LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401306

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401306

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401306
TypeDécision
Avocat requérantROBEIRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024, M. B D E A C représenté par Me Robeiri, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le préfet de la Guyane lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer de toute urgence la situation de M. A C, notamment en lui fixant un nouvel entretien en préfecture, sous astreinte de 120 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de délivrer à M. A C un titre de séjour provisoire avec autorisation de travail dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai ;

4°) d'informer sans délai M. A C de la date et de l'heure de l'audience publique en application de l'article L.552-1 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est caractérisée dès lors que M. A C s'est vu refuser le renouvellement de son titre de séjour et que la décision attaquée met en péril sa situation professionnelle ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, en l'absence de saisine des services de police ou du procureur de la République préalablement à la consultation du traitement des antécédents judiciaires et compte tenu de la consultation de ce fichier par une personne non habilitée ;

* elle méconnait les dispositions de l'article L.423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

* elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. A C.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2024, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond, enregistrée le 9 septembre 2024, sous le numéro 2401218.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 15 octobre 2024 à 14 heures 30, en présence de Mme Pauillac, greffière, M. Guiserix a donné lecture de son rapport et entendu les observations de Me Robeiri pour le requérant, le préfet de la Guyane n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Il résulte du premier alinéa de l'article L.521-1 du code de justice administrative que lorsque, comme en l'espèce, une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. Sur le fondement de ces dispositions, M. A C, ressortissant dominicain, demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de la Guyane du 8 juillet 2024 rejetant sa demande de titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français.

2. Alors que l'urgence doit, en principe, être constatée en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour, le préfet de la Guyane ne fait état d'aucune circonstance particulière de nature à faire échec à cette présomption.

3. Né le 18 décembre 1990, M. A C est entré en France en décembre 2009, à l'âge de 19 ans. L'intéressé est père de trois enfants français. Bénéficiaire de titres de séjour d'octobre 2013 à novembre 2017 et de 2019 jusqu'en mai 2022, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L.423-7 et 8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A C doit être regardé comme justifiant résider en France depuis décembre 2009 et être père de trois enfants nés sur le territoire français. Si le préfet s'est fondé sur une consultation du fichier " traitement des antécédents judiciaires ", pour refuser le renouvellement du titre de séjour sollicité, il résulte de l'instruction que cette décision défavorable a été prise sans la saisine préalable des services de la police nationale ou des unités de gendarmerie compétents aux fins d'information sur les suites judiciaires. En outre, il n'est pas contesté que le requérant n'a fait l'objet d'aucune condamnation. Par suite, les faits retenus qui ne sont à l'origine d'aucune condamnation, doivent être examinés au regard des éléments invoqués par le requérant âgé de 34 ans, à savoir la durée continue de son séjour en France depuis 14 ans, son activité professionnelle de mécanicien et les liens de famille, à savoir ses deux derniers enfants nés en 2016 et 2017, pour lesquels il établit contribuer à l'entretien et à l'éducation.

5. Dans ces conditions, ces éléments sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision au regard de son droit à mener une vie privée et familiale normale et du moyen tiré de l'erreur d'appréciation. Par suite, les deux conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant remplies, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, M. A C est fondé à demander la suspension de l'exécution, jusqu'à ce qu'il ait été statué au principal, du refus de délivrance de titre de séjour, prononcée à son encontre le 8 juillet 2024.

6. La présente ordonnance implique, par application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, que le préfet de la Guyane procède à un nouvel examen de la situation administrative de M. A C dans un délai qu'il convient de fixer à deux mois à compter de la notification de la présente décision, et qu'il le munisse sous quinze jours, dans l'attente d'une nouvelle décision, d'une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros à payer à M. A C au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La décision portant refus de titre de séjour prise le 8 juillet 2024 par le préfet de la Guyane à l'encontre de M. A C est suspendue jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la demande au principal.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Guyane de réexaminer la situation de M. A C dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et de lui délivrer, dans l'attente et sous quinze jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Article 3 : L'Etat versera à M. A C la somme de 900 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B de E A C et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

Le juge des référés

Signé

O. Guiserix

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

← Retour aux décisions