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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401085

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401085

vendredi 9 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401085
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantM'PIKA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Guyane, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B qui demandait la suspension de l’arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour. La requête a été jugée irrecevable car le demandeur avait présenté, dans un seul et même fichier, des conclusions à la fois en annulation et en suspension de la décision, en méconnaissance des dispositions de l’article R. 522-1 du code de justice administrative. Le juge a rappelé qu’il ne lui appartient pas de régulariser d’office cette irrecevabilité. En conséquence, l’ordonnance rejette l’intégralité des conclusions de M. B.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 août 2024, M. A B, représenté par Me M'Pika, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 4 juin 2024 par lequel le préfet de la Guyane a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué ;

- il est entaché d'une erreur de droit ;

- il méconnaît tant les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Hégésippe, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur la demande de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".

2. Il résulte de ces dispositions qu'une requête à fin de suspension est atteinte d'une irrecevabilité d'ordre public lorsque le requérant n'a pas introduit une requête à fin d'annulation ou de réformation. Il n'appartient pas au juge des référés, sauf à méconnaître ces dispositions, de régulariser une telle irrecevabilité en prenant l'initiative d'enregistrer, sous deux numéros distincts, une demande unique tendant à la fois à l'annulation et à la suspension d'un acte administratif.

3. En l'espèce, M. B a introduit, par le biais d'un fichier unique enregistré sous le même numéro, une demande tendant à la fois à l'annulation et à la suspension de l'arrêté du 4 juin 2024. Il en résulte, eu égard à ce qui précède, que la requête de l'intéressé est manifestement irrecevable et qu'elle doit être rejetée, en toutes ses conclusions, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 1er : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 9 août 2024.

Le juge des référés,

Signé

D. HEGESIPPE

La République mande et ordonne préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

M-Y. METELLUS

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