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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401073

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401073

mercredi 11 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401073
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantWONE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 août 2024, Mme B A, représentée par Me Wone demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet de la Guyane de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de titre de séjour valide, l'autorisant à séjourner régulièrement en France et à bénéficier des droits y attachés dans l'attente de la fabrication de son titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie ;

- la mesure sollicitée est utile ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 6 août 2024 au préfet de la Guyane, qui n'a pas produit d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

3. Aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande ".

4. Il résulte de l'instruction que Mme A, ressortissante sénégalaise, est entrée en France, munie d'un visa D long séjour valable du 17 février 2024 au 17 mai 2024, portant la mention " passeport talent famille ", en tant que conjointe d'un étranger muni d'un titre de séjour " passeport talent ". Elle a déposé une demande de titre de séjour le 16 mars 2024, qui a fait l'objet d'une " clôture " le 7 juin 2024, pour défaut de validation de visa, alors qu'elle justifie ne pas être en possession d'un visa soumis à la validation par le téléservice. Le 25 juin 2024, elle a déposé une nouvelle demande de titre de séjour et s'est vu délivrer une attestation de confirmation de dépôt de sa demande. Mme A soutient sans être contredite, qu'aucune attestation de prolongation d'instruction ne lui a été délivrée, qu'elle se trouve dépourvue de tout document l'autorisant à séjourner régulièrement et qu'elle ne pourra pas finaliser son inscription en BTS-Service-Comptabilité et gestion. Dans ces conditions, Mme A, qui justifie avoir réalisé dans les délais les démarches pour obtenir son titre de séjour, justifie du caractère urgent de sa demande tendant à ce qu'un récépissé lui soit remis et de l'utilité de cette mesure. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que la demande présentée par Mme A ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Guyane de délivrer à Mme A attestation une de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour dans un délai de huit jours, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 700 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet de police de délivrer à Mme A une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de titre de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : L'Etat versera à Mme A la somme de 700 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe 11 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

O. GUISERIX

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

R. DELMESTRE-GALPE

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