mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2401301 |
| Type | Décision |
| Avocat requérant | JOUNEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Jouneaux, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1°) de modifier le dispositif de l'ordonnance n° 2401012 du 9 août 2024, prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, et d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer dans un délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, une convocation pour qu'il puisse déposer une demande de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'ordonnance du 9 août 2024 par laquelle il était enjoint au préfet de la Guyane de lui donner, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, une date de convocation afin de lui permettre d'enregistrer sa demande de titre de séjour n'a pas été exécutée à la date du 13 septembre 2024 ;
- le préfet ayant méconnu l'injonction contenue dans l'ordonnance précitée, il est fondé à en demander la modification et qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer une nouvelle convocation, dans un délai de sept jours sous astreinte de 150 euros par jours de retard.
Le préfet de la Guyane, à qui la requête a été communiquée le 23 septembre 2024, n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu l'ordonnance n° 2401012 du 9 août 2024.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ". Si l'exécution d'une ordonnance prise par le juge des référés peut être recherchée dans les conditions définies par le livre IX du même code et en particulier les articles L. 911-4 et L. 911-5, la personne intéressée peut également demander au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du même code, d'assurer l'exécution des mesures ordonnées demeurées sans effet par de nouvelles injonctions et une astreinte.
2. M. B fait valoir que l'ordonnance n° 2401012 du 9 août 2024 demeure inexécutée. Il n'est pas contesté par le préfet de la Guyane, qui n'a pas produit d'observations dans le cadre de l'instance, qu'aucune convocation n'a été délivrée à M. B afin de lui permettre de faire enregistrer sa demande de titre de séjour. Par suite, en application des dispositions précitées de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Guyane de délivrer à l'intéressé un rendez-vous en vue de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour, et ce dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, en assortissant cette nouvelle injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai.
Sur les frais d'instance :
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à M. B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint au préfet de la Guyane de délivrer un rendez-vous à M. B en vue de l'enregistrement de sa demande de titre de séjour, dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. PAUILLAC