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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401392

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401392

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401392
TypeOrdonnance

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 octobre 2024, Mme B A doit être regardée comme demandant, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'obligation de quitter le territoire dont elle fait l'objet et les décisions afférentes ;

3°) de l'informer sans délai de la date et de l'heure de l'audience publique en application de l'article L. 522-1 du code de justice administrative ;

4°) d'ordonner sa présentation à l'audience publique ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 900 euros en application de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée remplie dès lors qu'elle est retenue au centre de rétention administrative de Matoury et que la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet est susceptible d'être exécutée à tout moment ;

- le préfet a porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de mener une vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle se trouve sur le territoire depuis bientôt quatre ans, qu'elle y a été scolarisée en 2022 et que sa famille proche se trouve sur le territoire ;

- en cas de renvoi dans son pays d'origine, préalablement à l'audience, il serait porté une atteinte grave et manifestement illégale à son droit à un recours juridictionnel effectif en méconnaissance de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Mme A, ressortissante surinamaise née en 2004, est entrée sur le territoire, selon ses déclarations, en 2021. L'intéressée a fait l'objet, le 8 octobre 2024, d'une interpellation dans le cadre d'une vérification du droit de circulation ou de séjour. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Guyane, d'une part, l'a obligée à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et, d'autre part, l'a placée en rétention administrative.

3. Si elle allègue résider en France depuis l'année 2021, Mme A ne justifie ni de l'ancienneté, ni de la continuité de son séjour. Elle se déclare célibataire et sans enfant. Si la requérante fait valoir qu'elle a été scolarisée sur le territoire en 2022, elle n'apporte toutefois aucune preuve au soutien de ses allégations. Dans les circonstances de l'affaire, l'atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut être regardée comme grave et manifestement illégale au sens des dispositions citées au point 1 de l'article L.521-2 du code de justice administrative. Il en résulte, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que Mme A n'est pas fondée à demander la suspension de l'exécution de l'arrêté préfectoral du 8 octobre 2024. Sa requête doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à ce qu'elle soit admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et, en tout état de cause, celles présentées sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie pour information sera adressée au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

La vice-présidente du tribunal,

Signé

E. ROLIN

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière en Cheffe,

Ou par délégation la greffière,

Signé

S. MERCIER

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