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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401329

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401329

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401329
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantTINOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2024, Mme B, représentée par

Me MORAGA ROJEL Eve-Marie, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, à la présidente de la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane de prendre une décision à l'aune de l'engagement de la procédure de licenciement pour inaptitude physique, en application de l'avis rendu par le médecin du travail et du statut des personnels de la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane d'examiner sa situation et de prendre une décision en application de l'avis rendu par le médecin du travail le 24 avril 2024, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) Dans l'attente de l'examen de sa situation de l'agent et de l'intervention de la décision de licenciement, d'enjoindre à la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane de rétablir sans délai le versement de son salaire ;

4°) de mettre à la charge de la Chambre des métiers et de l'artisanat de la guyane une somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est dans une situation d'urgence au regard de l'inertie de l'administration à son égard ;

- sur l'utilité de la mesure, elle est rendue nécessaire en raison de l'interruption de son salaire, de l'absence de possibilité de faire valoir ses droits à chômage après le constat de son inaptitude physique qui ne lui permet pas d'être reclassée dans un autre emploi et oblige à un licenciement.

La requête a été communiquée à la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

2. Mme B, agent contractuel de la chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane (CMAG) demande au juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la présidente de CMAG de prendre une décision à l'aune de l'engagement de la procédure de licenciement pour inaptitude physique, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

3. Si le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d'urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, c'est à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents. ".

5. Il résulte de l'instruction, que Mme B par courrier recommandé du

4 juillet 2024 a demandé à la présidente de la CMAG de rétablir immédiatement sa rémunération et de lui verser son salaire avec effet rétroactif au 1er janvier 2024 et de prendre sans délai une décision sur le fondement de l'avis rendu par le médecin du travail le 24 avril 2024. En l'absence de réponse à cette demande, une décision implicite de rejet est née le 4 septembre 2024 conformément aux dispositions précitées de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, la mesure sollicitée par Mme B se heurte donc à l'exécution d'une décision administrative. Par suite, les conditions requises par l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne sont pas remplies.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B et à la Chambre des métiers et de l'artisanat de la Guyane.

Fait à Cayenne, le 16 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. A

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

N°2401329

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