jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2401309 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | D |
| Avocat requérant | JOUNEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024, M. D B, représenté par Me Jouneaux, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire prononcée à son encontre le 13 juin 2024 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane d'enregistrer sa demande de carte de séjour pluriannuelle en qualité de " bénéficiaire de la protection subsidiaire " ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de le convoquer pour le relevé d'empreintes en vue de la délivrance du titre prévu à l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 700 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'absence de carte de séjour le place dans une situation de précarité ;
- le préfet de la Guyane porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile ;
- il y a une atteinte grave et illégale au droit au travail protégé par le préambule de la Constitution de 1946.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 septembre 2024, le préfet de la Guyane conclut à ce qu'il n'y ait pas lieu à statuer sur la requête.
Il fait valoir avoir convoqué M. B à un rendez-vous en préfecture le 28 octobre 2024 en vue d'enregistrer sa demande de carte de séjour et de procéder à un relevé d'empreintes.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la préambule de la Constitution de 1946 ;
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la Déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 ;
- la Convention de Genève de 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la Charte sociale européenne de 1996 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Nicanor, greffière d'audience, M. C a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Jouneaux, pour le requérant, présent à l'audience et assisté par M. A, interprète en langue créole haïtien ;
- le préfet de la Guyane n'étant pas présent, ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
2. M. B, ressortissant haïtien né en 1969, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire, ainsi que d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui adresser un rendez-vous en préfecture afin d'enregistrer sa demande de carte de séjour et de procéder au relevé d'empreintes.
3. Par courriel du 26 septembre 2024, le service Asile de la direction générale de la sécurité, de la réglementation et des contrôles a adressé une convocation à M. B afin de se présenter en préfecture le 28 octobre 2024 en vue d'enregistrer sa demande de carte de séjour et de procéder au relevé d'empreintes. Dans ces conditions, les conclusions de M. B tendant à la suspension de la mesure d'éloignement et à ce que soit enjoint au préfet de la Guyane de le convoquer à un rendez-vous en préfecture sont devenues sans objet.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 600 euros.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus de statuer sur les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement du 13 juin 2024 et à ce qu'il enjoint au préfet de la Guyane de délivrer une convocation en préfecture à M. B.
Article 2 : L'Etat versera à M. B la somme de 600 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B et au préfet de la Guyane.
Rendue public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
O. C
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
C. NICANOR