2024 ci-dessus sans que Mme A fasse état d'éléments nouveaux, la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée n'est pas remplie.
4. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'apprécier la condition d'urgence, il y a lieu de rejeter la requête de Mme A en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie sera adressée pour information au Ministère de la justice et au Centre pénitentiaire de Guyane.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.
Le président,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier
Signé
MY. METELLUS