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AccueilJurisprudence administrativeN° TA106-2401406

Tribunal Administratif de la Guyane — Décision N° TA106-2401406

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Guyane
SectionTribunal Administratif de la Guyane
N° DossierTA106-2401406
TypeOrdonnance
Avocat requérantBALIMA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2024, M. A C, représenté par

Me Balima, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 17 juin 2024, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Guyane de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) à défaut, d'enjoindre au préfet de la Guyane de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de

50 euros par jour de retard et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant cet examen et jusqu'à la prise d'une nouvelle décision ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à Me Balima, sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que l'arrêté attaqué ne tient pas compte de la durée de son séjour en France et porte une atteinte grave et immédiate au respect de sa vie familiale

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :

- il est entaché d'un vice de compétence ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'une erreur de droit ;

- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle dès lors qu'il n'a pas fait l'objet d'aucune nouvelle condamnation et que son sursis n'a pas été révoqué ;

- il méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1, 9-1 et 16 de la convention internationale des droits de l'enfant et la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

Par une décision du 26 août 2024, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 11 octobre 2024 sous le numéro 2401405 par laquelle M. A C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, de nationalité dominicaine, né le 8 mai 1968, déclare être entré en France en 2008. Il a fait l'objet, par arrêté du 17 juin 2024, d'un refus de titre de séjour, d'une obligation de quitter le territoire national avec délai de départ et fixation du pays de destination. Par la présente requête, M. C demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de de cette décision.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Par ailleurs, en application de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut rejeter la requête sans tenir une audience lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Pour faire échec à la mesure d'éloignement ordonnée, M. C expose qu'il réside depuis 2008 en Guyane et qu'il est le père d'un enfant né en 2010 à Cayenne où il est scolarisé. Cependant, en l'état de l'instruction, eu égard à l'absence de preuve d'intégration de l'intéressé qui a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 40 ans, qui ne déclare aucun revenu, ni aucune activité à la date de la décision attaquée, est défavorablement connu des services de police notamment pour des faits de violence avec arme pour lesquels il a été condamné à un an et trois d'emprisonnement avec sursis, par un jugement correctionnel du 8 septembre 2020, et qui se borne à alléguer sans l'établir sa participation à l'entretien et l'éducation de son enfant, le moyen tiré de ce que cet arrêté porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte manifestement disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris, n'est pas de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité.

4. Aucun des autres moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. La demande est ainsi manifestement mal fondée. Il y a lieu, dans ces conditions, de faire application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. C y compris ses conclusions sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à Me Balima.

Copie en sera adressée au préfet de la Guyane.

Rendue publique par mise à disposition au greffe, le 14 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

E. B

La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies du droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

Signé

C. PAUILLAC

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