jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2401237 |
| Type | Ordonnance |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 septembre 2024, Mme B A demande au tribunal, sur le fondement des dispositions des articles L.752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de suspendre la décision d'éloignement dont elle fait l'objet jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile statue sur son recours contre la décision de l'OFPRA en lui délivrant une attestation de demande d'asile, dans un délai de trois jours ouvrés, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, elle demande également de lui désigner un avocat et un interprète en langue espagnole.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante dominicaine, née le 5 février 1986, déclare avoir fui son pays et avoir transité par le Brésil avant d'être entrée sur le territoire français avec le souhait de demander l'asile. Le 27 août 2024, il lui a été notifié un arrêté portant obligation de quitter le territoire français ainsi qu'un arrêté de placement en rétention administrative. L'intéressée a déposé une demande d'asile le 30 août 2024 qui a été rejetée par l'OFPRA le 9 septembre 2024. Mme B A a transmis une demande d'aide juridictionnelle le 9 septembre 2024 au bureau d'aide juridictionnelle de la CNDA et demande au Tribunal, par la présente requête, de suspendre la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet pendant l'examen de son recours par la CNDA sur le fondement de l'article L.752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers.
2. D'une part, aux termes de l'article L.752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. "
3. Aux termes de l'article R.776-1 du code de justice administrative : " Conformément à l'article L. 776-1 du présent code, les modalités selon lesquelles sont présentés et jugés les recours formés devant la juridiction administrative contre les décisions relatives à l'entrée, au séjour et à l'éloignement des étrangers obéissent, lorsque les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile le prévoient, aux règles spéciales définies au livre IX du même code. "
4. Aux termes de l'article L.931-3 du Livre IX du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les titres Ier et II du présent livre, à l'exception de l'article L. 922-3, ne sont pas applicables en Guyane. "
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser () ; "
6. Mme B A demande au tribunal de prononcer le sursis à exécution de la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet, en application de l'article L.752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort des dispositions précitées que la procédure à juge unique dont se prévaut Mme B A, qui s'appuie sur les dispositions de l'article L.777-4 du code de justice administrative aujourd'hui abrogées par la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024, n'est pas applicable en Guyane. Par suite, ses conclusions aux fins de suspension de la décision d'éloignement dont elle fait l'objet sont irrecevables, et ne peuvent qu'être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que l'ensemble des conclusions de la requête présentée par Mme B A doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1err : La requête de Mme B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la Cimade.
Copie en sera adressée au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2024.
Le président,
Signé
O. Guiserix
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
R. DELMESTRE-GALPE