lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2401275 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | BEKPOLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 16 septembre 2024 et 2 octobre 2024, Mme A B représentée par Me Bekpoli, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 15 juillet 2024 par laquelle la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles de l'Institut de Formation en Soin Infirmiers Projet Professionnel Plus (IFSI PPP) a refusé de faire droit à sa demande de redoublement en première année de soins infirmiers ;
2°) d'enjoindre à l'IFSI PPP de l'inscrire en redoublement en première année de soins infirmiers pour l'année scolaire 2024-2025, dans un délai de sept jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jours de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'IFSI PPP la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le présent litige relève de la compétence de la juridiction administrative dès lors que la décision de l'IFSI révèle l'exercice de prérogatives de puissance publique et que l'IFSI a lui-même attribué compétence au tribunal administratif de la Guyane pour connaître de la décision de refus de redoublement ;
- la condition d'urgence est caractérisée dès lors qu'elle se trouve privée de son droit de poursuivre sa formation en soins infirmiers, que la décision litigieuse peut potentiellement occasionner la perte totale du bénéfice des unités d'enseignements qu'elle a déjà validée et a pour effet de faire obstacle à son inscription dans un autre établissement et enfin, que les cours à l'IFSI ayant déjà commencé, toute retard supplémentaire risque d'entrainer des conséquences sur son processus de formation ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que Mme B a été privée de la communication de son dossier et du rapport motivé de la directrice de l'IFSI, que l'avis de la section pédagogique ne lui a pas été transmis et que la section compétente pour se prononcer sur redoublement était irrégulièrement composée ;
- elle méconnait l'article 25 de l'arrêté du 31 juillet 2009 et est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle méconnait le principe d'égalité ;
- la décision est entachée de détournement de pouvoir et de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2024, la société Projet Professionnel Plus représentée par Me Semonin conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de Mme B de la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- Le présent litige ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative ;
- La condition d'urgence n'est pas remplie ;
- Aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requête a été communiquée à l'Université de la Guyane, à la Collectivité Territoriale de Guyane, au Centre hospitalier de l'Ouest Guyanais Franck Joly et à l'Agence régionale de santé de la Guyane qui n'ont pas produit d'observations.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond, enregistrée le 13 septembre 2024, sous le numéro 2401259.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'Etat d'infirmier ;
- l'arrêté du 21 avril 2007 relatif aux conditions de fonctionnement des instituts de formation paramédicaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 2 octobre 2024 à 9 heures, en présence de Mme Prosper, greffière, M. Guiserix a donné lecture de son rapport et entendu les observations de Mme B et de Me Pépin, pour la société Projet Professionnel Plus
La clôture de l'instruction a été différée au jeudi 3 octobre 2024 à 12h.
Par un mémoire, enregistré le 2 octobre 2024 à 12h27, Mme A B, représentée par Me Bekpoli, conclut aux mêmes fins.
Par un mémoire, enregistré le 3 octobre 2024 à 11h27, la société Projet Professionnel Plus conclut aux mêmes fins.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du même code : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Par la présente requête, Mme A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 15 juillet 2024 par laquelle la section compétente pour le traitement pédagogique des situations individuelles de l'Institut de Formation en Soin Infirmiers Projet Professionnel Plus (IFSI PPP) a refusé de faire droit à sa demande de redoublement en première année de soins infirmiers.
3. Toutefois, l'institut de formation en soins infirmiers de Saint-Laurent du Maroni dans lequel Mme A B était scolarisée est géré par la société Projet professionnel plus, sarl immatriculée au RCS de Cayenne. Si cet établissement de formation participe à une mission de service public, les actes pris par la personne morale de droit privé qui en assure la gestion n'ont le caractère d'actes administratifs susceptibles d'être contestés devant le juge administratif que s'ils manifestent l'exercice d'une prérogative de puissance publique. Or, les mesures prises à l'égard des élèves de l'établissement, tel un refus de redoublement ne procèdent pas de l'exercice de prérogatives de puissance publique. Il suit de là, qu'il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître de cette requête qui doit être rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
ORDONNE :
Article 1 er : La requête de Mme A B est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à l'Institut de Formation en Soin Infirmiers Projet Professionnel Plus, à l'Université de la Guyane, à la Collectivité Territoriale de Guyane, au Centre hospitalier de l'Ouest Guyanais Franck Joly et à l'Agence régionale de santé de la Guyane.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024
Le juge des référés,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
S. PROSPER