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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401313

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401313

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401313
TypeDécision
Avocat requérantCLAVIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, M. B C A représenté par Me Stephenson, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 8 juillet 2024 par laquelle le préfet de la Guyane lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer de toute urgence la situation de M. A, notamment en lui fixant un nouvel entretien en préfecture, sous astreinte de 120 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de délivrer à M. A un titre de séjour provisoire avec autorisation de travail sous astreinte de 120 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est caractérisée dès lors que la décision attaquée met en péril sa situation familiale et professionnelle ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

* elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de la menace à l'ordre public ;

*elle méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de M. A.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2024, le préfet de la Guyane conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête au fond, enregistrée le 19 août 2024, sous le numéro 2401123.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 15 octobre 2024 à 15 heures, en présence de Mme Pauillac, greffière, M. Guiserix a donné lecture de son rapport et entendu les observations de M. A, le préfet de la Guyane n'étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

2. Il résulte du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative que, lorsqu'une décision administrative fait l'objet d'une requête en annulation, le juge des référés, saisi en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

3. M. A, ressortissant surinamien né le 27 février 2000 à Sipaliwini (Suriname), entré sur le territoire français le 10 juillet 2003 à l'âge de trois ans, a sollicité le renouvellement de son titre de séjour portant mention " Vie privée et familiale " qui a fait l'objet d'une décision du 8 juillet 2024 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours.

4. M. A se prévaut d'avoir séjourné la plus grande partie de sa vie en Guyane où il a accompli sa scolarité et où réside sa famille. Toutefois, s'il soutient que cette mesure porterait atteinte à sa vie privée et familiale, il n'établit pas, par les pièces qu'il produit dont la valeur probante n'est pas suffisante, contribuer à l'éducation et à l'entretien de ses enfants alors que son comportement a conduit le tribunal correctionnel de Cayenne à le condamner une première fois en 2021 pour des faits de détention et transport non autorisés de stupéfiants assorti d'une peine de cent heures de travail d'intérêt général et d'une interdiction de séjour pour un durée de deux ans et une seconde fois en 2022 à cinq ans d'emprisonnement assortis de cinq ans d'interdiction de séjour pour des faits similaires en récidive. Dans ces conditions, M. A ne démontre pas qu'en prenant la décision en cause, le préfet aurait méconnu son droit à mener une vie privée et familiale normale.

5. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués par M. A n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 8 juillet 2024 portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, les conclusions de M. A aux fins de suspension de l'exécution de l'arrêté contesté doivent être rejetées.

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante, la somme réclamée par M. A en application desdites dispositions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024

Le juge des référés,

Signé

O. Guiserix

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

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