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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401397

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401397

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401397
TypeDécision
Avocat requérantROBEIRI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Robeiri, demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, au juge des référés :

1°) d'ordonner la suspension de la décision du 18 avril 2024 portant refus de délivrance d'une carte professionnelle, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'ordonner la suspension de la décision du 18 avril 2024 portant refus de délivrance d'un agrément de dirigeant, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

3°) de condamner le Conseil national des activités privées de sécurité aux dépens.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est caractérisée dès lors que le refus de délivrance d'une carte professionnelle et d'un agrément en tant que dirigeant implique, d'une part, la perte de clients et, d'autre part, le licenciement de ses salariés ;

- les faits reprochés sont anciens et ne sont pas inscrits au B2 du casier judiciaire, qu'il est de nouveau titulaire du permis de conduire ; qu'en conséquence, ces éléments sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie et que les décisions sont parfaitement fondées.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 9 octobre 2024 sous le numéro 2401396 par laquelle

M. B demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Rolin pour statuer sur les requêtes en référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Nicanor, greffière d'audience, Mme Rolin a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Robeiri, pour le requérant ;

- le conseil national des activités privées de sécurité, n'étant pas représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Considérant ce qui suit :

1. Par une requête, enregistrée le 9 octobre 2024, M. B demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 18 avril 2024 par laquelle le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui délivrer une carte professionnelle et de la décision du 18 avril 2024 portant refus du renouvellement de son agrément en qualité de dirigeant d'une société de sécurité. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de ces deux décisions.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. En l'espèce, si pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution des décisions litigieuses, M. B fait valoir que le refus du renouvellement de son agrément en qualité de dirigeant d'une société de sécurité fait obstacle à la poursuite de l'activité de son entreprise et que le refus de délivrance d'une carte professionnelle lui crée un préjudice grave et immédiat, en se bornant à produire trois contrats de sous-traitance de prestations de surveillance et gardiennage sans autres précisions, il n'apporte aucun élément de nature à établir qu'à la date de la présente ordonnance, il n'exercerait plus cette activité professionnelle. Par suite, la condition d'urgence, exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'est pas remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse, les conclusions de la requête de M. B aux fins de suspension doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au conseil national des activités privées de sécurité.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. ROLIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le Greffier en Chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. NICANOR

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