mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2400960 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2024, Mme B Briquet demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au président de la collectivité territoriale de Guyane, sous astreinte de 800 euros par jour de retard, de réunir dans un délai maximum de deux mois à compter de l'ordonnance à intervenir, l'assemblée plénière sur l'ordre du jour déterminé par 21 élus signataires conformément à l'article L.7122-10 du code général des collectivité territoriales ;
2°) d'enjoindre au président de la collectivité territoriale de Guyane de soumettre à l'assemblée de Guyane, le projet de délibération tel que transmis par les 21 élus dans le cadre de l'article L.7122-10 du code général des collectivité territoriales.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie en raison du coût humain et des disparités économiques et sociales avec le reste de la Guyane qu'engendre l'enclavement de la route du fleuve, de même qu'une absence d'offre de soins et de formations qui créé une vraie rupture en matière de droit à la santé et à la formation ;
- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle s'inscrit dans le cadre de l'article L.7122-10 du code général des collectivité territoriales et qu'elle a pour objet de permettre aux élus de l'assemblée de Guyane de se positionner démocratiquement sur le projet de construction de la route du Fleuve ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Schor, première conseillère, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, pour statuer par ordonnance dans les cas prévus aux 1° à 7° de cet article.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Par un courrier en date du 9 avril 2024, la réunion de l'assemblée de Guyane a été demandée par 21 élus de la collectivité territoriale de Guyane, avec un ordre du jour déterminé, portant notamment sur la présentation des conclusions du groupe de travail sur la route du fleuve et sur le projet de délibération associé aux conclusions de ce rapport. Le président de la collectivité territoriale de Guyane a accepté cette demande par courrier du 19 avril 2024. Par un mail en date du 14 mai 2024, le chef du service administratif " Mission Assemblée et Vie Institutionnelle " de la collectivité territoriale de Guyane a accusé réception de la nouvelle version de la délibération et confirmé son inscription à l'ordre du jour de l'assemblée plénière du 30 mai 2024. Par un mail du 18 mai 2024, les documents relatifs à l'assemblée plénière du 30 mai 2024 ont été transmis aux élus. La proposition de délibération a été remplacée par une motion et le projet de délibération est présenté en annexe de cette motion. Par un courrier en date du 20 mai 2024, deux conseillers territoriaux de la collectivité territoriale de Guyane ont sollicité des corrections afin que la délibération soumise à l'assemblée plénière soit celle des 21 élus. Cette demande est restée sans réponse. Le 30 mai 2024, s'est tenue l'assemblée plénière. Par la présente requête, Mme Briquet, conseillère territoriale auprès de la collectivité territoriale de Guyane, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au président de la collectivité territoriale de Guyane de réunir l'assemblée plénière sur l'ordre du jour déterminé par 21 élus signataires conformément à l'article L.7122-10 du code général des collectivité territoriales ainsi que de soumettre à cette assemblée, le projet de délibération tel que transmis par les 21 élus dans le cadre de l'article L.7122-10 du code général des collectivité territoriales.
5. Pour justifier d'une situation d'urgence, Mme Briquet soutient d'une part, que l'enclavement de la route du fleuve a provoqué plusieurs décès et d'autre part, que l'absence de connexion routière ne fait qu'aggraver les disparités économiques et sociales avec le reste de la Guyane. En outre, Mme Briquet fait valoir que l'absence d'offre de soins et de formations créé une véritable rupture en matière de droit à la santé et à la formation et que la couverture numérique est extrêmement précaire. Toutefois, l'intéressée ne produit aucun élément au soutien de ses allégations. Par suite, la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative n'étant pas remplie, la requête de Mme Briquet doit être rejetée, en toutes ses conclusions par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme Briquet est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B Briquet.
Copie sera adressée pour information, à la collectivité territoriale de Guyane et à M. A C.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
La magistrate désignée,
Signé
E. SCHOR
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en Cheffe,
Ou par délégation la greffière,
Signé
S. MERCIER