mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2401300 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | RIVOAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 septembre 2024 et 3 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Rivoal, demande, dans le dernier état de ses écritures, au juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de la Guyane a refusé de moi délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa demande de titre séjour dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard passé ce délai ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir jusqu'à l'intervention d'un jugement au fond, sous astreinte de 150 euros par jour de retard passé ce délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est caractérisée dès lors qu'il s'est vu refuser le renouvellement de son titre de séjour et qu'il se trouve ainsi privé du bénéfice de l'allocation adulte handicapé ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle méconnait les dispositions des articles R.431-12 et R.431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- et précise dans son mémoire en réplique que ses conclusions ne sont pas dépourvues d'objet dès lors que si M. B s'est vu délivrer une convocation aux services de la préfecture en 2025, le préfet ne lui a toutefois pas octroyé de récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2024, le préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer sur la requête et au rejet des conclusions présentées par M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- M. B bénéficie désormais d'un rendez-vous l'invitant à se présenter en préfecture le 2 janvier 2025 à 10 heures ;
- il ne peut utilement soutenir qu'un refus de délivrance de récépissé de renouvellement de titre de séjour lui a été opposé dans la mesure où ce document est remis par les services de la préfecture aux demandeurs le jour même du dépôt de leur dossier ;
- il n'établit pas les frais qu'il aurait spécialement engagé en raison de la présente instance.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête au fond, enregistrée le 23 septembre 2024, sous le numéro 2401299.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, tenue le 15 octobre 2024 à 15 heures 30, en présence de Mme Pauillac, greffière, M. Guiserix a donné lecture de son rapport et entendu les observations de Me Hassans, substituant Me Rivoal, pour le requérant, le préfet de la Guyane n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que lorsqu'une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
2. M. B, ressortissant surinamien né en 1985 à Paramaribo, est entré en France en 2004. M. B, dont la compagne et mère de ses quatre enfants est titulaire d'une carte de résident, bénéficie de l'allocation adulte handicapé, son taux d'incapacité étant supérieur ou égal à 80 %. L'intéressé bénéficie d'un titre de séjour depuis le 31 août 2019. Il a demandé le 14 juin 2024 le renouvellement de son titre de séjour. Par la présente requête, il demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, de la décision par laquelle le préfet de la Guyane a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour.
3. Dans son mémoire en défense, le préfet de la Guyane fait valoir avoir convoqué M. B le 2 janvier 2025 aux fins de déposer sa demande de renouvellement et de se voir remettre un récépissé, cette circonstance rendant, selon lui, sans objet les conclusions de la requête.
4. Toutefois, la convocation de l'étranger par l'autorité administrative à la préfecture afin qu'il y dépose sa demande de titre de séjour ou de renouvellement de titre de séjour, qui n'a d'autre objet que de fixer la date à laquelle il sera, en principe, procédé à l'enregistrement de sa demande dans le cadre de la procédure devant conduire à la délivrance d'un récépissé, puis d'une décision sur son droit au séjour, ne constitue pas une décision faisant grief, susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir. Par suite, les conclusions susvisées aux fins de suspension sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que les conclusions injonctives et celles tendant au paiement des frais de procès.
5. Si l'étranger souhaite que la date de convocation qui lui a été fixée soit avancée, il lui appartient de saisir l'autorité administrative d'une demande en ce sens et, s'il s'y croit fondé, de déférer la décision par laquelle l'autorité administrative refuserait d'y faire droit.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Guyane.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. PAUILLAC