mercredi 30 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Guyane |
| Section | Tribunal Administratif de la Guyane |
| N° Dossier | TA106-2401422 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Avocat requérant | JUNIEL AUDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 octobre 2024, Mme C A, représentée par Me Juniel, demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision de rejet du recours gracieux du 2 juillet 2024 dirigé contre la décision de non-imputabilité d'une maladie au service du 7 juin 2024 et de suspendre l'exécution de la décision du 7 juin 2024 par laquelle le préfet de la Guyane a refusé de reconnaître l'imputabilité de sa maladie au service ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision emporte la perte de son plein traitement et qu'elle la place dans une situation financière particulièrement difficile ;
Sur la légalité externe :
- la décision est illégale dès lors qu'elle retire une décision créatrice de droits devenue définitive ;
- la procédure est irrégulière en tant que :
* elle viole l'article 47-5 2° du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
* elle méconnaît les dispositions de l'article 47-9 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
* la saisine du conseil médical est irrégulière ;
* il y a une violation du secret médical ;
Sur la légalité interne :
- il y a une erreur d'appréciation de la situation affectant la motivation de la décision de refus ;
- il y a un lien de causalité entre les conditions d'exécution du service et la maladie de l'intéressée ;
- la présomption d'imputabilité au service de la maladie de Mme A n'est pas renversée.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2024, le préfet de la Guyane conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que, par une décision du 4 octobre 2024 dont il a été accusé réception le 16 octobre 2024, il a procédé au retrait de sa décision du 7 juin 2024 par laquelle il a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 9 octobre 2024 sous le numéro 2401367 par laquelle Mme A demande l'annulation des décisions attaquées.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Metellus, greffière d'audience, M. Guiserix a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Juniel, pour la requérante ;
- les observations de M. B, pour le préfet de la Guyane.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. Il résulte de l'instruction que, après l'introduction de la présente requête, le préfet de la Guyane a, par une décision du 4 octobre 2024 dont Mme A a accusé réception le 16 octobre 2024, procédé au retrait de la décision litigieuse portant refus de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie du 7 juin 2024 notifiée le 17 juin suivant. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision du 7 juin 2024, ensemble la décision du 2 septembre 2024 née du silence de l'administration à son recours gracieux du 2 juillet 2024, étant devenues sans objet, il n'y a plus lieu d'y statuer. La décision du 4 octobre 2024 plaçant, en outre, Mme A en congé pour invalidité temporaire imputable au service à compter du 6 janvier 2024, il appartient à l'intéressée, si elle s'y croit fondée, de contester cette nouvelle décision.
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du préfet de la Guyane la somme de 900 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension présentées par Mme A.
Article 2 : Le préfet de la Guyane versera à M. A la somme de 900 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au préfet de la Guyane.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 30 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
O. GUISERIX
La République mande et ordonne au préfet de la Guyane en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le Greffier en Chef,
Ou par délégation le greffier,
Signé
M-Y. METELLUS