lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2401167 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SEUBE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 août 2024, M. D A B, représenté par Me Seube, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision implicite de rejet du 28 juillet 2024 portant refus d'abrogation de l'arrêté préfectoral du 3 mars 2023 par lequel le préfet de la Guyane a refusé sa demande de renouvellement de titre de séjour, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " et de délivrer, dans cette attente et sans délai, un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A B soutient que :
- la condition d'urgence est caractérisée compte-tenu des conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision est entachée de vices de forme résultant de l'incompétence de son auteur et d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'erreurs de droit résultant de la violation, d'une part, de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, des articles L. 423-23 du même code et 8 de la convention européenne des droits de l'Homme et, enfin, de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle et familiale.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 27 août 2024 sous le numéro 2401162 par laquelle M. A B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la Convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Nicanor, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Seube, pour le requérant, présent à l'audience ;
- le préfet de la Guyane n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. M. A B, ressortissant dominicain né en 1971, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 3 mars 2023, le préfet de la Guyane a pris un arrêté portant refus de renouvellement de son titre de séjour. Par un courrier du 27 mai 2024, M. A B a demandé l'abrogation de l'arrêté du 3 mars 2023 qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet le 28 juillet 2024.
3. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. ".
4. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire. En une telle hypothèse par principe, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai de deux mois. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder deux mois à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle une décision implicite est née.
5. M. A B a fait l'objet d'un arrêté de refus de renouvellement de son titre de séjour le 3 mars 2023 notifié avec les voies et délais de recours qui est devenu définitif dès lors qu'il n'est pas contesté que M. A B n'a pas introduit de recours juridictionnel dans le délai deux mois. La demande d'abrogation du 27 mai 2024 de l'arrêté du 3 mars 2023 qui ne fait état d'aucune nouvelle circonstance de fait ou droit a donné naissance à une décision implicite de rejet qui n'a pu avoir qu'un caractère confirmatif de l'arrêté et n'a pu avoir pour effet de rouvrir le délai de recours contentieux à son encontre. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision confirmative du 28 juillet 2024 sont tardives.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A B doit être rejetée, en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B et au préfet de la Guyane.
Rendue public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
O. C
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR