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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401126

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401126

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401126
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantCLAVIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 août 2024, M. B A, représenté par Me Stephenson, demande au juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de la décision du 8 juillet 2024 portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer de toute urgence la situation de M. A notamment en lui fixant un nouvel entretien en préfecture, et ce, sous astreinte de 120 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de remettre à M. A un titre de séjour provisoire lui permettant de continuer à travailler, dans l'attente de la décision, et sous astreinte de 120 euros par jours de retard à compter de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B A soutient que :

- l'urgence est caractérisée compte-tenu de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- il y a un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

- il est entaché d'erreurs de faits ;

- il y a un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et professionnelle ;

- il est porté atteinte à sa vie privée et familiale ;

- la mesure est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2024, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que l'urgence n'est pas présumée et aucun des moyens n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 19 août 2024 sous le numéro 2401123 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- la Convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Prosper, greffière d'audience, M. Guiserix a lu son rapport. Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. Il résulte du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que, lorsqu'une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

3. M. A, ressortissant surinamien né le 27 février 2000 à Sipaliwini (Suriname), entré sur le territoire français le 10 juillet 2003 à l'âge de trois ans, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant mention " Vie privée et familiale " qui a fait l'objet d'une décision du 8 juillet 2024 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.

4. M. A se prévaut d'avoir séjourné la plus grande partie de sa vie en Guyane où il a accompli sa scolarité et où réside sa famille. Toutefois, s'il soutient que cette mesure porterait atteinte à sa vie privée et familiale, il n'établit pas, par les pièces qu'il produit dont la valeur probante n'est pas suffisante, contribuer à l'éducation et à l'entretien de ses enfants alors que son comportement a conduit le tribunal correctionnel de Cayenne à le condamner une première fois en 2021 pour des faits de détention et transport non autorisés de stupéfiants assorti d'une peine de cent heures de travail d'intérêt général et d'une interdiction de séjour pour un durée de deux ans et une seconde fois en 2022 à cinq ans d'emprisonnement assortis de cinq ans d'interdiction de séjour pour des faits similaires en récidive. Dans ces conditions, M. A ne démontre pas qu'en prenant la décision en cause, le préfet aurait méconnu son droit à mener une vie privée et familiale normale.

4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. A n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 8 juillet 2024 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions de M. A aux fins de suspension de l'exécution de l'arrêté contesté doivent être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante, la somme réclamée par M. A en application desdites dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le .

Fait à Cayenne, le 9 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

O. GUISERIX

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

S.PROSPER

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