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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401295

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401295

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401295
TypeOrdonnance
PublicationC
Avocat requérantSTEPHENSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 21 septembre 2024,

23 septembre 2024 et 24 septembre 2024 à 10 heures 17, M. E C D, représenté par Me Seube, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article

L.521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter sans délai le territoire français prononcée à son encontre le 19 septembre 2024 par le préfet de la Guyane et " des décisions afférentes " ;

3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

M. C D soutient, d'une part, que l'urgence est caractérisée par l'imminence de l'exécution de la mesure d'éloignement, d'autre part, que le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale aux droits garantis par les stipulations des articles 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 septembre 2024 à 9 heures 31, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête en opposant l'absence de toute atteinte à une liberté fondamentale.

Par une décision du 1er septembre 2024, le président du tribunal a désigné Mme Lacau, premier conseiller, pour statuer notamment sur les requêtes en référé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, ensemble le décret n° 2020-1717 du

28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le rapport de Mme Lacau, les observations de Me Seube pour M. C D, celles de M. C D et celles de M. B pour le préfet de la Guyane ont été entendus au cours de l'audience publique ;

La clôture de l'instruction a été fixée au 24 septembre 2024 à 11 heures 30, à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu de l'article L.521-2 du code de justice administrative, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle, notamment, une personne morale de droit public aurait porté une atteinte grave et manifestement illégale. Sur le fondement de ces dispositions,

M. C D, ressortissant brésilien, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre le 19 septembre 2024 et " des décisions afférentes ".

2. Il y a lieu, en l'espèce, sur le fondement des dispositions des articles 20 de la loi du

10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi, d'admettre provisoirement M. C D au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

3. Né le 12 avril 1992, le requérant allègue résider en France depuis l'année 2019, mais ne justifie ni de l'ancienneté, ni de la continuité de son séjour. Il invoque la présence de sa compagne de nationalité brésilienne et de leurs deux filles nées respectivement en 2017 et 2021 à Macapa au Brésil. Toutefois, compte tenu de la situation irrégulière de la compagne de M. C D, la cellule familiale peut se reconstituer au Brésil. Si le requérant fait, enfin, valoir qu'il est employé en qualité de serrurier par la société Mas, il n'en justifie pas davantage. Dans les circonstances de l'affaire, d'une part, l'atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ne peut être regardée comme " grave et manifestement illégale " au sens des dispositions citées au point 1 de l'article L.521-2 du code de justice administrative, d'autre part, ses filles pouvant repartir avec leurs parents, l'exécution de l'arrêté contesté ne porte aucune atteinte à leur intérêt supérieur protégé par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que M. C D n'est pas fondé à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté du 19 septembre 2024. Sa requête doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles à fin d'injonction et en tout état de cause celles présentées sur le seul fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C D est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La requête de M. C D est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E C D et au préfet de la Guyane.

Une copie en sera adressée au directeur de la police aux frontières de la Guyane et à l'association " La Cimade ".

Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 24 septembre 2024

Le juge des référés,

Signé

M. A LACAU

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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