vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2401247 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | BENHAMIDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, M. B C A, représenté par Me Benhamida, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, la suspension de l'exécution de la décision du 19 juillet 2024 prise par le chef du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly portant maintien à l'isolement pour une période provisoire de 5 jours, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond de la requête ;
2°) de mettre à la charge du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public () aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Il résulte des dispositions du titre II du livre V du code de justice administrative, que les demandes formées devant le juge des référés sont instruites et jugées, et le cas échéant susceptibles de recours, selon des règles distinctes selon qu'elles sont présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de l'article L. 521-2 ou sur celui de son article L. 521-3.
3. Il résulte des pièces du dossier que M. C A demande au juge des référés la suspension de la décision du 19 juillet 2024 prise par le chef du centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly le maintenant à l'isolement pour une période provisoire de 5 jours. Toutefois, la demande présentée par M. C A se fonde à la fois sur les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et celles de l'article L. 521-2 du même code, en soutenant que son placement à l'isolement est parfaitement arbitraire et ne repose sur aucun moyen sérieux, portant ainsi une atteinte grave et manifestement illégale à ses conditions de détention. Par suite, la requête de M. C A ne permettant pas de déterminer le fondement sur lequel il a entendu se placer en saisissant le juge des référés, la demande à fin de suspension de l'exécution de cette décision est manifestement irrecevable au regard des dispositions précitées et doit être rejetée, dans toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.
Copie en sera adressée au centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
R. DELMESTRE-GALPE